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Dix mois de vie dans la rue en Guyane - la pandémie a fait basculer la vie d’un retraité français parti découvrir l’Amérique du Sud, le bloquant pour 10 mois loin de sa terre natale. Une cagnotte lancée en ligne a permis de lui acheter un billet de retour et dans deux jours il devra retrouver la métropole.

Savait-il en partant pour le Brésil qu’il ne reverrait Belfort que dans près de 10 mois et qu’il serait contraint de faire la manche en Guyane et de dormir dans la rue? L’aventure en Amérique du Sud pour laquelle le retraité français Jacky Baumgartner a fait patiemment des économies s’est transformée en descente aux enfers en raison de la pandémie de Covid.

Un «bref» détour en Guyane

En mars 2020, avant que la pandémie ne débouche sur une brusque fermeture des frontières et sur des confinements, Jacky est donc arrivé au Brésil pour «l’aventure de ses 70 ans», comme l’écrit L’Est républicain. En visitant la ville de Belém, il décide donc de faire un détour en Guyane, où un ami a un logement.

«Le lendemain de mon arrivée, le Covid débarque, et mon ami rentre au plus vite en métropole. Mon avion de retour, lui, a été supprimé, sans qu’on me donne aucune explication», raconte-t-il au média.

C’était le point de départ de son calvaire. N’ayant pas reçu le remboursement pour son billet, il a subsisté avec le peu d’argent qui lui restait en Guyane avec ses prix élevés.

«C’est à ce moment que j’ai compris une chose: pour la première fois de ma vie, il fallait que je dorme dans la rue.»

Dix mois d’enfer

Outre l’obligation de faire la manche loin de chez lui et de dormir à la belle étoile, le Belfortain a vécu une agression, une autre composante de la vie dans la rue. Violemment passé à tabac par des inconnus, il s’est vu priver de toutes ses affaires, ne restant qu’avec son short, son t-shirt et son hamac.

Heureusement, les forces de l’ordre l’ont aidé à en récupérer une partie, notamment son passeport. Depuis, il dort devant la caserne, sur conseil des gendarmes.

Tout est bien qui finit bien

Mais tout est du passé ou presque. Le 20 janvier, Jacky rentre enfin chez lui et ce grâce à une rencontre. Récemment, Félix Bald-Weill, un globe-trotter de 22 ans, a croisé Jacky.

Ayant appris son histoire, ce jeune originaire de Mulhouse n’a pas pu rester indifférent et a lancé une cagnotte «Sortez un retraité de la rue» pour aider le Belfortain à regagner la métropole, ainsi qu’a partagé son histoire sur Facebook.

Au lieu des 600 euros annoncés, elle a vite permis de collecter la somme de 1.160 euros et ce grâce à la participation de 55 personnes.

À la question de L’Est républicain qui voulait savoir que fera Jacky une fois rentré chez lui, il soupire et lance: «Je vais m’asseoir. Tranquillement. Paisiblement. Et apprécier le silence».

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Tags:
pandémie, Guyane française
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