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    Le football et l'argent (image d'illustration)

    Dopage financier du PSG, Mondial 2022, Sarkozy, le Qatar: révélations des Football Leaks

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    La deuxième saison des révélations des Football Leaks, qui commence deux ans après la publication d’informations mettant à mal de nombreux acteurs du football, s’annonce pire que la première: les combines de l’UEFA qui aurait couvert le dopage financier du PSG, le pacte secret présumé de Sarkozy avec le Qatar…

    Le PSG «a triché» pour se faire une place parmi les grands clubs d’Europe, le Qatar «a injecté 1,8 milliard d’euros dans le PSG de façon largement frauduleuse» et Michel Platini et Gianni Infantino «ont aidé à masquer la supercherie», a affirmé vendredi le site Mediapart.

    Les clubs PSG et Manchester City et le dopage financier

    «Depuis son rachat du PSG en 2011, le Qatar y a injecté 1,8 milliard d’euros, dont 1,35 milliard via des contrats de sponsoring surévalués et le solde via des avances d'actionnaire. Soit plus de 11 ans de dépenses de l’Olympique de Marseille (OM), ou encore 34 ans de budget d’un club comme Montpellier. C’est le deuxième plus gros cas de dopage financier depuis l’introduction des règles interdisant cette pratique, juste derrière Manchester City», a noté le site Mediapart ouvrant la deuxième saison des révélations des Football Leaks.

    Il s’agit d’une fuite de millions de documents confidentiels traités par le réseau d’une douzaine de médias européens, European Investigative Collaborations (EIC) depuis 2016.

    Le «dopage financier» est formellement interdit au sein de l’UEFA depuis la réforme lancée en 2010 par Michel Platini et imposant le fair-play financier (FPF), un équilibre des recettes et des dépenses et un déficit limité à 30 millions d’euros.

    Selon les règles de l’UEFA, un club engagé en compétition européenne n’a pas le droit de dépenser plus que ce qu’il ne gagne en propre, au risque d’être exclu des compétitions. Le FPF a pour objectif de contrôler l’inflation des transferts et des salaires des joueurs, ainsi que «d'empêcher les émirs, oligarques et autres milliardaires de fausser les compétitions en subventionnant les clubs à fonds perdu», note Mediapart.

    Or, le champion de France en titre et Manchester City ont reçu des millions d’euros de leurs sponsors au Proche-Orient entre 2011 et 2013, recrutant massivement des stars du football et leur offrant des salaires impressionnants.

    Aux termes d’un contrat de «promotion de l’image du Qatar» signé avec la Qatar Tourism Authority (QTA), contrôlée par le gouvernement de l’émirat, le club parisien devait recevoir «1,075 milliard d’euros sur cinq saisons, soit 215 millions annuels en moyenne: 100 millions la première saison, jusqu’à 250 millions ensuite». À l’époque, la totalité des revenus de sponsoring du PSG s’élevaient à 24 millions d’euros.

    Toutefois l’agence Repucom, qui devait mesurer l’impact publicitaire obtenu par la QTA, a chiffré sa valeur à 123.000 euros par an, soit 1.750 fois moins que le montant du contrat. L’agence Octagon, l’une des plus réputées au monde, a pour sa part divisé la valeur du contrat par 77, à 2,78 millions d’euros par an.

    Le déficit du club Manchester City, propriété du demi-frère du cheikh d’Abou Dhabi, s’est quant à lui chiffré à 233 millions, presque cinq fois plus que la limite autorisée.

    Michel Platini, alors président de l’UEFA, et Gianni Infantino, son secrétaire général, auraient été au courant de la situation, d’après Mediapart. Ils auraient tenu plusieurs rencontres avec les dirigeants des clubs, discuté des détails confidentiels et proposé des compromis. Les clubs ont finalement pu s’en tirer. En mai 2014, les deux clubs sont parvenus à des accords avec l’UEFA, écopant d’amendes de seulement 20 millions d’euros.

    Dans un communiqué publié par des médias, Michel Platini a déclaré vendredi soir qu’il avait «toujours affirmé que le fair-play financier n’avait pas vocation à tuer ou à asphyxier financièrement les clubs».

    Sarkozy et le Mondial 2022 au Qatar

    D’après les documents Football Leaks, l'ancien Président français Nicolas Sarkozy, grand supporteur du PSG, aurait été, d'une part, le médiateur entre le Qatar et les anciens propriétaires du PSG pour le rachat du club en 2011 et, d'autre part, entre le Qatar et l'UEFA, via Michel Platini, afin de permettre au Qatar de décrocher l'organisation du Mondial en 2022.

    Selon Mediapart, en novembre 2010, neuf jours avant le vote pour l’attribution du Mondial, M.Sarkozy aurait proposé, lors d’un déjeuner, à Tamim ben Hamad Al-Thani, alors prince héritier du Qatar et actuel émir, de racheter le club parisien, alors déficitaire, et de créer une chaîne sportive en France pour pouvoir accueillir la Coupe du Monde. Michel Platini et Sébastien Bazin, représentant du fonds Colony qui voulait vendre le PSG, auraient été présents à cette rencontre, d’après des enquêtes de So Foot et France Football citées par Mediapart.

    La fondation qatarie a acheté 70% des parts du PSG le 31 mai 2011 et la chaîne BeIN Sports a commencé à émettre en France le 1er juin 2012.

    Les nouvelles révélations publiées par Mediapart sont le résultat d’analyse d’environ 18,6 millions de documents confidentiels, soit plus de 1,9 téraoctet de données, sur des contrats, des transferts, des commissions et l'évasion fiscale dans le monde du football divulgués à partir du 2 décembre 2016. Selon Mediapart, il s'agit de la «plus grande fuite d’informations de l’histoire du sport».

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    Tags:
    Football Leaks, fair-play financier, fraude, football, Qatar Tourism Authority (QTA), European Investigative Collaborations (EIC), Mediapart, Manchester City, PSG, UEFA, Tamim ben Hamad Al-Thani, Gianni Infantino, Michel Platini, Nicolas Sarkozy, France
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