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    Révélation du trou noir, quand les sexistes n'en ratent pas une

    Révélation du trou noir, quand les sexistes n'en ratent pas une

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    Catherine Morozov
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    La toute première image d'un trou noir a été dévoilée, en partie grâce à l'algorithme développé par Katie Bouman. Sa popularité soudaine n'a pas plu à certains. Depuis, elle est victime de cyberharcèlement. Sputnik revient en vidéo sur l'histoire de Katherine et ces femmes de science qui ont marqué l'histoire mais restées trop souvent dans l'ombre.

    Mercredi 10 avril, à Bruxelles, le monde découvrait pour la première fois la véritable image d'un trou noir. Dans le cadre du projet EHT (Event Horizon Telescope), huit télescopes placés à des points stratégiques de la Terre ont pu récolter les données nécessaires à la reconstitution de l'image. Cette dernière n'aurait jamais pu voir le jour sans l'algorithme CHIRP (Continuous High-resolution Image Reconstruction using Patch priors) développé en 2016 par une jeune diplômée du Massachussetts Institute of Technology, Katie Bouman.

    L'astrophysicien Sheperd Doeleman, directeur de l'EHT
    © AFP 2019 CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
    À la suite de la révélation de l'image du trou noir, Katie est devenue le visage de cette découverte. Une chose impensable pour certains. La jeune femme est depuis victime de cyberharcèlement. Sur les réseaux sociaux, des memes et des tweets ont vu le jour, affirmant que c'est un de ses collègues du projet, Andrew Chael, qui est le vrai auteur de l'algorithme et donc, par extension, de la reconstitution du trou noir. Pas de chance pour ces détracteurs, Andrew Chael lui-même s'est levé pour défendre sa collègue et amie, réclamant à tous de cesser cette vendetta sexiste.

    Quand l'image a été dévoilée, Katherine était la première à déclarer sur Facebook:

    «Ce n'est pas un algorithme ou une personne qui a créé cette image. Cela a nécessité le talent incroyable d'une équipe de scientifiques du monde entier et des années de dur labeur pour développer l'instrument, les algorithmes de traitement de données, les méthodes d'imagerie ainsi que les techniques d'analyses qui ont été nécessaires pour réaliser cet exploit en apparence impossible».

    Et en l'honneur de Katie Bouman et de toutes les autres, Sputnik revient rapidement sur les quelques femmes de science qui ont marqué l'histoire: de Marie Curie, lauréate de deux prix Nobel, à Jane Goodall et ses recherches primordiales sur les chimpanzés, en passant par Rachel Carson, qui a contribué au lancement du mouvement écologiste mondial, Mae Carol Jemison, première astronaute afro-américaine à voyager dans l'espace, ou encore Margaret Hamilton, sans qui l'homme n'aurait sûrement pas marché sur la Lune.

    Et finalement Hedy Lamarr, star hollywoodienne des années 1940 et… scientifique, elle a inventé ce qui deviendra plus tard l'ancêtre du Wifi.

    Et pour célébrer toutes ces femmes de science, une journée internationale leur a été dédiée par les Nations unies le 11 février:

    «Il est de notre devoir de garantir que toutes les femmes, partout dans le monde, puissent vivre leurs rêves, se réaliser et contribuer à l'avènement d'un monde meilleur pour tous et toutes». Antonio Guterres, Secrétaire général à l'Onu.

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    Tags:
    astronomie, recherche, espace, télescope, trou noir, Event Horizon Telescope (EHT), Andrew Chael, Margaret Hamilton, Marie Curie, Katie Bouman, Hedy Lamarr, Bruxelles, États-Unis
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