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Visé par plusieurs enquêtes pour viols, Tariq Ramadan semble rester optimiste: il prévoit de sortir le 29 mai un album et en dévoile le premier titre, consacré au colonialisme et à ses victimes.

Après avoir comparu en correctionnelle, il y a une quinzaine de jours, pour diffamation, l'islamologue Tariq Ramadan, mis en examen pour des viols sur cinq femmes, a annoncé la sortie prochaine d’un… album de slam.

Un album dont il a décidé de dévoiler d’ores et déjà le premier titre: «Qu’est-ce que vous croyez?»

C’est une diatribe anticolonialiste que Tariq Ramadan dit dédier à tous ceux «qui ont subi la colonisation à travers le monde».

«Cela fait des siècles que vous volez et mentez», affirme-t-il pour commencer, ajoutant «vous avez méprisé nos langues, nos cultures».

Il évoque notamment la mondialisation, «le nom donné à vos spoliations», avant de rappeler la colonisation de «nos cultures, nos pays, nos continents, nos paysages autant que nos esprits».

Tariq Ramadan rappelle dans sa chanson le sort des migrants qui se lancent souvent dans une traversée à bord d’embarcations de fortune et dont les sociétés occidentales font souvent «des criminels, des migrants coupables, clandestins sans cervelle», notant au passage que des femmes et hommes «de courage» se voient interdire «de les secourir, de leur tendre la main, d’éviter les naufrages».

«Voilà qu’entre vous et nous, vous avez inventé ces murs sur la mer», constate-t-il.

Sans jamais citer ouvertement «les Occidentaux» ou «les Blancs», Tariq Ramadan a presque recours à la menace: «Soit vous partagez, soit on se servira».

Il conclut que «demain dans vos rues, nous marcherons libres et sereins». «Vous avez peur? Vous allez perdre vos privilèges et votre identité? [...] Dormez en paix, amis de l’égalité. Nous ne sommes venus ni pour remplacer, ni pour voler».

«Nous sommes une bonne nouvelle, un vent d’humanité. Nous sommes une bonne nouvelle. Un vent de liberté», affirme Tariq Ramadan.

Réunions «non mixtes»

L’intellectuel musulman soulève ainsi le dossier du colonialisme, les problèmes identitaires et raciaux ciblés entre autres par la vague du Black lives matter. Une vague qui pourrait faire écho à la tourmente vécue ces dernières semaines par l’Unef, le syndicat étudiant créé en 1907, après que sa présidente, Mélanie Luce, a reconnu la tenue de réunions «non mixtes» interdites aux Blancs. Un cas typique de «racisme antiblanc», avait précédemment déclaré à Sputnik Julien Aubert, député LR du Vaucluse.

Des pratiques dénoncées également par Jean-Michel Blanquer qui a affirmé qu’elles ressemblaient «au fascisme», constatant que cette pente était «gravissime».

Revenus de Tariq Ramadan

Pourtant, l’auteur de la chanson ne peut probablement pas s’identifier à ceux dont il parle. En effet, il y a deux ans, l’ouvrage Qatar Papers révélait que le théologien aurait perçu 35.000 par mois en provenance du Qatar en tant que «consultant» via la Qatar Foundation, avait assuré Le Parisien.

Libération avait indiqué pour sa part que, d'après une note de Tracfin, organisme du ministère de l'Économie et des finances, Tariq Ramadan avait rapatrié le 1er juin 2017 en France l'équivalent de 590.000 euros en provenance de son compte qatari alimenté par les versements mensuels de la Qatar Foundation.

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Tags:
colonialisme, chanson, Tariq Ramadan
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