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    Renaissance de l’équitation en Russie

    Renaissance de l’équitation en Russie

    © Photo : Flickr.com/Dainis Matisons/cc-by
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    A la veille des JO 2014 de Sotchi une vaste campagne de promotion des différents sports d’hiver est mise en place. En effet, les bons résultats auxquels la Russie nous a habitués dans les disciplines hivernales, ne suivent malheureusement pas toujours dans celles dites « d’été ». C’est notamment le cas de l’équitation sportive. Délaissé et un peu oublié, ce sport doit reconquérir sa place dans la société russe en vue de l’Olympiade d’été 2016 de Rio de Janeiro.

    En réalité, l’équitation est complètement délaissée dans notre pays. Selon les sondages, les Russes ignorent majoritairement les termes de dressage, saut d’obstacles et concours. Néanmoins, l’équitation n’en reste pas moins une discipline olympique. Dans les années 1970, les cavaliers russes étaient mondialement connus. En l’occurrence, Elena Petouchkova a été championne du monde (en 1970 à Aix-la-Chapelle) et double médaillée d’argent aux JO (en 1968 à Mexico et en 1972 à Munich) sur sa monture « Pepel » (Cendre) en dressage individuel. Ivan Kalita est champion olympique de 1972, et Sergueï Filatov est sacré champion olympique en 1960 avec sa monture « Absent ».

    Malheureusement, il s’agit des succès passés. Lors de l’Olympiade d’été de Londres 2012 qui s’est déroulée du 28 juillet au 9 août, les cavaliers russes ont subi une grande désillusion. On pense notamment à Mikhaïl Nastenko, Andreï Korchounov et Vladimir Touganov qui se sont retrouvés relégués parmi les outsiders.

    Avec un constat aussi saisissant nous pouvons nous demander ce qui est arrivé à l’équitation russe. Où sont les entraîneurs et le financement. Et finalement, « Que faire ? »

    La dégradation de la discipline de l’équitation est consécutive aux années 1990, selon les experts. L’URSS a adopté un programme efficace visant à former de jeunes sportifs. Des écoles nationales d’équitation formaient des futurs cavaliers. De nombreux haras fournissaient le pays en merveilleux chevaux. Toutefois, vint la Perestroïka dont l’impact négatif était majeur sur de nombreuses disciplines, surtout l’équitation, avance Inessa Potouraïeva, entraîneuse de l’équipe junior de dressage. Ainsi, la réduction considérable de financement a gravement entravé le système de formation de sportifs. Lors de la crise des années 1990, les entraîneurs sont partis à l’étranger, les chevaux de bonne qualité ont été vendus pour un rien. Selon les statistiques du ministère russe de l’Agriculture, cette tendance persiste en Russie avec 393 chevaux exportés chaque année.

    Or, le rôle négatif joué par les fonctionnaires russes est également crucial dans la dégradation de l’équitation. Pauvre en médailles rapportées par nos compatriotes, ce sport olympique apparaît impopulaire et démodé. C’est la raison pour laquelle son financement public a été réduit. Résultat : aujourd’hui peu de jeunes peuvent se permettre de le pratiquer en raison des entraînements extrêmement coûteux. Pour donner un ordre d’idée, il s’agirait d’environ 2000 roubles l’heure, soit près de 45 euro (c’est le prix minimum dans les centres Izmaïlovo, Planernaïa, Grafinia, etc.), tandis que la préparation professionnelle demande plusieurs heures d’entraînement tous les jours. Qui plus est, toutes les dépenses additionnelles sont assumées par les sportifs : par exemple, il faut acheter une tenue de sport et de compétition, un cheval qu’il faut nourrir et soumettre aux examens vétérinaires réguliers, etc. Compte tenu du côté financier, le nombre de gens qui s’intéressent à l’équitation va diminuant et les fonctionnaires semblent totalement désintéressés comme si ce sport n’existait pas. La situation est inverse aux Pays-Bas, où favorisée par le gouvernement, l’équitation est un des sports les plus populaires.

    Surgit alors un autre problème lié à la sélection. Normalement, dès qu’un étalon présente des signes avant-coureurs d’un trouble mental ou d’une infection chronique d’origine génétique, il doit être émasculé. Largement pratiquée aux Pays-Bas, la sélection n’est pas respectée en Russie. Les chevaux atteints ont tendance à se mutiler entre eux, voir attaquer les hommes.

    Ces facteurs réunis, la conclusion qui s’impose est que l’équitation en Russie a besoin d’aide. Afin de résoudre ce problème d’actualité, il faut mettre en œuvre une politique efficace visant à promouvoir le sport olympique. Cette pratique mérite de regagner sa place aux yeux d’un public plus large, en attirant notamment des amateurs, des professionnels et des spectateurs.

    Dans cette dynamique, un programme télévisé « En galopant vers Rio de Janeiro » a beaucoup contribué à la popularisation de l’équitation en Russie. De nombreuses stars russes y ont participé, dont l’acteur Alexandre Nossik, le mannequin Elena Kouletskaïa, le présentateur de la radio Artchi (Artour Tsvetkov), et l’actrice Anna Azarova, etc. N’étant jamais montés à cheval, ils ont appris pendant huit mois plusieurs éléments de dressage pour se produire avec des cavaliers professionnels et des entraîneurs réputés. La présentation finale s’est déroulée le 29 août dernier à la Place rouge dans le cadre du festival international de musique militaire « Tour Spasskaïa ». Comme l’indique son nom « En galopant vers Rio de Janeiro », le programme télévisé avait pour but de promouvoir l’équitation en Russie, compte tenu de l’approche imminente de l’Olympiade 2016.

    La création de nouvelles écoles d’équitation favorisera certainement ce sport olympique. A l’heure actuelle, Moscou ne dispose que de deux écoles publiques : Bitsa et Akrom. Par ailleurs, ces centres de sport et d’équitation sont difficiles d’accès (lors des examens d’entrée, les enfants sont obligés de savoir déjà monter à cheval). Dans ce contexte, le gouvernement devrait investir dans la création et développement d’écoles publiques d’équitation afin de contribuer à la formation de futurs champions. En ce qui concerne les chevaux, il faudrait logiquement en acheter à l’étranger et mettre l’accent sur la sélection.

    Or, certaines mesures sont déjà mises en œuvre par le gouvernement. Le ministère russe de l’Agriculture a adopté en janvier 2011 le programme « Développement de la reproduction du cheval en Russie 2010 – 2013 ». Ce document vise à augmenter le cheptel équin de 13 000 à 15 500 chevaux.

    Actuellement, la Russie dispose de tout le nécessaire pour faire renaître l’équitation dans le pays. Il reste encore du temps avant l’Olympiade de Rio 2016 pour préparer notre sélection. Alors, nos compatriotes pourront se produire avec succès aux JO d’été avec leur programme individuel. T


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