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Dans le contexte de la reprise épidémique, les touristes étrangers ont abandonné la capitale française. Tant bien que mal, le secteur tente de s’adapter aux touristes nationaux. En revanche, la dynamique touristique est forte dans le Sud de la France cet été.

La saison estivale à Paris est à nouveau marquée par la crise sanitaire. Si en 2020 le nombre de touristes a chuté de 70% en comparaison à 2019, cette année les professionnels estiment que la baisse sera de l’ordre de 60%, confie au Parisien Corinne Menegaux, directrice générale de l’Office du tourisme et des congrès de Paris. Au total, les professionnels du tourisme attendent cette année cinq millions de touristes en Île-de-France.

Avant la crise sanitaire, les clients étrangers, notamment américains et asiatiques, représentaient la part de lion du chiffre d’affaires du secteur touristique parisien. Si en juin les Américains ont de nouveau été autorisés à voyager en France, à partir du 9 août les Centers for Disease Control and Prevention américains (CDC) ont placé l’Hexagone, ainsi que la Polynésie française, dans les zones à très haut risque compte tenu de la recrudescence des contaminations.

«Malheureusement, les États-Unis étaient notre seule porte de sortie sur les touristes long-courriers. Maintenant on savait que ce ne serait pas facile», regrette Corinne Menegaux qui précise qu’à «part les États-Unis, nous n’avons plus de touristes internationaux. En Asie, notamment la Chine, les habitants ne peuvent pas voyager. En ce qui concerne le Brésil et l’Inde, la tendance est semblable, ils sont très peu à venir à Paris».

Dans ce contexte, pour soutenir le tourisme de l’Île-de-France, les autorités ont débloqué un tiers des 36 milliards d’euros annoncés, a fait savoir le secrétaire d’État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, sur RTL le 11 août.

Vers une clientèle nationale et francilienne

La crise a transformé les priorités du secteur, et en geste de compensation, les professionnels se sont tournés vers la clientèle nationale.

«À l’été 2020, nous avons lancé des visites guidées entièrement gratuites destinées aux Franciliens […]. On s’inscrit dans une logique qui vise à faire redécouvrir le territoire que l’on a au niveau local tant en Île-de-France qu’à Paris», expose, toujours auprès du Parisien, la directrice générale de l’Office du tourisme et des congrès de Paris.

«La clientèle locale, c’est une très bonne chose […], mais le Francilien est un public qui consomme de l’activité, moins de la restauration et peu, voire pas du tout, de l’hébergement. Donc le tourisme local ne peut pas remplir à lui seul les ambitions économiques du tourisme parisien», souligne-t-elle.

Les professionnels chamboulés

Si certains professionnels arrivent à s’adapter aux changements conjoncturels, d’autres pensent à arrêter leur activité.

«On fait 20% de ce que l'on faisait il y a deux ans. Certes des Français achètent des tours Eiffel mais ce n'est pas le même volume. Là où les touristes en achetaient plusieurs, eux en achètent une pour leur enfant, c'est tout», constate auprès d’Europe 1 le responsable d’une boutique touristique au pied du Sacré-Cœur.

Des guides ont dû s’adapter. Si autrefois ils proposaient des visites guidés sur la butte Montmartre aux groupes bien remplis, maintenant ils font découvrir à la clientèle française les meilleures boulangeries et cafés du quartier.

«Ce n'est pas ma clientèle du tout. Moi, c'est plutôt des Américains de classe moyenne. Donc je suis juste venu bavarder, mais honnêtement, je ne vends rien», se désespère au micro d’Europe1 un peintre à Montmartre.

Face à cette situation, le pessimisme gagne du terrain. Selon les récentes estimations du Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et restauration, 70% des hôtels parisiens indépendants seront fermés au mois d’août.

Les Français redécouvrent la France

Malgré la pandémie et la situation particulièrement dégradée en Île-de-France, les autorités misent sur 50 millions de touristes étrangers en 2021, contre 35 millions l’an passé et 90 millions en 2019. Ces chiffres ont été révélés fin juillet dans une interview au Journal du dimanche par le secrétaire d'État au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne.

«Une clientèle européenne de proximité est là: Allemands, Néerlandais, Belges. En revanche, les Britanniques, comme l'été dernier, viennent moins, parce que leur gouvernement a mis en place une stricte quatorzaine à leur retour. Quelques Américains reviennent depuis juin, mais on ne reverra pas les touristes asiatiques avant 2022. Et Paris souffre encore du manque de tourisme d'affaires», constate-t-il.

En revanche, 80% des Français ont choisi la France comme destination pour les vacances cet été, souligne le secrétaire d’État. En 2020, ce taux était de 94%.

«Globalement, c’est un été qui fonctionne bien et même très bien […]. Il y a des indicateurs qui sont très intéressants», résume-t-il sur RTL le 11 août, mettant en avant le dynamisme en juillet du tourisme en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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Tags:
tourisme, Paris, hôtellerie, restauration
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