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Stalingrad: aggravation de la situation du trafic de crack (16)
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Bagarres quotidiennes, consommation d'alcool et de drogues sur la voie publique, halls d'immeubles dégradés. L’ombre de Stalingrad plane sur le XIIe arrondissement de Paris, près de la gare de Lyon. Des riveraines demandent un renfort policier et la suppression des distributions alimentaires aux marginaux.

Ces derniers jours, les témoignages de riveraines du XIIe arrondissement de Paris criant leur ras-le-bol se multiplient. La place Henri Frenay, derrière la gare de Lyon, abrite désormais des groupes de toxicomanes et alcooliques, parfois très jeunes, des dealers. Une importante part est constituée de migrants et de personnes sans abri.

D’après Le Parisien, une trentaine de jeunes se rassemblent le soir place Henri Frenay.

«On voit les scènes de près. On entend les cris de près. Mes volets sont constamment fermés puisque j'ai reçu dans la vitre une bouteille de bière», témoigne une riveraine auprès de BFM TV.

Une autre habitante fait part de ses inquiétudes: «On a peur de sortir de chez nous, on a peur pour nos enfants. On vit dans une atmosphère d’insécurité».

Un groupe de protestataires

Des riverains exaspérés ont monté l’association «Basta Cosi» pour lutter contre ce genre de voisinage.

«Dans quelques semaines, si nous ne faisons rien, nous serons le nouveau Stalingrad», déplore une membre auprès de BFM TV ce 16 juin.

Elle lie l’afflux de personnes marginalisées avec l’arrivée d’une quinzaine de migrants mineurs il y a deux mois, ainsi qu’avec le début des distributions alimentaires à cette période. Selon cette riveraine, l’organisation d’aides alimentaires est «complètement anarchique» et provoque des bagarres entre les bénéficiaires.

​D’après une journaliste du Parisien qui s’est rendue sur place le 11 juin, des maraudes non identifiables distribuaient aux sans-abri café, gâteaux secs, vêtements.

La maire réagit

Des riverains appellent à un renforcement de la vidéosurveillance, au déploiement d'un poste de police sur place et à la fin des distributions alimentaires.

Le 11 juin, Emmanuelle Pierre-Marie, maire EELV de l’arrondissement, a rencontré des habitants. La police municipale était également présente. L’élue a promis une présence policière, «jour et nuit, qui devrait perdurer, jusqu’à ce que la place soit sécurisée», selon Le Parisien. La semaine dernière, le préfet de police a envoyé des renforts.

Interviewée par BFM TV le 15 juin, la maire a également fait savoir que les emplacements de certaines sanisettes «relativement proches de certains logements» avaient été modifiés.

De son côté, la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP) promet de sécuriser les coursives et de les fermer avec des grilles dans l’ensemble des immeubles.

Stalingrad envahi par des toxicomanes

Une situation similaire perdure dans le XIXe arrondissement de Paris où la place de Stalingrad est devenue un point de deal important pour les consommateurs de crack. Face à l’afflux de toxicomane et la colère des habitants, la mairie de l’arrondissement a décidé de regrouper les fumeurs dans un parc du quartier, les jardins d'Éole. Fin mai des riverains ont manifesté devant pour dénoncer l’apparition d’une «zone de non-droit».

Toujours fin mai, des habitants ont été témoins du viol d’une femme par un toxicomane. Début mai, l’exaspération des riverains avait conduit certains d’entre eux à tirer au mortier d’artifice sur des dealers.

Dossier:
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Tags:
Paris, Place Stalingrad de Paris, dealer, drogue
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