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    L'ancien fond de la mer d'Aral

    Top-6 des étendues d’eau que nos enfants ne verront probablement plus

    © Sputnik . A.Sitnitchenko
    Société
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    Irina Dmitrieva
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    Le célèbre lac alpin Lago Azzurro qui s’est évaporé en 2018 en raison de la canicule, vient s’ajouter à la triste liste des lacs et mers que les générations futures risquent ne plus jamais revoir. Voici le Top 6 des vastes étendues d’eau qui peuvent disparaître ou ont déjà disparu.

    La Terre compte des dizaines de mers et lacs qui risquent de disparaître. Ce phénomène, qui s’expliquerait pas les activités de l’homme ou le changement climatique, devient surtout inquiétant lorsqu’il s’agit de vastes étendues d’eau visibles depuis l’espace. Sputnik présente les six lacs et mers dont les jours seraient comptés.

    Mer d’Aral

    La disparition de la mer d’Aral, vieille de 10.000 ans constitue la plus grave catastrophe écologique enregistrée dans l’espace postsoviétique de ces dernières décennies.

    La mer d'Aral en 1853
    © Photo. Public domain
    La mer d'Aral en 1853

    Dans les années 1960, la mer d'Aral, encore alimentée par les puissants fleuves Amou-Daria et Syr-Daria, formait la 4e plus vaste étendue lacustre du monde.

    La mer d'Aral en 1964
    © Photo. Public Domain/NASA Earth Observatory
    La mer d'Aral en 1964

    Mais seuls des bateaux rouillés gisant ici et là sur son fond marin desséché rappellent actuellement sa grandeur d’antan.

    Les épaves de bateaux gisant sur lancien fond de la mer dAral
    © Sputnik . Igor Mikhalev
    Les épaves de bateaux gisant sur lancien fond de la mer dAral
     

    À l’époque soviétique, les deux principaux affluents de la mer d’Aral ont été détournés pour créer des rizières et des champs de coton dans des zones désertiques de l’Ouzbékistan. La superficie de la mer a diminué de plus de 68.000 kilomètres carrés (soit plus de 2 fois la superficie de la Belgique) à 8.303 kilomètres carrés.

    Au début des années 1990, la mer d’Aral s’est scindée en deux autres lacs baptisé Petite Aral (Aral du Nord) et Grande Aral (Aral du Sud). En 2000, la Grande Aral s’est à son tour divisée en deux, avec un lobe occidental situé en Ouzbékistan et au Kazakhstan, et un lobe oriental, en Ouzbékistan.

    La partie méridionale de la Grande mer d'Aral en Ouzbékistan, mai 2012
    La partie méridionale de la Grande mer d'Aral en Ouzbékistan, mai 2012

    En 2009, l’Agence spatiale européenne (ESA) a estimé que la Grande mer d’Aral pourrait complètement disparaître d’ici 2020.

    En 2014, les médias ont pour la première fois constaté la disparition de la partie orientale de la Grande Aral.

    La mer d'Aral en 1989 et 2008
    La mer d'Aral en 1989 et 2008

    En s’évaporant, la mer d’Aral a laissé derrière elle une zone de 40.000 kilomètres carrés de terres arides, blanchies par le sel, que l’on appelle désormais le désert d’Aral-Koum.

    Mer Morte

    La mer Morte, qui est officiellement le point le plus bas sur Terre (428 mètres sous le niveau de la mer), a figuré dans la sélection finale des sept merveilles naturelles du monde, précise le site officiel israélien consacré au tourisme

    Mais les générations futures ne pourront probablement plus prendre le plaisir de flotter sur la surface de cette mer unique qui se meurt.

    Un homme lit un journal en mer Morte
    Un homme lit un journal en mer Morte

    La mer Morte partagée entre la Palestine, Israël et la Jordanie rétrécit assez rapidement. Le niveau de l’eau de cette mer a baissé de 25 mètres en 100 ans, d’après le site e-RSE.net.

    Ces cinquante dernières années, la mer Morte a ainsi perdu un tiers de sa superficie. Son volume actuel est de 147 kilomètres cubes contre 325 kilomètres cubes d’eau auparavant.

    Les chercheurs ont proposé un projet de transfert d’eau des mers Rouge et Méditerranée vers la mer Morte pour la sauver. En 2016, la Jordanie et Israël ont annoncé la construction d’un gigantesque pipeline de 18 kilomètres de long reliant la mer Rouge à la mer Morte. Financé en partie par la Banque Mondiale (BM) et des pays donateurs, le projet a été lancé par les accords de coopération de 2013 entre Israël, la Jordanie et la Cisjordanie. Si le projet ne donne pas de résultats, la mer Morte pourrait mourir d’ici 2050 ou 2070, selon différentes estimations.

