Ecoutez Radio Sputnik
    Une femme dans le laboratoire

    Misogynie, racisme: le dérapage des scientifiques en cinq exemples frappants

    © Fotolia / Pressmaster
    Société
    URL courte
    17103

    Pionnier des études sur l’ADN, James Watson a perdu son Nobel après avoir répété ses commentaires relatifs, notamment, à la supériorité intellectuelle des Blancs. Mais il n’est pas le seul, malgré des récompenses attribuées en reconnaissance à leurs intelligence et découvertes, à avoir fait des remarques jugées inacceptables par la société.

    Dernièrement, le généticien James Watson, 90 ans, ancien prix Nobel, a perdu ses titres honorifiques dans le domaine de la recherche en raison de propos jugés racistes. Dans un documentaire, le chercheur avait insisté sur la différence de QI moyen entre les Noirs et les Blancs. Le laboratoire de Cold Spring Harbor, qui l'employait, a déclaré que les remarques du scientifique âgé de 90 ans étaient «non fondées et imprudentes».

    Ce pionnier des études sur l'ADN n'est que l'un des nombreux universitaires accomplis ayant des points de vue controversés sur la race et le sexe. Continuons avec quatre autres exemples de scientifiques remarquables qui ont fait des commentaires similaires.

    Les femmes, distractions pour la recherche scientifique

    En 2015, le lauréat britannique du prix Nobel de médecine Tim Hunt s'est retrouvé sous le feu de critiques après avoir déclaré que les femmes ne devraient pas travailler dans les laboratoires, car leur présence engendre des embrouilles amoureuses et nuit donc à la science.

    «Trois choses se passent quand elles sont dans les labos: vous tombez amoureux d'elles, elles tombent amoureuses de vous, et quand vous les critiquez, elles pleurent», a-t-il déclaré lors d'une conférence en Corée du Sud.

    Ces propos ont été qualifiés de misogynes et lui ont coûté sa place à la Royal Society, une institution britannique qui promeut les sciences. Face à cette vague de critiques, le scientifique s'est finalement excusé. «Je suis vraiment, vraiment désolé si j'ai choqué, c'est affreux. Je voulais juste être honnête», a-t-il déclaré lors d'une interview à la radio BBC 4.

    «La physique a été construite par les hommes»

    En automne 2018, Alessandro Strumia, physicien italien de l'université de Pise invité au CERN, a affirmé lors d'une conférence que «la physique a été construite par les hommes» et accusé les femmes de vouloir prendre de plus en plus de postes au moyen du débat sur la parité.

    Il explique que le rôle croissant des femmes dans les emplois liés à la physique n'est pas lié à leur qualification mais à la multiplication des débats sur les questions de genre et de parité.

    Suite au tollé que ces paroles ont soulevé, le CERN (l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire) a déclaré avoir suspendu sa collaboration avec le scientifique italien.

    Les femmes génétiquement plus mauvaises en sciences

    Encore dans cette liste, Lawrence Summers, économiste à la Banque mondiale, ancien président de l'Université Harvard et ancien conseiller économique des présidents Bill Clinton et Barack Obama.

    En 2005, alors que l'économiste américain était président de l'Université de Harvard, il avait une réponse simple à la question de savoir pourquoi les femmes sont moins représentées que les hommes dans les postes de haut niveau en sciences et en ingénierie: elles sont génétiquement plus mauvaises en mathématiques et en sciences.

    Il s'est excusé en disant que ses propos étaient bien intentionnés et visaient à provoquer.

    «Les Chinois sont des personnes industrieuses, sales et obtuses»

    Les carnets de voyage qu'Albert Einstein a rédigés entre octobre 1922 et mars 1923 sont empreints de préjugés envers des personnes rencontrées lors de son séjour de cinq mois et demi en Chine, à Singapour, Hong Kong et au Japon. Le contenu de ces carnets a révélé en 2018 les attitudes racistes du scientifique envers ceux qu'il a croisés à cette occasion, en particulier à l'encontre des Chinois.

    «Les Chinois sont des personnes industrieuses, sales et obtuses. Ils ne s'assoient pas sur les bancs pour manger, ils s'accroupissent comme les Européens qui se soulagent dans les bois. Tout ça se passe dans le silence et la pudeur. Même les enfants sont sans âmes et obtus», écrit le scientifique.    

    «Aucune femme n'a été un penseur original et significatif»

    Après la sortie du livre controversé de 1990 «The Bell Curve», il avait été accusé de racisme scientifique pour avoir déclaré dans son livre que l'intelligence et les différences de classes étaient racialement et génétiquement déterminées, et que ces facteurs assemblés formaient un meilleur indicateur du revenu, de la criminalité ainsi que des performances professionnelles, que le simple statut socio-économique d'une personne.

    Toutefois, M.Murray n'a pas limité ses vues à la race. En 2005, il a publié un article intitulé «Where are the female Einsteins?».

    «Aucune femme n'a été un penseur original et significatif dans aucune des grandes traditions philosophiques du monde», a-t-il écrit, ajoutant qu'il n'y avait que deux grandes mathématiciennes, et encore moins dans les arts visuels ou la composition musicale.

    Lorsqu'il a eu l'occasion de clarifier ses commentaires en 2014, il a déclaré qu'il maintenait ses propos.

    Lire aussi:

    Trump croit savoir qui a en réalité organisé les attentats du 11 septembre
    Une opération du Raid à l’opéra de Nantes où le concert d'une chanteuse iranienne était prévu
    «C’est une réforme pour la précarité»: la bourde de la ministre du Travail
    Tags:
    misogynie, racisme, ADN, Albert Einstein
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik