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    JO-2008 de Pékin: aucun boycott n'est à craindre (Vedomosti)

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    MOSCOU, 8 avril - RIA Novosti. Les appels à boycotter les Jeux olympiques de Pékin à cause de la répression par les autorités chinoises des troubles au Tibet n'entraîneront aucune vague de refus de participer aux JO, avance mardi le quotidien Vedomosti.

    Les Jeux olympiques sont depuis longtemps devenus un grand business dans lequel les vieux principes humanistes sont négligés. Or, même un grand business a besoin d'une bonne publicité: le mouvement olympique devra donc changer progressivement.

    La décision d'organiser les Jeux olympiques de 2008 en Chine était, sans aucun doute, partiellement politique. Mais il ne s'agissait pas tant d'essayer de pousser les autorités chinoises à mieux respecter les droits de l'homme que d'une volonté d'encourager le respect des règles du jeu internationales dans le domaine de l'économie. C'était une forme de reconnaissance vis-à-vis d'un acteur fort qui avait longtemps convoité un tel honneur. Comparé à Berlin-1936 et à Moscou-1980, Pékin-2008 est un choix beaucoup plus tolérable, à bien des égards.

    On peut espérer, bien entendu, qu'un événement comme les Jeux olympiques exercera une influence culturelle à long terme sur la société chinoise, en contribuant partiellement à la croissance des tendances démocratiques. Mais aucun "acompte" formel ne lui a été versé, et les manifestants d'aujourd'hui ont tort d'exiger son "remboursement", à cause d'un prétendu non-respect des conditions imposées.

    Dans un sens plus large, les manifestants essaient d'en appeler aux valeurs humanistes traditionnelles du mouvement olympique. Cependant, ces valeurs vont à l'encontre des objectifs non seulement politiques mais aussi et avant tout économiques des Jeux olympiques contemporains. Les JO ne sont plus depuis longtemps subordonnés au célèbre principe fondamental formulé par Pierre de Coubertin: "L'important n'est pas de gagner mais de participer". "La victoire à tout prix", tel semble être le slogan le plus convenable pour notre époque.

    Les sportifs, eux, ont aussi besoin d'une victoire à tout prix, s'étant transformés d'amateurs, chantés par Coubertin, en professionnels qui ne ménagent pas leur santé pour atteindre leur objectif. Les organisateurs et sponsors en ont également besoin. Les Jeux olympiques se sont transformés en projets d'affaires onéreux. Les JO de 2004 à Athènes ont coûté plus de six milliards de dollars. Le coût des JO-2012 de Londres a augmenté en trois ans de 4,8 à 18 milliards de dollars. La Russie espérait dépenser 12 milliards de dollars pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi, mais en dépensera finalement beaucoup plus (on ne sait pas encore combien).

    Le grand sport (et les Jeux olympiques en font partie) est depuis longtemps devenu une industrie globale du divertissement, une marchandise que le consommateur achète avec le billet d'entrée au stade ou reçoit en branchant son poste de télévision. Ces consommateurs - en premier lieu dans les pays industrialisés - sont beaucoup plus nombreux que ceux qui descendent dans la rue pour soutenir les moines tibétains.

    Cela dit, il importe de prendre en compte le fait que les consommateurs dans les pays développés aiment que tout soit légitime. Les droits du consommateur constituent pour eux une partie des droits de l'homme. Les actuelles protestations ne seront donc pas sans conséquences pour les Jeux olympiques d'aujourd'hui et de demain.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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