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    Heurts entre supporters et police à Bilbao

    Heurts entre fans russes et basques à Bilbao: à qui la faute et quelles seront les suites?

    © AP Photo / Alvaro Barrientos
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    Les heurts récents entre supporteurs russes et basques à Bilbao ont suscité beaucoup d'émotions dans la presse espagnole qui n'a pas attendu longtemps pour en accuser les Russes. Pour comprendre ce qui s'est passé en réalité, Sputnik a réuni des témoignages et a questionné des experts au sujet de la prévention des incidents similaires.

    A la veille de la Coupe du Monde 2018 qui se tiendra en Russie cet été, chaque nouvel incident impliquant des supporteurs russes donne lieu à des spéculations sur leurs mœurs qui, selon des médias étrangers, menacent la sécurité des fans qui se rendront en Russie pour soutenir leurs équipes lors du tournoi. Ainsi, après les heurts de jeudi entre supporteurs russes et basques avant le début d'un match de la Ligue Europa à Bilbao, les médias locaux ont rapidement trouvé les coupables: les fans russes, selon eux. Sputnik a essayé de comprendre ce qui s'est passé en réalité.

    À qui la faute?

    Selon Pedro Mouriño, président du groupe espagnol Iberatlantic Global Corporation un grand amateur du football, c'étaient les Basques qui ont provoqué le conflit.

    «Il y avait un grand groupe d'antifascistes à Bilbao, c'étaient bien eux qui ont causé des problèmes à la police locale tandis que les supporteurs du Spartak ont dû se défendre», a-t-il expliqué.

    Un journaliste et un supporteur de l'Athletic Club de Bilbao, Pablo González, évoque le même groupe antifasciste.

    «C'est une question difficile, mais plusieurs organisations des fans radicaux de l'Athletic, des organisations antifasciste et l'organisation Euskal Herria avec le Donbass ont décidé que les supporteurs du Spartak avaient une idéologie fasciste et n'avaient donc pas le droit de venir dans la ville […] Outre cela, ils ont accusé des fans du Spartak de s'être battus dans le Donbass pour Kiev, tandis qu'il est parfaitement établi que c'est totalement faux», a-t-il souligné.

    Le journaliste sportif Alexander Vishnevsky, qui vit en Espagne et qui était à Bilbao au moment des heurts, propose sa version des faits.

    «Je pense que les radicaux et les Basques d'extrême-gauche ont décidé d'attaquer les fans du Spartak, et ces derniers leur ont répondu. Cependant, la plupart des Basques et des fans russes n'ont pas cherché les problèmes. Au contraire, ils voulaient seulement passer un bon moment. Je pense que c'était les radicaux qui cherchaient la confrontation», explique le journaliste.

    La réaction de la police

    La police locale est responsable d'une certaine manière de ce qui s'est passé, car elle n'a pas pu empêcher le conflit, estime le supporteur russe Andreï Koléda.

    «Après le match, nous avons dû attendre longtemps dans le stade parce que la police a prétendu qu'elle ne pouvait pas garantir notre sécurité. En Russie, la situation est cardinalement différente, même lors des rencontres à haut risque entre le Spartak et le CSKA, la police minimise les risques d'affrontement à proximité du stade avant et après les rencontres», a-t-il déclaré. 

    En même temps, Sara Zuriaga Sanchez, dans un commentaire sur une vidéo des heurts publiée par le quotidien El Mundo, estime que la police locale a fait tout son possible pour protéger les supporteurs russes contre les radicaux.

    «Les fans russes étaient accompagnés de huit fourgons de police et en général de toutes les forces présentes à San Mamés [le stade à Bilbao, ndlr]. Une heure avant le match, la police a confisqué aux représentants de Herri Norte Taldea [un groupe des radicaux d'extrême-gauche], des pétards, des barres de fer, du haschich et des pierres. Malgré cela, Il ont attaqué la police et les Russes», a-t-elle indiqué.

    Comment éviter les situations similaires?

    Pour Pablo González, le moyen le plus efficace pour empêcher la survenue d'incidents comme celui de Bilbao est d'interdire aux supporteurs à la mauvaise réputation d'assister aux grands tournois comme la Coupe du Monde. 

    «Les clubs doivent arrêter de soutenir les radicaux dans les rangs des supporters et les autorités doivent dresser des listes de ces personnes pour qu'elles ne puissent pas obtenir de visa et aller à l'étranger parce que c'est là qu'elles se comportent le plus mal», a-t-il souligné.

    La Coupe du Monde sera-t-elle affectée par l'incident à Bilbao?

    Le rédacteur en chef de la revue sportive Sovetsky sport Nikolay Yaremenko a souligné que les forces russes de la sécurité savent contrôler les radicaux qui pourraient provoquer des conflits lors la Coupe du Monde.

    «Tous les groupes de fans sont étroitement contrôlés par le FSB [le Service fédéral de sécurité de Russie, ndlr.] donc, en Russie tout sera calme. Il n'y aura pas d'incidents. Mais cela [l'incident à Bilbao, ndlr] influencera la décision des gens de venir ici. Il est déjà clair que de nombreux pays n'ont pas rempli de quotas des billets pour les matchs», a-t-il déclaré.

    Malgré cela, des médias occidentaux, souligne M. Yaremenko, continuent à affirmer que les Russes ont déjà gâché le Championnat d'Europe de football 2016 et que les Jeux Olympiques ont profité de l'absence de certains sportif russes. C'est pourquoi, il n'est pas exclu que des fans russes aient interdiction de se rendre à l'étranger et que les sportifs russes ne soient pas autorisés à participer aux tournois européens, a-t-il ajouté.

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    Tags:
    football, Mondial 2018, Espagne, Russie
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