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    «On a peur d’en parler»: un membre du CIO dénonce le lobby anglo-saxon au sein de l’AMA

    © AFP 2018 Marc BRAIBANT
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    La correspondance privée de l’ex-président de l’Union cycliste internationale, Hein Verbruggen, avec Thomas Bach a été rendue publique. Contre quoi ce cycliste émérite a-t-il mis en garde le président du CIO?

    Les hackers du groupe Fancy Bear ont piraté la correspondance de l'ancien membre émérite du Comité international olympique et de l'ex-président de l'Union cycliste internationale, Hein Verbruggen, avec le président du CIO Thomas Bach. Sputnik a eu l'accès à l'une de ces lettres, datée du 13 octobre 2016, dans laquelle M. Verbruggen affirme ouvertement que depuis sa création, l'Agence mondiale antidopage (AMA) promouvait les intérêts de la coalition anglo-saxonne, les activités de l'AMA et de ses dirigeants ternissant la réputation du CIO et du mouvement olympique en général.

    Dans cette lettre, Hein Verbruggen dénonce les personnes qui ne lâchent pas les rênes de l'AMA depuis 17 ans. Selon lui, ce sont Richard Pound, David Howman (respectivement, le président et le secrétaire-générale de l'Agence) et leurs prédécesseurs: John Fahey, qui n'avait «rien à voir avec la lutte contre le dopage», Craig Reedie et Olivier Niggli.

    M. Verbruggen, décédé en 2017 à cause d'une leucémie, estimait que l'AMA, crée en 1999, n'avait pas réussi à devenir une organisation respectable, étant utilisée à des fins politiques.

    «Nous le savons tous, bien que nous ayons souvent peur d'en parler, que les propos des dirigeants de l'AMA comportent parfois des déclarations antieuropéennes, et parfois dirigées contre le CIO. Les dirigeants de l'AMA nommés par le COI […] collaborent d'habitude avec un petit nombre de comités antidopage des pays de la coalition anglo-saxonne (les États-Unis, la Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, le Royaume-Uni), ainsi qu'avec des pays scandinaves», a écrit Hein Verbruggen dans cette lettre.

    Selon lui, il suffit de regarder la structure des comités de l'AMA pour trouver des preuves de ce qu'il avance: neuf comités sur onze sont dirigés par des Anglo-saxons, la moitié des membres de l'Agence appartenant à cette coalition, dix autres étant des Scandinaves.

    Hein Verbruggen est une figure importante dans l'histoire du cyclisme, ayant été en tête de l'Union cycliste internationale pendant 14 ans. Il est à noter que c'est deux scandales de dopage auxquels ont été mêlés des cyclistes qui ont donné de l'élan à l'interdiction de certains médicaments. Le premier incident a eu lieu en 1998, lors du Tour de France, lorsqu'un représentant de l'équipe Festina a été interpellé par la douane française après qu'un sac de produits dopants a été découvert dans sa voiture. Le deuxième scandale est lié aux révélations concernant le coureur cycliste américain Lance Armstrong, qui détient sept titres de vainqueur du Tour de France. M. Verbruggen a dû, lui aussi, se défendre de nombreuses accusations de l'AMA portées à son encontre.

    Quand en 2016 l'AMA a déclaré que le CIO avait besoin de changements après son refus de suspendre tous les athlètes russes des Jeux olympiques de 2016, Hein Verbruggen a indiqué que c'est l'AMA, manipulée par un groupe restreint qui avait besoin de changements. Il a adressé des lettres semblables à tous les membres du comité exécutif du CIO.

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    Tags:
    lobby, lutte antidopage, dopage, JO-2014 de Sotchi, Agence mondiale antidopage (AMA), Thomas Bach
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