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    Voici les habitudes alimentaires qu'il faut abandonner pour maigrir

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    La plupart des habitudes alimentaires se forment dans la petite enfance - certains chercheurs estiment même que tout se joue avant l'âge d'un an.

    Si l'enfant n'a pas été habitué aux fruits et légumes tout en étant forcé à finir son assiette, il est peu probable qu'une fois adulte il soit adepte d'une nutrition saine. Sputnik a interrogé une experte pour savoir quels stéréotypes en matière de nutrition étaient aujourd'hui obsolètes.

    Manger au réveil

    Pendant longtemps, prendre un petit déjeuner copieux était jugé très utile. Les diététiciens préconisaient de consommer les produits les plus caloriques le matin, tandis que plusieurs chercheurs avaient trouvé un lien entre l'absence de petit-déjeuner et les troubles métaboliques, le développement du diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et même des caries. Toutefois, la corrélation était statistiquement faible et il est tout à fait possible que l'organisme n'était pas impacté par l'absence de petit-déjeuner mais par le tabac, l'alcool et une mauvaise hygiène de vie - qui vont souvent de pair chez les individus qui ne mangent pas le matin.

    Une expérience scientifique menée auprès de 300 volontaires n'a pas confirmé le rôle positif des repas du matin dans la lutte contre l'obésité. Des chercheurs australiens ont même prouvé que les individus manquant le petit-déjeuner consommaient en moyenne 260 kcal de moins par jour que ceux qui mangeaient le matin. Par conséquent, les amateurs de repas matinaux affichent en général un plus grand poids.

    «Seules les conditions de nutrition changeaient dans l'étude australienne, sans tenir compte de la valeur calorifique journalière. Les résultats obtenus sont tout à fait logiques. C'est la valeur calorifique journalière de la nutrition qui possède la plus grande importance pour réduire la masse corporelle. Mais il faut savoir qu'un petit-déjeuner bien choisi permet de contrôler l'appétit pendant la journée et améliore la réception du régime recommandé. Pas besoin de créer un classement des repas importants ou non. Dans chaque cas particulier il faut adopter une approche individuelle de la structure du rationnement, car la nourriture, sa quantité et l'heure de sa consommation dépendent du rythme de vie, des entraînements sportifs et des maladies chroniques», explique la thérapeute diététicienne Ekaterina Bourliaeva, directrice du centre diagnostic Nutrition saine et sportive du Centre fédéral de recherche sur la nutrition et les biotechnologies, candidate ès sciences médicales.

    Boire ou ne pas boire

    On estime que la recommandation de boire beaucoup d'eau pour entretenir sa santé n'est pas apparue sans l'aide des producteurs d'eau en bouteille. Un rapport des National Institutes of Health (ou Instituts américains de la santé) datant de 1945 indique que l'homme a besoin d'ingérer environ 3 litres de liquide par jour, tout en précisant que la majeure partie de cette eau se trouve déjà dans la nourriture. Or cette information est généralement ignorée, et l'eau potable en bouteille est considérée depuis longtemps comme un symbole de la nutrition saine.

    A ce jour, les spécialistes n'ont pas apporté de preuves que les individus qui boivent beaucoup d'eau ont une meilleure santé que les autres. Par exemple, il n'a pas été confirmé que la consommation de grandes quantités de liquide améliorait le fonctionnement des reins ou accroissait l'humidification de la peau. En ce qui concerne les chercheurs français qui ont découvert un lien entre les grandes quantités d'eau bue et la bonne santé chez les enfants, ils étaient financés par les producteurs d'eau en bouteille et il faut donc prendre leurs conclusions avec prudence.

    D'après Ekaterina Bourliaeva, l'homme ne peut pas se passer de liquide mais il ne faut pas non plus boire plus que le corps n'en a besoin.

    «L'eau joue un rôle notable dans les réactions biochimiques dans l'organisme. En moyenne, la consommation de liquide par l'homme est de 3 litres par jour. En règle générale, l'homme consomme près de 800 ml de liquide avec la nourriture sans le remarquer - dans les fruits, les légumes, la soupe, la viande, le poisson, etc. L'homme boit également du thé ou du café - en moyenne 2-3 fois par jour à hauteur de 200-300 ml, ce qui donne près de 1.400 ml de liquide par jour. Par conséquent, il manque 1.600 ml pour atteindre la norme, soit 8 verres. Ce sont les recommandations générales. En général, les médecins qui déterminent un régime individuel partent du besoin journalier individuel en liquide compte tenu de la taille, de la masse et de la composition du corps, de la présence de maladies chroniques et de l'intensité des efforts physiques», indique la diététicienne.

