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Isolés durant l’épidémie, des parents sont épuisés. D’après une étude sont souvent concernés ceux habitant les pays occidentaux, avec un culte de l’individualisme et de la réussite personnelle pouvant les pousser au burnout. La Pologne, la Belgique et la Suisse arrivent en tête, la France dans les dix premiers.

La prévalence de l'épuisement parental varie considérablement d'un pays à l'autre. Les pays occidentaux, riches et individualistes, et avec en moyenne peu d'enfants, sont les plus touchés par le phénomène, montre une étude publiée le 18 mars dans la revue Affective Science.

L’équipe dirigée par des chercheuses de l’université belge UClouvain a analysé la prévalence de l'épuisement parental dans 42 pays auprès de 17.409 parents, majoritairement des mères (71%), dont l’âge moyen est de 39,2 ans. Plusieurs caractéristiques sociodémographiques ont été prises en compte, notamment l’âge, le genre, l’éducation, le statut professionnel, le nombre et l’âge d’enfants. Les données ont été collectées entre janvier 2018 et mars 2020.

Pas de burnout en Thaïlande

Il s’est avéré que le taux d’épuisement parental est en corrélation avec la culture de l’individualisme, typique pour les pays occidentaux.

Et en tête du classement des parents épuisés figurent la Pologne (39,41 points), la Belgique (36,67) et la Suisse (33,73). La France (29,25 points) est 8e. L’exception est l’Égypte (33,43 points), 4e, suivie du Canada (32,82 points, 5e), des États-Unis (32,59 points, 6e) et de la Finlande (31,96 points, 7e place).

À noter que la Thaïlande est le pays le moins touché par le phénomène (5,72 points).

Le mal de l’individualisme

«Nos pays individualistes cultivent le culte de la performance et du perfectionnisme. La parentalité y est une activité très solitaire, contrairement aux pays d'Afrique par exemple où tout un village se sent concerné par l'éducation des enfants», indique l’une des auteurs, la psychologue Isabelle Roskam de l’université belge UCLouvain, citée par La libre Belgique.

D’après l’étude, dans l'épuisement parental, l'individualisme joue un rôle plus important que les inégalités économiques entre les pays ou toute autre caractéristique individuelle et familiale, y compris le nombre et l'âge des enfants et le nombre d'heures passées avec eux. Les valeurs culturelles des pays occidentaux peuvent mettre les parents à un niveau de stress accru, notent les chercheurs. Les normes parentales dans les pays euroaméricains, c'est-à-dire les plus individualistes, sont devenues de plus en plus exigeantes au cours des 50 dernières années, demandant plus d’investissement de la part des parents, leur imposant ainsi une pression psychologique croissante.

Le régime alimentaire des enfants, une question politique

«Les attentes envers les parents ont considérablement évolué au cours des 50 dernières années, à tel point que les parents qui auraient été considérés comme bons et attentifs il y a 50 ans, seraient désormais considérés au mieux comme négligents», note l’étude.

«Comment les parents nourrissent leurs enfants, comment ils les disciplinent, où ils les mettent au lit, comment ils jouent avec eux: dorénavant toutes ces questions sont politiques et morales», remarquent les chercheurs.

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relations, parents, enfants, épuisement
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