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    Des généticiens se rapprochent de la création d’un vaccin contre l’herpès

    © AFP 2018 BRENDAN SMIALOWSKI
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    Des chercheurs en génétique de Californie (États-Unis) sont désormais tout proche de créer un vaccin contre le virus incurable de l’herpès, après avoir découvert le mécanisme inhabituel utilisé par l'herpès et certains agents pathogènes similaires pour déclencher un processus d'auto-propagation dans les cellules infectées.

    Une équipe de généticiens de l'Université de Californie aux États-Unis a découvert l'un des mécanismes utilisé par le virus de l'herpès pour se reproduire dans les cellules humaines, déduisant par la suite les manières de l'utiliser pour créer des traitements médicamenteux et des vaccins contre cette infection. Leurs résultats ont été publiés dans la revue PNAS.

    Le virus de l'herpès est l'un des agents pathogènes les plus répandus sur la planète. Il existe deux sous-types de ce virus, le HSV-1, apparaissant sur les lèvres, et le HSV-2, dont les traces d'infection apparaissant sur les organes génitaux. Selon les estimations actuelles de l'OMS, les porteurs du premier virus représentent environ la moitié de la population adulte de la Terre et le second entre 10 et 16%. La situation est compliquée par le fait que le vaccin contre l'herpès n'existe pas encore et que la personne restera donc infectée par le virus tout au long de sa vie.

    Le généticien Noam Vardi et ses collègues ont découvert un mécanisme inhabituel utilisé par l'herpès et des agents pathogènes similaires pour déclencher le processus d'auto-propagation dans les cellules infectées, observant comment son proche, le cytomégalovirus, «transperce» les systèmes de défense censés empêcher le virus de se propager.

    Les scientifiques expliquent que le principal outil pour surmonter ces obstacles serait la protéine pp71, que le virus pénètre dans la cellule infectée avec une copie de son matériel génétique. Mais ce peptide bloque l'action de plusieurs dizaines d'enzymes qui détruisent l'ADN tiers et empêchent ainsi la cellule de se «suicider» pour empêcher le développement de l'infection.

    Les scientifiques, comme le note Vardi, se demandent depuis longtemps pourquoi la cellule continue à synthétiser de nouvelles particules virales après que toutes les molécules pp71 se soient fragmentées. Les auteurs de l'article ont trouvé la réponse à cette question en marquant différentes parties du virus, y compris la protéine elle-même, en utilisant un ensemble de molécules lumineuses.

    Il s'est avéré que la pp71 non seulement bloque le travail des systèmes de protection cellulaire, mais effectue également deux autres tâches: elle amène la cellule à synthétiser les molécules d'une autre protéine virale, l'IE1, et l'aide ensuite à lancer une sorte de «réaction en chaîne» qui va venir empêcher la cellule de quitter le cycle de production de nouvelles particules virales.

    Les scientifiques ont testé ces différentes hypothèses en modifiant la structure de l'IE1 de manière à ce que ses molécules commencent à se désintégrer plusieurs fois et plus rapidement. Ce changement a considérablement réduit le nombre de particules produisant des cellules infectées, venant ainsi nettement ralentir la propagation de l'infection.

    Selon les scientifiques, une molécule aux caractéristiques similaires à celles du virus de l'herpès pourrait être utilisée afin de créer des médicaments bloquant le fonctionnement des pp71 et IE1 et des vaccins qui pourraient renforcer le système immunitaire face à ces deux composants clés du virus.

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    Tags:
    vaccin, science, Californie
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