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De nombreux témoignages de victimes d’incestes sont publiés sur les réseaux sociaux sous le hashtag #MeTooInceste. Des centaines de personnes se sont décidées à raconter leur drame: celui d’avoir été violées, alors qu’elles étaient mineures, par un membre de leur famille.

La publication par Camille Kouchner, fille de l’ancien ministre Bernard Kouchner, d’un livre brisant le tabou sur l’inceste et la pédocriminalité a délié les langues: le hashtag #MeTooInceste est devenu l'un des plus populaires sur les réseaux sociaux.

Le départ est donné par l’une des victimes, se présentant sous le pseudonyme de Marie Chenevance.

L’auteure de ce message a été contactée par Franceinfo. Aujourd’hui âgée de 67 ans, Marie Chenevance précise que c’est à Noël, lors de la fête en famille, que son oncle l'a agressée sexuellement, alors qu'elle n’avait que cinq ans.

Le hashtag gagne rapidement du terrain sur Twitter et rassemble les propos tant d’anonymes que de personnalités connues. Les uns ne font que mentionner le fait, d’autres évoquent de véritables tragédies, comme l'artiste Christian Guémy dont la mère, violée à 12 ans, s’est suicidée cinq ans plus tard.

Ou comme cette internaute qui se dit «toujours victime de ce passé».

Une autre constate que les coupables d’inceste, considérés avant comme «des monstres, des malades, des fous» ne le sont pas en réalité.

Appels au pouvoir

Plusieurs collectifs, associations et personnalités engagés dans la lutte contre l'inceste ont interpellé les pouvoirs publics. Et ces derniers ont d’ores et déjà réagi. Ainsi, Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de l'Enfance et des Familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, a indiqué sur son compte Twitter qu’il saluait «les victimes pour leur courage». Il rappelle dans ce contexte la mise en place, le 10 décembre 2020, de la commission indépendante sur les violences sexuelles sur mineurs, dont l'inceste.

Certains collectifs, comme Nous Toutes, demandent une meilleure formation des professionnels de l'enfance.

«Impardonnable»

Plusieurs associations militent pour l’imprescriptibilité de tels crimes, «aujourd’hui réservée aux crimes contre l’Humanité».

Camille Kouchner, qui accuse de viol sur son frère jumeau son beau-père, Olivier Duhamel, pense que celui-ci échappera à un procès en raison de la prescription.

«Il a fait un truc qui est impardonnable, impardonnable. Donc je ne lui pardonne pas», a-t-elle lancé.

Le parquet de Paris a toutefois ouvert une enquête préliminaire, le 5 janvier, à la veille de la parution du livre, précise l’AFP.

Les études sur le sujet, bien que rares, montrent qu’entre 5% et 10% des Français ont été victimes de violences sexuelles durant leur enfance, précise Le Monde, ajoutant que dans 80% des cas, ces agressions se déroulent au sein de la famille.

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Tags:
Camille Kouchner, hashtag, mineurs, inceste
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