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    Quatre méthodes simples pour améliorer sa mémoire

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    Une personne ordinaire est capable, en 20 minutes, de mémoriser et de reproduire dans l'ordre entre 25 et 30 mots n'ayant pas de rapport entre eux. En s'y prenant bien, il est possible d'entraîner les capacités de sa mémoire et sa vitesse de mémorisation.

    Les participants aux championnats du monde de mémoire arrivent à mémoriser en 15 minutes un ensemble aléatoire de 300 éléments textuels. Et cela n'a rien à voir avec de prétendues facultés innées, selon les scientifiques.

    Exercices de pensée

    Fin 2016, des chercheurs néerlandais, américains et allemands ont appris à une cinquantaine de volontaires âgés de 24 à 27 ans à mémoriser une succession de 72 mots. Les participants à l'expérience ont été répartis en trois groupes. Le premier entraînait sa mémoire à court terme. Le deuxième étudiait selon la méthode des loci qui consiste à associer les éléments à mémoriser à des lieux bien connus pour en reproduire ensuite l'ordre. Les volontaires du troisième groupe ne faisaient rien de spécial pour entraîner leur mémoire: c'était le groupe témoin.

    Initialement, les participants étaient capables de se rappeler environ 25-30 mots sur 72. Après six semaines d'entraînement intensif, les volontaires ayant appris selon la méthode des loci reproduisaient correctement en moyenne 35 mots de plus qu'avant. Ceux qui avaient travaillé leur mémoire à court terme apprenaient 11 mots de plus, alors que les membres du groupe témoin retenaient environ 5 mots de plus.

    Après quatre mois sans entraînement, on a de nouveau demandé aux volontaires de passer ces tests. Là encore, les meilleurs résultats ont été obtenus par les utilisateurs de la méthode des loci. La productivité de leur mémoire s'était améliorée d'environ 22 mots par rapport au niveau initial. Le premier groupe n'a affiché aucune différence par rapport à l'indice initial, alors que les résultats du groupe qui ne s'était pas du tout entraîné à mémoriser de nouveaux mots s'étaient même détériorés.

    Les scanners du cerveau des participants à l'étude ont révélé que les liens fonctionnels entre les neurones avaient changé chez ceux qui avaient réussi à améliorer significativement leur mémoire: ils étaient plus solides dans deux régions du cerveau — le cortex préfrontal médial qui s'active quand l'individu compare les nouvelles connaissances avec celles acquises auparavant, et la région dorsolatérale droite du cortex préfrontal, considérée comme le siège de la mémoire à court terme.

    Le rôle des hormones

    Il est également possible d'améliorer sa mémoire avec des exercices physiques ordinaires, comme l'a montré le travail de chercheurs britanniques et néerlandais. Ces derniers ont demandé aux volontaires de mémoriser l'association entre des images et des balises disposées sur un écran d'ordinateur, puis de les reproduire de mémoire. Le lendemain, le test a été répété.

    Les meilleurs résultats ont été obtenus par les participants qui avaient eu une activité sportive quatre heures après la première étape de l'expérience. Les exercices physiques accomplis immédiatement après la mémorisation des informations n'ont pas eu d'effet notable sur la productivité de la mémoire.

    Les auteurs de l'étude supposent que le sport augmente la sécrétion de noradrénaline et de dopamine. Ces neuromédiateurs stimulent l'activité de l'hippocampe, la partie du cerveau qui joue un rôle fondamental dans la formation des souvenirs à long terme à partir de la mémoire à court terme.

    L'alcool

    Selon une étude des chercheurs de l'université d'Exeter (Royaume-Uni), les individus ayant consommé de l'alcool après l'apprentissage mémorisent mieux l'information que les personnes sobres.

    Les spécialistes ont demandé à 88 personnes âgées entre 18 et 54 ans, qui n'abusaient pas de l'alcool, d'apprendre quelques dizaines de mots qui ressemblaient aux vrais, mais contenaient des lettres en trop. Puis les sujets ont passé un test évaluant le nombre d'éléments mémorisés.

    Après cela, une partie des volontaires a été autorisée à boire pendant deux heures autant d'alcool qu'ils le souhaitaient. Le lendemain, après une mesure du taux d'alcoolémie de tous les participants, ils ont passé à nouveau le test.

    Parmi les meilleurs résultats se trouvaient ceux qui avaient bu la veille. Sachant que plus le taux d'alcool dans le sang était élevé, meilleur était le résultat du test. Les chercheurs expliquent cet effet par un éventuel impact de l'alcool sur les processus à l'œuvre dans le cerveau pendant le sommeil — tout en précisant qu'il ne s'agit que d'une hypothèse.

    L'activité sexuelle

    Plus les souris ont des relations sexuelles fréquentes, mieux leur hippocampe fonctionne. C'est ce qu'ont découvert des chercheurs américains de l'université de Princeton. Chez l'homme, cette partie du cerveau joue un rôle fondamental dans la mémorisation des mots.

    Il est impossible de projeter les résultats de l'expérience sur les rongeurs sur l'homme, mais une certaine corrélation est tout de même constatée: du moins en ce qui concerne les femmes.

    Des chercheurs canadiens ont découvert que les femmes accordant beaucoup de temps aux plaisirs de la chair mémorisaient mieux les mots abstraits. Par contre, la mémoire des visages ne dépend pas de la fréquence des relations sexuelles car c'est une autre région du cerveau qui en est responsable.

    Après 50 ans, les relations sexuelles ont le même effet bénéfique pour la mémoire indépendamment du sexe. Selon les travaux du psychologue australien Mark Allen, les relations sexuelles fréquentes permettent aux personnes âgées d'entretenir la mémoire à un niveau plus élevé.

    Le chercheur a interrogé près de 6.000 personnes de plus de 50 ans sur leur activité physique, leur sommeil, leur consommation d'alcool, de tabac, leur préférences nutritionnelles et leur vie intime. Puis il a été proposé aux participants à l'étude d'effectuer un test pour mémoriser et reproduire dix mots.

    Deux ans plus tard, le sondage et le test de mémoire ont été réitérés. Il s'est avéré que globalement, au cours de cette période, la mémoire s'était détériorée chez tous les participants, mais que ceux qui avaient encore une vie sexuelle active mémorisaient mieux les mots.

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    hormones, chercheurs, exercices, sexe, alcool, mémoire
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