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Les bébés de sexe féminin étant victimes d’avortement plus souvent que ceux de sexe masculin, le nombre de femmes diminuera de 4,7 millions d’ici à 2030, selon une étude. Cette diminution atteindrait les 22 millions en 2100 dans le pire des scénarios.

Le choix du sexe du futur bébé est considéré par l’Onu comme une pratique nuisible, de même que les mariages d'enfants et la mutilation génitale féminine. Selon une récente étude publiée dans la revue BMJ Global Health, en raison de ces pratiques, le nombre de femmes dans 12 pays diminuera de 4,7 millions d’ici à 2030. Le choix prénatal du sexe est d’habitude réalisé via l’avortement, une pratique très répandue dans certaines parties du monde.

Leur modélisation a aussi montré que le manque se chiffrera à 5,7 millions d’ici à 2100 et qu’au pire, cette diminution atteindrait les 22 millions.

Ces chiffres peuvent signifier que les hommes n’auront pas suffisamment de femmes pour se marier et que le taux de criminalité augmentera. Ces asymétries dues aux avortements sélectifs en fonction du sexe, observés dans plusieurs pays depuis les années 1970, conduiront à des déséquilibres à long terme pour plus d'un tiers de la population mondiale avec des impacts sociaux et économiques encore inconnus, précisent les auteurs.

Un déficit de femmes

La détection du sexe de l’embryon a été davantage facilitée par une découverte de chercheurs de l'université d'Hiroshima au Japon, en 2019. La nouvelle méthode très simple et apparemment très fiable, permet de trier les spermatozoïdes X et Y et ainsi de choisir le sexe.

D'après des études précédentes, le nombre total de naissances manquantes de femmes en raison de la sélection prénatale entre 1970 et 2017 a été estimé à environ 45 millions. Plus de 95% de ce chiffre concerne la Chine et l'Inde.

Ces deux pays, les plus peuplés au monde et où le sexe masculin est privilégié, sont déjà confrontés à un nombre insuffisant de femmes avec environ 105 naissances de garçons pour 100 filles. Et depuis plusieurs décennies, en Chine et dans de nombreuses régions de l’Inde, ce ratio dépasse parfois les 120 sur 100.

Des dérives

De nombreuses familles indiennes avaient en effet recours à un avortement sélectif en fonction du sexe. Le gouvernement a dû donc adopter une loi interdisant le dépistage du fœtus et les avortements de ce type. La politique de l’«enfant unique», appliquée dans le Céleste empire entre 1979 et 2015, a augmenté le désir de nombreux parents d’avoir un garçon. La limite est aujourd’hui fixée à deux enfants, l’avortement sélectif étant interdit.

Dans le nord de la Birmanie, des femmes et des fillettes sont ainsi victimes de traite humaine, vendues comme «épouse» à des familles en Chine où des hommes ne peuvent pas trouver de conjointe, a établi une enquête menée par Heather Barr de Human Rights Watch en 2018. Les victimes sont généralement enfermées et violées, pour pouvoir mettre au monde un bébé. Certaines peuvent ensuite partir, mais en abandonnant leur progéniture.

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Tags:
avortement, sexe, Inde, Chine, bébé
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