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    Macron en Pinochet: et si bannir cette image d’Internet attisait encore plus la curiosité?

    © AFP 2019 NICOLAS TUCAT / AFP
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    Anna Dedkova
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    Après la découverte d’une demande de l’État français de bannir d’Internet un photomontage d’Emmanuel Macron grimé en général Pinochet, ce cliché a attiré un regain d’attention et vu de nombre de partages. Et si ne rien faire et laisser l’affaire s’étouffer d’elle-même avait été plus judicieux? Retour dans le passé avec des histoires semblables.

    Tenter d'étouffer une histoire lui offre parfois un formidable coup de projecteur. Même si cela n'a encore été confirmé ni par les autorités françaises ni par Google, une demande de retirer un cliché d'Emmanuel Macron est bel et bien inscrite sur le site Lumen. Ce dernier est une archive collaborative qui recense toutes les demandes de suppression de contenus en ligne.

    Posté sur le réseau social Google+, l'image en question montre Emmanuel Macron avec Édouard Philippe dans son dos et Christophe Castaner à sa gauche. Le cliché a été détourné à partir d'une photo de l'ancien dirigeant chilien Augusto Pinochet.

    L'apparition d'informations sur la réclamation faite par le gouvernement a donné le coup d'envoi à une énorme médiatisation du cliché, qui a été alors partagé et débattu sur les réseaux sociaux et dans les médias.

    La question de la pertinence de cette demande de suppression se pose sachant que Google+ est un réseau social voué à fermer.

    Il est bon de rappeler que vouloir étouffer quelque chose a souvent déclenché l'effet inverse… En fait, ce phénomène est connu sous le nom d'«effet Streisand». En 2003, la chanteuse Barbra Streisand avait poursuivi en justice l'auteur d'une photographie de son domaine privé afin d'empêcher sa propagation. Toutefois, la procédure a fait connaître l'image auprès des internautes américains qui ont massivement parcouru le site du photographe.

    En France, l'effet Streisand a été éprouvé par l'ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon. L'affaire de son maillot de bain avait fait beaucoup de bruit en 2011. En plein Printemps arabe, l'attention médiatique a été quelque peu détournée par un cliché posté sur le site Copains d'avant (la page a depuis été supprimée) montrant Boris Boillon, muscles saillants et maillot de bain moulant. Le diplomate avait essayé immédiatement de l'interdire, mais la photo avait été reprise dans tous les médias, et ainsi que par Marine Le Pen.

    En 2013, la suppression par le service de renseignement français DCRI d'un article de Wikipédia en langue française sur la station hertzienne militaire de Pierre-sur-Haute a permis à cet article de devenir temporairement la page la plus regardée sur Wikipédia français. «Et alors, l'effet Streisand se déclencha», comme l'a résumé le site Numerama.

    Les photos peu flatteuses de Beyoncé lors du Super Bowl XLVII de 2013 sont devenues un mème internet, à la suite de la demande de leur retrait du site Buzzfeed par son agent. L'incident a même donné naissance à une «tradition» des internautes: faire ressurgir la photo en question à certaines dates!

    «Cela fait 4 ans que l'agent de Beyonce a tenté de retirer cette photo "peu flatteuse" d'internet», dit le titre d'un article.

    L'Agence France-Presse a également fait retirer une photographie, celle peu avantageuse de François Hollande lors de son déplacement dans une école en 2013. Le cliché a rapidement été effacé par l'AFP, suivie par Reuters, puis les deux agences ont demandé aux médias de ne pas l'utiliser ou de la remplacer. L'effet Streisand a été garanti: l'image a fait un buzz retentissant sur Internet!

     

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    Tags:
    Internet, image, Beyoncé, Boris Boillon, Emmanuel Macron, François Hollande, États-Unis, France
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