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La fatigue extrême, la peur de l’avenir, les opportunités professionnelles manquées… Dans plusieurs domaines la crise sanitaire et économique due au Covid-19 s’est révélée plus dévastatrice pour les femmes que pour les hommes, indique un sondage réalisé dans les pays du G7.

La crise due au Covid-19 a certes eu un impact important sur l’état psychologique et physique des hommes, mais ce sont surtout les femmes qui ont été encore plus touchées dans certains domaines, révèle le baromètre du Women's forum, réalisé par Ipsos dans les pays du G7 et publié ce 9 juin.

«La pandémie est dévastatrice pour les hommes, mais elle l’est beaucoup plus pour les femmes […] La stratégie la plus efficace pour permettre à la société et à l'économie de se remettre de cette grave crise est de placer les femmes au centre des stratégies de relance», indique un communiqué de Women's forum.

La peur et le burn-out

Ainsi, selon l’étude, 75% des femmes et 65% des hommes sondés connaissent la peur de l’avenir depuis le début de la pandémie. Les Italiennes (85%) et les Japonaises (81%) sont les plus nombreuses à éprouver ce sentiment. En France 77% des femmes et 65% des hommes disent craindre pour l’avenir en raison de la pandémie, un écart donc de plus de 10 points.

La majorité des habitantes des pays du G7 (59%) ont également été «victimes de burn-out, d'anxiété et/ou de dépression», tandis que seulement la moitié des hommes interrogés déclarent avoir souffert de ces détresses. Sur ce plan, 14% de plus de femmes que d’hommes sont concernées en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et au Canada.

Qui plus est, un écart de 10% s’étend entre les femmes (32%) et les hommes (22%), les premières se sentant souvent «trop fatiguées et stressées par tout» ce qu’elles font. Alors qu’aux États-Unis, cette différence entre les sexes est de deux points seulement, en France elle est de 14.

Les mères célibataires plus affectées

La crise économique provoquée par la situation sanitaire a affecté à peu près la même part de femmes (62%) que d’hommes (63%) dans les pays les plus développés, dont un pourcentage comparable -38% pour les femmes et 37% pour les hommes- déclarent ne pas pouvoir s’en remettre facilement. Néanmoins, la sortie de la crise sera surtout difficile pour les mères célibataires (54%) et pour celles d’enfants de moins de six ans (49%) contre «seulement» 44% des pères d’enfants de moins de six ans.

De plus, 7% de plus de mères d’enfants de moins de six ans (42%) que de pères dans ce cas (35%) affirment qu’elles ne se remettront pas facilement de la crise en matière d’ambitions professionnelles suite aux opportunités perdues à cause de la pandémie.

Ce n’est pas pour rien que ces groupes sont les plus affectés sur le plan professionnel. Dans le contexte d’une pandémie qui touche particulièrement les personnes âgées, les grands-parents n’ont probablement pas gardé leurs petits-enfants aussi souvent que d’habitude. En plus, vu qu’afin de faire face à la propagation du coronavirus, de nombreux pays ont choisi de fermer les crèches et les écoles, les parents ont dû passer plus de temps à s’occuper de leurs enfants et, par conséquent, consacrer moins de temps à la carrière.

Amandine Lama, directrice clientèle au sein du département Opinion d'Ipsos qui a pris part à l'étude, s’interroge, citée par Les Échos: «Pour soutenir ce niveau de charge mentale, les femmes n'ont pas beaucoup de solutions: se retirer de la vie professionnelle ou tenir… mais jusqu'à quand?»

Dans le cadre de l’enquête d’opinion en question, 3.500 personnes ont été interrogées en ligne du 8 au 20 avril dans les du G7: la France, le Canada, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni.

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Tags:
femmes, G7
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