     Lac Tchad

    Ce lac d’Afrique centrale risque de se transformer en marécage ou disparaître d’ici 2030.

    Le lac n’a jamais été très profond et son volume d’eau variait en fonction des précipitations et des saisons. Mais sa superficie a diminué de 90%, de 26.000 kilomètres carrés en 1963 à moins de 1.500 kilomètres carrés au milieu des années 2000 en raison de l’utilisation excessive de ses eaux, des sécheresses prolongées et du changement climatique, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (ONU Environnement).

    Le dessèchement progressif du lac Tchad a attiré l’attention des spécialistes de l’agence spatiale américaine NASA qui ont comparé les images satellite d’il y a 30 ans à celles prises en 2001.

    Le lac Tchad se rétrécit (1973-2001)
    Le lac Tchad se rétrécit (1973-2001)

    Pendant les années 1960, le lac a hébergé environ 135 espèces de poissons. Les 200.000 tonnes de poisson pêchées par an dans le lac étaient un élément important de la sécurité alimentaire des habitants des pays riverains. Plus de 20 millions de personnes dans la région du Tchad dépendent, directement ou indirectement, du lac et de son évolution. Le lac accueille des millions d’oiseaux migrateurs reliant le sud et le centre de l'Afrique à l'Europe. Son déclin peut avoir des conséquences humanitaires et écologiques très graves, d'après l'ESA.

    Lac d’Ourmia

    Le lac iranien d’Ourmia a été le sixième plus grand lac salé du monde il y a vingt ans. Mais cet ancien lieu de villégiature prisé des touristes est devenu un désert de sel.

    En 2014, une étude a révélé que sa surface s'était réduite d'environ 90% par rapport au début des années 1970, selon le Journal of Great Lakes Research.  

    Sa superficie a diminué de 6.000 kilomètres carrés en 1995 et à 2.366 kilomètres carrés en 2011. Le réchauffement climatique, une activité agricole intense et la construction des barrages pendant les années 1990 ont progressivement privé le lac de son eau, d’après le programme de l’Onu sur l’environnement.

    Lac de Macheï 

    ​En juillet 2012, la république russe de l’Altaï s’est vue privée du lac montagneux de Macheï. Le lac situé à 1984 mètres d’altitude a été détruit par des torrents de boue provoqués par des pluies torrentielles.

    Avant sa disparition, le lac était long de 1,5 kilomètres et large de 400 mètres. Il s’était formé il y a un siècle après un glissement de terrain qui avait créé un barrage naturel sur le fleuve de Macheï.

    À l’heure actuelle, rien ne rappelle l’existence d’un lac dans cette région. Les eaux du Macheï transportent des débris de roches à travers le lieu où se trouvait le lac.

    Lago Azzurro

    Le lac Lago Azzurro de la vallée de Mello (Val di Mello), dans les Alpes italiennes, a quasiment disparu en été 2018 à cause de la chaleur record qui s'est installée dans la région. Autrefois, les amoureux de la nature pouvaient admirer les réflets des arbres dans l’eau couleur azur de ce lac qui se trouve à 1.853 mètres d’altitude, dans une vallée verdoyante entourée de montagnes granitiques. 

    ​Mais cette année, le paysage a changé. Le phénomène a été découvert par un photographe, Marco Pugliese, qui s'est rendu à la mi-octobre dans cette région. Il a publié ses nouvelles photos du lac et celles d’il y a un an, laissant juger la différence entre les clichés.

    Alimenté par des sources souterraines, le lac se remplit au printemps et se vide en partie à l’automne, sans pour autant disparaître. En 2005-2006, le Lago Azzurro (Lago di Motta) a déjà complètement disparu et les autorités ont dû procéder à son remplissage artificiel. Depuis, le lac s’est rempli naturellement, mais il semble qu’il ait de nouveau besoin d’aide.

    La disparition des lacs et mers n’est pas une nouvelle pour le paysage terrestre. Des changements climatiques ont parfois provoqué l’apparition et la disparition de mers et même d’océans durant l’évolution de notre planète. Mais les pertes que l’on risque d’essuyer dans les temps à venir seraient en grande partie provoquées par l’activité humaine de sorte qu’il est désormais temps de réagir.

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    Tags:
    lac asséché, mer, disparition, lacs, réchauffement climatique, écologie, ONU Environnement, ESA, Lago Azzurro, lac Tchad, mer d'Aral, Lac d'Ourmia, mer Morte, Alpes
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