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Selon un bilan de police, les ecstasys feraient des ravages dans les nuits parisiennes et les autorités qui s’inquiètent de plus en plus des conséquences d’une telle prolifération. Sputnik France a mené l’enquête sur les raisons qui poussent tant de jeunes à consommer cette drogue.

Quelle drogue tue le plus entre la cocaïne, l’héroïne, et l’ecstasy à Paris en 2019? La réponse risque d’en surprendre plus d’un, mais c’est l’ecstasy. En effet, d’après un dernier bilan de la brigade des stupéfiants de Paris (BSP), dont Le Figaro a pris connaissance, c’est l’une des drogues les plus meurtrières en circulation à Paris en 2019: elle serait responsable de près d’un tiers des morts par overdose. Un paradoxe quand on sait que de très nombreux jeunes, venant de tous milieux, consomment cette drogue pour amplifier leurs sensations bien-être pendant une soirée.

«Ciblant une tranche d’âge de 16-25 ans, ces drogues de synthèses tuent des jeunes gens parfaitement intégrés. Ce fléau est d’autant plus préoccupant que les victimes étaient auparavant toutes en pleine santé. À la différence des consommateurs habituels que nous croisons, souvent des héroïnomanes ou des usagers de crack dans un état de délabrement qui permet d’envoyer des signaux d’alerte sanitaires, ces adolescents et jeunes adultes meurent sans prévenir, après avoir pris la drogue d’un soir», explique le commissaire général Christophe Descoms qui est appelé à rejoindre la Direction de la police judiciaire de Versailles.

​Pourtant souvent considérée comme une drogue festive plutôt inoffensive, cette drogue et ses dérivées inquiètent de plus en plus les autorités. En septembre dernier, Dehors Brut, une boîte de nuit parisienne réputée, avait fait l’objet d’une fermeture administrative après qu’un jeune homme est mort d’une overdose en ayant consommé ce qu’il croyait être de l’ecstasy, mais qui était en fait un dérivé bien plus puissant. 

À l’origine, l’ecstasy est une molécule chimique particulière, la MDMA, responsable des effets psychoactifs. Néanmoins, «la molécule MDMA n’est pas toujours présente et peut être mélangée à d’autres substances: amphétamines, analgésiques [substances qui atténuent ou suppriment la douleur, ndlr], hallucinogènes, anabolisants. L’ecstasy peut également être coupée avec de la caféine, de l’amidon, des détergents, du savon...»

Contacté par Sputnik France, un jeune consommateur occasionnel, qui a souhaité conserver l’anonymat, nous explique pourquoi il consomme cette drogue et comment il fait face à la menace qu’elle représente:

«Pour moi, c’est simplement un moyen que j’ai pour m’amuser encore plus. Quand je vais danser en boîte de nuit, il m’arrive d’en prendre et j’apprécie généralement les effets. On se sent plus sociable, plus dynamique… On sait que ça représente des dangers, mais si l’on sait ce qu’on prend, comment le prendre, il est peu probable qu’il arrive un drame.»  

Avec un prix très réduit de dix euros au détail, nombreux sont les jeunes qui y voient un moyen rentable d’encore plus apprécier leur soirée. D’autant plus que dans l’imaginaire collectif, c’est une drogue qui n’a pas la connotation «junkie». Comme l’explique le major de police Christophe Pican, formateur antidrogue à nos confrères de France Bleu:

«L’héroïne a une connotation junkie, bas-fonds, piqûre dans le bras, la cocaïne a cette image milieu financier et coûte relativement cher. L’ecstasy a un côté ludique, ce sont des cachets pour faire la fête.»

Une fête qui s’est terminée à la morgue pour 10 Parisiens depuis janvier 2019.

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Tags:
décès, drogue, France
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