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McKrae Game, fondateur de l’une des plus grosses thérapies de «reconversion» aux États-Unis, a fait son coming out cet été et veut réparer le mal commis aux homosexuels qu’il a «traités». Mais ce n’est pas le premier à sortir du placard, preuve d’un profond mal-être chez ces thérapeutes.

Il s’appelle McKrae Game. Il est l’un des leaders de la plus grosse thérapie de reconversion de Caroline du Sud, ces thérapies dont l’ensemble des traitements sont utilisés afin de changer l’orientation sexuelle d’une personne. Sans aucun fondement scientifique, elles sont jugées inefficaces et potentiellement dangereuses par de nombreuses organisations médicales. Il a fondé Hope for Wholeness, dont le slogan «se libérer de l’homosexualité grâce à Jésus-Christ», en dit long sur la méthode employée. Une étude de l’Université de Californie à Los Angeles, datant de janvier 2018, affirmait que près de 700.000 personnes avaient été confrontées à ce genre de thérapies, la plupart de ces adolescents faisant partie de familles très religieuses et homophobes.

Mais depuis cet été, McKrae Game est devenu un ex-leader, puisque celui qui depuis bientôt deux décennies tentait, en vain, de convertir les homos en hétéros, a fait son coming out. Dans une interview au journal américain «The Post and Courier», il explique qu’il veut réparer le mal commis durant toutes ces années et dénonce dorénavant ces thérapies, interdites dans 18 États américains. Dans un long post Facebook, il commence par avouer son tort et demande pardon. Sa photo de profil arborant dorénavant le drapeau LGBT.

Ces thérapies de reconversion qui ont fait croire à de trop nombreuses personnes que leur orientation sexuelle était un péché, un fléau de Satan et pire encore, qu’ils devaient changer […] Les thérapies de reconversion ne sont pas seulement un mensonge, mais elles sont dévastatrices. C’est de la publicité mensongère.» 

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il a fini son post avec l’annonce d’un livre, dans lequel il parlera de ses expériences et de ses nouvelles croyances. Celui qui durant des années a voulu convaincre se «patients» que leur orientation sexuelle était un péché, poussant certaines jusqu’au suicide, rejoint maintenant la liste des anciens fondateurs de thérapies qui sont «sortis du placard», comme David Matheson, un mormon spécialisé dans les thérapies de reconversion, qui a déclaré qu’il était gay en janvier dernier.

Ces thérapies sont aussi présentes en Europe. En mars 2018, le parlement européen a appelé les États à les interdire, seule Malte a répondu à l’appel, devenant ainsi le premier pays européen à interdire les traitements censés guérir les personnes LGBT. En France, le Refuge, une association d’aide aux jeunes homosexuels en détresse, estime que 3,5% des appels concernent ces thérapies. Le 3 et le 4 septembre, la mission parlementaire sur «les pratiques prétendant modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne» s’est réunie pour la première fois. Son but? Interdire une bonne fois pour toutes ces thérapies dévastatrices.

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