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Il n’a que 24 ans, un diplôme de biologiste et un énorme amour pour la savane africaine. Le Français Valentin Lavis raconte dans une interview à Sputnik les astuces d’un guide de safari en Afrique, ses meilleurs rencontres avec les animaux sauvages et donne des conseils pour réagir en cas d’attaque.

C’est grâce à son enfance dans la campagne corse, la série Daktari et le fameux Roi Lion que Valentin Lavis est tombé amoureux de la nature depuis son plus jeune âge. Avec les années, sa passion pour la savane africaine et ses animaux a grandi au point de se lancer dans le métier périlleux de guide de safari qu’il raconte dans une interview à Sputnik.

«Vers quatre ans, j'ai dit à mon père que je rêvais de voir des éléphants en vrai... et il a tenu promesse. À cinq ans, je faisais mon premier safari en Afrique du Sud dans le parc Kruger. Devinez quel était le premier animal que je vis en entrant dans le parc? Un éléphant évidemment!», déclare le jeune homme de 24 ans, biologiste diplômé de l’université Paris-VI Pierre-et-Marie-Curie.

Épisodes les plus marquants

Ayant assisté à de nombreuses scènes de vies animales, celle avec une lionne qui charge un léopard en Namibie a été l’une des plus excitantes pour Valentin, qui a eu la chance d’immortaliser cette rencontre.

«Une chasse de quatre guépards dans le parc Kruger [en Afrique du Sud, ndlr], il y a 10 ans, sur une piste, tout seuls: on a eu la chance de voir la chasse de A à Z avec la traque, la course et la mise à mort juste à côté de notre véhicule», raconte-t-il. «La magie du safari c'est que même si l'on revient plusieurs fois dans le même endroit d'années en années, on ne verra jamais la même chose et que rien n'est jamais garanti... c'est pour moi ce qui rend chaque safari unique.»

Comment immortaliser un moment unique

Parfois, il n’est pas du tout facile de filmer les épisodes de la vie en savane où tout se passe trop vite pour sortir et allumer la caméra. Pour Valentin, les scènes avec les léopards présentent une difficulté particulière en raison de leur vitesse: «Ce sont des animaux que je trouve tellement magnifiques et furtifs qu'il faut souvent "dégainer" rapidement pour saisir l'instant: en quelques secondes, il peut se glisser dans un buisson et disparaître».

Bien qu’il ait eu de la peine à filmer des scènes, il a appris quelques techniques pour notamment anticiper les mouvements des animaux et avoir des vidéos plus fluides. «Si je peux donner un conseil, c'est de garder sa caméra à portée de main et faire de son mieux... sinon profitez-en à fond!», conseille-t-il.

S’approcher des prédateurs

Grâce à ses études, Valentin connaît les grands prédateurs africains et leurs comportements et comprend quand il est possible de s’approcher d’eux: «Des fois de manière volontaire et d'autres fois avec un simple coup de chance: quand une meute de lycaons déboule des buissons à côté de votre véhicule en pleine frénésie c'est un moment assez incroyable».

Le métier de guide lui a appris à prendre en compte les différentes «zones» qui influencent la réaction d'un animal: zone de confort, d'alerte ou d'attaque. Il est très important de respecter la zone de confort avec les prédateurs surtout lorsqu'ils ont une proie ou des bébés à défendre, avertit-il, soulignant qu’il est impératif de respecter les règles de sécurité au sein des parcs ou réserves, à savoir: ne pas descendre du véhicule, ne pas nourrir les animaux et laisser la priorité aux animaux.

Attaques d’animaux sauvages

Le métier de guide de safari implique une haute probabilité de moments dangereux avec des animaux sauvages. Heureusement, Valentin n'en a pas eu beaucoup, évoquant une seule charge d'intimidation d'éléphants «définitive».

Il a vécu le moment le plus dangereux il y a plus de 10 ans. Pendant que son père et lui suivaient depuis la voiture une troupe de lions sur une piste, l'un des mâles s'est arrêté dans des buissons pour marquer son territoire. Étant «novice», la famille s’est arrêtée devant l’animal qui a chargé la voiture en rugissant. Bien que le moment n’ait duré qu’une fraction de seconde, le père a eu le réflexe de mettre son véhicule en opposition et d'accélérer. Le lion a stoppé sa charge, a raconté le jeune homme. «C'est une erreur que je ne referai pas aujourd'hui», évoque-t-il.

Le biologiste explique que les animaux n'associent pas l'Homme à un véhicule. Il faut cependant garder ses distances et ne pas vouloir s'approcher toujours plus près.

Que faire en cas d’attaque

Tout dépend de l'animal qui attaque, note le jeune homme, soulignant qu’il faut en tout cas garder son calme, minimiser les bruits et les mouvements brusques, car ils excitent ou effrayent les animaux, et faire confiance au guide.

«Si vous conduisez votre propre véhicule, gardez bien vos distances surtout avec les éléphants. Mieux vaut éviter une confrontation lorsqu'on ne sait pas comment réagir. Quel que soit l'animal, il ne faut jamais courir, toujours rester en groupe, derrière les fusils et écouter les consignes de vos guides à la lettre. Si vous ne faites ne serait-ce que ça, tout ira bien», rassure-t-il.
Quelles sont les exigences pour devenir guide?

Il est impossible de devenir guide de safari du jour au lendemain, note Valentin, soulignant que c’est un métier qui nécessite une réelle passion pour la nature et ses êtres vivants. Le jeune homme dénonce par ailleurs l’approche de «portefeuille d'abord» de certains de ses collègues.

«Certains ne voient que l'argent qu'ils auront s'ils s'approchent au plus près des animaux, sans même se poser de questions sur l'état de stress de l'animal: le portefeuille d'abord! Pour moi, le rôle d'un guide est de servir d'interprète entre l'écosystème et les clients, d'être respectueux envers les animaux et d'avoir des prestations dignes de ce nom pour qu'en rentrant chez eux les touristes n'aient pas eu l'impression d'aller au zoo», explique-t-il.
L’Afrique dans son cœur

Valentin quitte régulièrement la France pour des séjours plus ou moins longs dans différents pays d'Afrique pour accompagner et organiser des safaris pour des agences de voyages. Désormais, il ne peut pas imaginer sa vie sans l'Afrique, sans sa faune, ses paysages, ses ambiances particulières que l'on ne trouve que là-bas.

«C'est un sentiment incomparable lorsqu'on observe le soleil se lever sur la savane, lorsqu'on entend les lions rugirent au petit matin ou lorsqu'on contemple un ciel étoilé d'une pureté exceptionnelle sans pollution lumineuse: je m'y sens comme chez moi.»

Vu le danger qu’entoure le métier de guide de safari, la famille de Valentin est heureuse qu’il ait pu réaliser son rêve tout en ayant continué ses études et validé un master en écologie de la conservation. Selon lui, ce sont eux qui lui «ont transmis ce virus des safaris et des animaux».

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Tags:
attaque, réserve naturelle, nature, parc naturel, espèces animales, animaux, Français, Namibie, parc safari, safari
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