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Après que Twitter a supprimé la majorité des contenus signalés par le régulateur russe de l’Internet, celui-ci a décidé de ne pas bloquer le réseau social en Russie. En cas de non-respect des règles nationales en matière de contenu, YouTube et Facebook peuvent eux aussi se retrouver sanctionnés, prévient l’organisme.

Plus de deux mois après l’introduction de premières mesures restrictives contre Twitter, le régulateur russe des médias et des télécommunications, Roskomnadzor, a annoncé dans un communiqué ce 17 mai qu’il ne bloquera finalement pas la plateforme. D’après le gendarme russe d’Internet, le réseau social au petit l’oiseau bleu a supprimé 91% des «contenus illégaux», raison pour laquelle Roskomnadzor avait plus tôt ralenti son travail et l’avait menacé de blocage.

«La vérification a montré que les modérateurs de Twitter avaient supprimé plus de 91% des informations interdites […]. Compte tenu des efforts consentis par l'administration du réseau social, il a été décidé de ne pas bloquer le service Twitter, de lever les restrictions d'accès aux réseaux fixes, tout en maintenant le ralentissement du trafic Twitter sur les appareils mobiles», explique le document.

Selon Roskomnadzor, la direction de Twitter lui a envoyé une lettre dans laquelle la plateforme fait part de sa volonté d’un dialogue constructif avec les autorités russes et promet de prendre toutes les mesures nécessaires pour les supprimer. 

Restrictions toujours en place

Si le ralentissement du fonctionnement du réseau social reste, pour le moment, toujours en place, c’est parce que des 5.900 contenus interdits, signalés par l’organisme russe de contrôle, 563 n’ont pas encore été supprimés, est-il précisé. Plus concrètement, il s’agit des messages «contenant de la pédopornographie, des informations sur les stupéfiants et à caractère suicidaire, des appels à des mineurs à participer à des événements de masse non autorisés, ainsi que des matériaux extrémistes et d’autres matériaux interdits sur le territoire de la Russie».

C’est dans un communiqué datant du 10 mars que le régulateur russe a annoncé les sanctions à l’égard de la plateforme en raison des contenus interdits. Afin d’inciter le réseau social de microblogage à les supprimer, le service russe a procédé au ralentissement du fonctionnement de Twitter sur 100% des portables et 50% des ordinateurs des utilisateurs russes. Le 23 mars, le régulateur s’est dit insatisfait du taux des contenus supprimés par le réseau social, rendant ainsi de plus en plus réaliste le scénario d’un blocage total de la plateforme dans le pays.

YouTube et Facebook dans le viseur

Dans son communiqué de ce lundi, Roskomnadzor informe par ailleurs qu’actuellement des contenus illégaux sont également disponibles sur d’autres plateformes telles que YouTube et Facebook. Ainsi, ces géants du Web risquent eux aussi de se retrouver dans la ligne de mire du gendarme russe.

«Si ces plateformes ne prennent pas les mesures appropriées, des sanctions similaires pourraient leur être appliquées», fait savoir le régulateur.

Il est à noter que Twitter n’est pas le premier réseau social contre lequel Roskomnadzor est parti «en guerre». Après avoir refusé de remettre ses clés de chiffrement et donc collaborer dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme avec les autorités russes, Telegram, l’application russe de messagerie instantanée sécurisée, s’est attiré les foudres de Roskomnadzor en 2018.

Toutes les tentatives de l’organisme russe de bloquer Telegram n’ont pourtant pas abouti, la majorité des utilisateurs pouvant assez facilement contourner le blocage. En 2020, Roskomnadzor a décidé de lever les restrictions après que le fondateur de l’application a exprimé «sa volonté de lutter contre le terrorisme et l'extrémisme».

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