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Un adolescent menace de se rendre armé dans une école belge en brandissant une arme. L'un des administrateurs aurait été explicitement menacé de mort. L’administration a réagi en fermant l’école. Un psychologue fait le point pour Sputnik sur le problème de l’agressivité des jeunes.

Publiant une série de vidéos et de photos sur Snapchat et Instagram, un adolescent a menacé de se rendre armé ce jeudi dans son école à Menin, en Flandre-Occidentale, relate le média Krant Van West-Vlaanderen.

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux mercredi soir, l’écolier exhibe une arme et prononce des propos menaçants: «Je vais tuer tout le monde dans mon école demain» et «demain c’est le jour du shooting».

La police prend l’affaire au sérieux

Ces images ont circulé parmi les élèves de l’école concernée. Un père qui les a vues a immédiatement averti la police qui a tout de suite ouvert une enquête, a confirmé au média un porte-parole de la police. «Nous prenons ce genre de menaces très au sérieux, d'autant plus qu'un membre du personnel de l'école est également très explicitement menacé», souligne le responsable.

Après concertation entre la direction et la police, et face à l’inquiétude des parents d’élèves, l'école restera fermée ce jeudi. L’adolescent n’a pas été identifié sur-le-champ.

Un âge difficile

Contacté par Sputnik, Sergueï Enikolopov, directeur du département de médecine psychologique du centre de santé psychique de l’Académie russe des sciences, explique les mobiles des adolescents qui se lancent dans des agressions de ce type. Selon lui, à cet âge, les jeunes vivent de temps à autre des sentiments de solitude, de rejet, un certain ressentiment envers les parents, justifié ou non, et d’autres sensations négatives. C’est toujours une période compliquée du point de vue psychologique. Un adolescent n’est plus un enfant, mais n’est pas encore un adulte.

À cet âge, à la recherche de soi, l’adolescent est souvent capable d’agressions, dirigées tant contre autrui que contre lui-même, sous de nombreuses formes, comme la pratique de piercing par exemple, expose l’expert. C’est souvent dangereux pour sa vie, mais aussi pour celle des autres. À un moment donné, son état mental peut en effet le conduire à perpétrer des actes meurtriers.

Les fusillades dans les écoles, qui se multiplient depuis des dizaines d’années dans différents pays (60 cas sont recensés aux États-Unis depuis 1996), représentent en quelque sorte des «suicides élargis», car le criminel suppose qu’il va être tué par la police, ajoute M. Enikolopov. Certains se suicident après l’acte.

Les médias en cause

D’où vient cette envie d’agression chez les très jeunes? Dans une grande mesure, elle est due au mimétisme des ados, qui cherchent à imiter des modèles, des exemples d’autorité, répond le psychologue. Le «culte de Columbine» – qui commémore la fusillade en milieu scolaire qui s’est produite le 20 avril 1999 à l'école secondaire Columbine dans l'État du Colorado, aux États-Unis – est notamment très populaire. Le jeune qui a récemment perpétré une tuerie à Kazan, en Russie, était justement vêtu à la façon de l’auteur de la fusillade aux États-Unis, note l’expert.

Ici se pose le problème de la responsabilité des médias, qui d’ailleurs la rejettent, que ce soit au sujet des actes terroristes, des suicides ou des tueries de masse, souligne Sergueï Enikolopov. Or, plus ces thèmes sont présents à la télévision et dans les autres médias, plus élevée est la probabilité d’actes de ce genre.

S’il y a 30 ans, les tueries scolaires n’étaient pas un phénomène, après la fusillade de Columbine, extrêmement médiatisée, elles sont devenues une sorte de culte. Les sites consacrés à Columbine sont comme un lieu de pèlerinage, déplore l’expert.

En théorie, il est possible de prévenir ce type de drames, mais cela prend du temps et demande beaucoup d’efforts, insiste le psychologue. Premièrement, il importe de surveiller les réseaux sociaux, où les adolescents exposent souvent leurs idées et leurs plans. Deuxièmement, il faut que les écoles et les universités aient un service de santé psychique bien organisé, poursuit l’expert.

Au moment du passage à l’action, ou juste avant, il est très difficile, voire impossible, d’arrêter celui qui s’apprête à perpétrer un acte de violence meurtrier, confesse le psychologue.

Et malheureusement, cette triste tendance va durer, car rien ne laisse supposer que la prévention sera efficace, conclut Sergueï Enikolopov.

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Tags:
école, adolescents, Belgique
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