    Du pain et du beurre

    «Pour ne pas grossir et se sentir bien, il faut renoncer aux graisses saturées»: cette habitude alimentaire date des années 1980. A cette époque, des spécialistes américains et britanniques avaient publié des recommandations alimentaires appelant à réduire les graisses saturées. Au final, les consommateurs avaient commencé à remplacer le beurre par la margarine et à consommer des produits à basse teneur en gras - mais ils ne sont pas devenus plus sveltes pour autant, et leur santé ne s'est pas améliorée.

    Au contraire, la part de la population souffrant d'obésité aux USA a augmenté de 20% entre 1980 et 2000. Les spécialistes supposent que le sucre ajouté dans les produits sans matières grasses, comme les yaourts, est responsable de cette évolution.

    «Les acides aminés saturés sont nécessaires à la construction de la paroi cellulaire, la synthèse des hormones sexuelles et l'assimilation des vitamines. Il ne faut pas les exclure. Les «Recommandations méthodiques» du Centre de nutrition et de biotechnologies de 2008 stipulent que la consommation d'acides gras saturés chez les adultes et les enfants ne doit pas dépasser 10% de la valeur calorifique journalière. Cela correspond aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais l'OMS émet des restrictions plus strictes pour les individus faisant partie du groupe à risque en termes de maladies cardio-vasculaires (7%)», souligne Ekaterina Bourliaeva.

    La diététicienne estime qu'il ne faut pas non plus renoncer entièrement au pain.

    «Le pain est un produit très important dans la nutrition de l'homme. C'est une source de fibres et de vitamines du groupe B. Bien sûr, il faut faire attention au pain que nous mangeons. Ce n'est pas par hasard si le pain et les céréales occupent une place centrale dans la pyramide nutritive. Nous avons analysé récemment les informations officielles sur la consommation de certains groupes de produits en Russie depuis 100 ans. Nous avons constaté une baisse de la consommation de pain et de céréales avec une hausse de la consommation de graisses. En même temps, nous avons remarqué une augmentation de l'obésité de la population en Russie - comme le confirment quotidiennement les examens et les consultations des patients. L'analyse de la nutrition factuelle permet d'observer une consommation insuffisante de pain et de céréales et un excès de confiseries et de graisses», poursuit Ekaterina Bourliaeva.

    Manger à heures fixes

    D'après la diététicienne, pour une bonne santé et un poids normal il est primordial d'adopter un régime alimentaire optimal. C'est pourquoi l'habitude de se nourrir seulement trois fois par jour n'est pas très bénéfique. Par ailleurs, les différents régimes impliquant de sévères restrictions en nourriture peuvent sérieusement nuire à l'organisme.

    «Les recommandations de l'école classique de la diététique nationale sont de cinq repas par jour: trois repas principaux et deux collations. Un tel régime permet un meilleur contrôle de l'appétit et  un fonctionnement normal de tous les organes et du système digestif. On sait que la faim est l'un des facteurs de risque de formation de calculs biliaires. En voulant maigrir, la faim ne fait que ralentir le métabolisme, empêchant ainsi d'atteindre le résultat désiré. Mais il existe également des recommandations personnelles basées sur un régime de travail peu standard, par exemple des permanences de nuit ou des cycles d'entraînement intenses. De plus, il existe plusieurs maladies et états de l'organisme quand est préconisée une nutrition partielle 7 à 8 fois par jour, ou encore le jeûne complet dans d'autres cas», précise la spécialiste.

    En ce qui concerne les recommandations de ne pas manger après 18 heures, selon Ekaterina Bourliaeva, cela peut être utile pour une personne qui évite des efforts physiques importants le soit et se couche avant 22 heures. Sinon, il est préférable d'avoir des recommandations individuelles sur le régime et la nature de la nutrition, conclut l'experte.

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    habitude, produits alimentaires, santé, alimentation
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