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    Carnaval-2019 à Rio

    «Non c'est non»: ce carnaval de Rio est le 1er avec une nouvelle loi contre le harcèlement

    © AFP 2019 Mauro Pimentel
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    Depuis septembre 2018, le harcèlement sexuel est considéré comme un crime dans le code pénal du Brésil et est désormais passible d’un à cinq ans d’emprisonnement. Aussi, le carnaval 2019 à Rio est-il le premier qui se déroule dans le contexte de cette nouvelle loi. Sputnik s’en est entretenu avec des Brésiliens.

    Le carnaval de Rio est sans doute la plus grande fête du monde sous les 40 degrés de l'été tropical, avec des millions de fêtards très dévêtus et l'alcool qui coule à flot. Tous les ans, c'est le théâtre de baisers volés et de mains baladeuses, voire de multiples agressions sexuelles contre les femmes.

    Le Carnaval de Rio de Janeiro
    © Sputnik . Gabriel Nascimento

    À présent, le harcèlement sexuel est considéré au Brésil comme une violation de la législation, a indiqué à Sputnik Leonardo Pantelao, avocat en droit commun.

    «Désormais, il est qualifié de crime de droit commun, alors qu'auparavant, il ne s'agissait que d'une amende en cas de harcèlement sexuel», a précisé le Brésilien.

    Aisha Jacob, fondatrice et porte-parole de l'organisation féministe «Non c'est non», est entrée dans la conversation.

    «Avec cette nouvelle loi, nous pourrons enfin avoir des données qui nous permettent d'agir», a déclaré la militante.

    Selon celle-ci, ce ne sont toutefois que des premiers pas dans la voie de la résolution du problème et qu'un long travail était encore à faire.

    «Nous avançons lentement, mais nous avons déjà enregistré certains progrès», a indiqué Mme Jacob, ajoutant que l'organisation travaillait dans 10 villes du pays.

    Le temps du carnaval, les Brésiliennes vont parfois jusqu'à se tatouer sur le corps des slogans, tels que: «Non c'est non, mon déguisement n'est pas une invitation, mes paillettes ne sont pas là pour attirer ton attention».

    Selon le ministère brésilien de la Femme, de la Famille et des droits de l'Homme, le nombre de plaintes liées à des violences sexuelles envers les enfants, les adolescents et les femmes augmente de 20% en temps de carnaval. Mais désormais, une loi est en vigueur contre le harcèlement qui n'était pas qualifié autrefois de crime au Brésil. Dans son code pénal d'aujourd'hui, ce crime est passible d'un à cinq ans de prison.

    Pour que les hommes et les femmes prennent conscience de la législation, de leurs droits, et des limites de leurs comportements, le ministère a lancé pendant le carnaval une campagne de prévention sous la devise «Mon corps, ce ne sont pas tes fantasmes».

    La nouvelle loi contre le harcèlement se résume somme toute comme suit: «Ce n'est pas parce que votre corps est dans l'espace public que votre corps est un bien public» ou «Vous ne pouvez pas être touchée, embrassée, si vous n'en n'avez pas envie! Et c'est très étrange, mais il faut rappeler que la loi vaut pendant le carnaval comme pour le reste de l'année!».

    Tags:
    féminisme, violations, amende, crimes, harcèlement sexuel, Carnaval de Rio (2019), ministère brésilien de la Femme, de la Famille et des droits de l'Homme, Sputnik, Aisha Jacob, Leonardo Pantelão, Rio de Janeiro, Brésil
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