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    Les tribus les plus hostiles de la planète

    Les tribus les plus hostiles de la planète

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    Mi-novembre, un Américain a été tué par une tribu de Sentinelles vivant sur les îles Andaman. Ce peuple autochtone est hostile envers les visiteurs et attaque tous ceux qui osent entrer sur son territoire. Dans le monde vivent actuellement une centaine de sociétés similaires qui refusent tout contact avec le monde extérieur.

    Certaines d'entre elles sont extrêmement belliqueuses.

    Un arc et des flèches pour les étrangers

    La plupart des anthropologues reconnaissent que la population autochtone de l'île de North Sentinel dans l'océan Indien est la seule à être réellement isolée du monde. Personne ne sait quelle langue ses représentants parlent, quel est leur ordre social et leur nombre. Tous les contacts — moins d'une dizaine depuis un siècle et demi — ont eu lieu à une distance d'un tir de flèche. Ceux qui ont tenté d'approcher davantage ont été tués par les Sentinelles.

    La dernière victime en date est le missionnaire John Allen Chau, qui avait décidé de convertir les aborigènes à la chrétienté. Selon les pêcheurs qui ont fait venir l'Américain jusqu'aux barbares, les membres de la tribu l'ont attaqué avec des arcs et des flèches avant d'enterrer son corps dans le sable sur la plage. Les autorités des territoires insulaires alliés de l'Inde ont envoyé des hélicoptères à sa recherche, mais ces derniers n'ont pas pu atterrir sur l'île car ses habitants manifestaient une extrême hostilité.

    Afin d'éviter de tels incidents, les chercheurs préfèrent communiquer avec les Sentinelles à distance — depuis un bateau ou un hélicoptère. Il s'est avéré que les aborigènes vivaient encore à l'âge de pierre. Ils pratiquent la chasse et la cueillette, ne connaissent pas l'agriculture et ne savent pas faire de feu. Les chercheurs pensent qu'ils profitent des incendies accidentels pour conserver ensuite le charbon dans des récipients spéciaux.

    Les microbes de la civilisation

    Le voisin le plus proche des Sentinelles vit également à l'âge de pierre: c'est la tribu Jarawa, sur la côte ouest des îles Andaman du Sud et du Centre (Inde). Les chercheurs supposent qu'en 55.000 ans d'isolement total du monde extérieur, leur mode de vie n'a pratiquement pas changé.

    Les Jarawa chassent les sangliers et les tortues, pêchent, cueillent des fruits, récoltent des racines et le miel d'abeilles sauvages. Les spécialistes jugent leur régime alimentaire optimal: il comprend plus de 150 types de plantes et près de 350 animaux.

    Jusqu'à récemment, les Jarawa refusaient catégoriquement de communiquer avec des étrangers et les accueillaient avec des flèches. A la fin des années 1970, une route passant sur leur territoire a été construite pour relier l'administration des îles aux colonies éloignées. Malgré l'interdiction du gouvernement indien de quitter le véhicule et une organisation stricte de la circulation sur la route, les touristes entrent souvent en contact avec les aborigènes. Ils leur donnent de la nourriture et des objets en échange d'une «danse des barbares».

    Le résultat le plus triste de ces contacts est la propagation, parmi les aborigènes, des infections contre lesquelles ils ne sont pas immunisés. Entre 1999 et 2006, presque la moitié de la population des Jarawa a été décimée par une épidémie de rougeole.

    Conservateurs et maximalistes

    A l'est de l'Équateur, sur le territoire du parc national Yasuni, vit la population la moins nombreuse et la plus cachée du monde: les Amérindiens tagaeri. A une époque, ils faisaient partie de la grande tribu Waorani mais depuis que leurs proches sont entrés en contact avec des missionnaires protestants en 1968, ils sont partis dans la forêt et ont rompu tout contact avec le monde extérieur.

     

     

    La dernière tentative de contact avec les Tagaeri a été entreprise par des missionnaires en 1987. Tous ont été tués.

    Il n'y a pratiquement aucune information sur cette tribu. On estime qu'il en reste moins de trente représentants. Les Tagaeri pratiquent essentiellement la chasse et la cueillette, et ne connaissent pas l'agriculture. Ces dix dernières années, des jeunes représentants de cette population ont été aperçus à quelques reprises près des villages de Waorani, où ils venaient échanger leur butin de chasse contre des vêtements et des armes.

    Des Amérindiens fantômes

    Dans la vallée de l'Amazonie, en Amérique du Sud, vivent presque quatre-vingt tribus qui ne profitent pas des bienfaits de la civilisation. La plus belliqueuse et insociable est celle de Kawahiva, qui vit dans l'État brésilien du Mato Grosso.

    On sait peu de choses sur ce peuple et sa langue. De plus, pratiquement personne n'a vu ces Amérindiens. Il n'existe que quelques photos prises en 2005 et une vidéo enregistrée par un collaborateur de la Fondation nationale de l'Indien (FUNAI). Sur ces images, des Kawahiva parlent entre eux.

    Toute l'information sur le mode de vie des Kawahiva et leurs coutumes a été obtenue des tribus voisines, qui les surnomment «têtes rouges» (Cabeças vermelhas), ou à partir des traces qu'ils ont laissées. Les membres de la tribu Tupi affirment avoir vu les silhouettes des hommes de Kawahiva la nuit aux abords de leur village et les avoir entendu imiter des sons d'oiseaux et d'animaux sauvages.

    Les garde-forestiers et les anthropologues trouvent souvent des villages abandonnés de ce peuple. Dans les maisons, ils retrouvent des armes (généralement des lances, des arcs et des flèches), des ustensiles de cuisine, des corbeilles en osier avec des noix et des hamacs. A en juger par ces objets, les Amérindiens mènent un mode de vie nomade — ils changent constamment d'endroit, pratiquent la chasse, la cueillette et ne connaissent pas l'agriculture.

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    Tags:
    tribus, Amazonie, Equateur, Sentinelles
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