Ecoutez Radio Sputnik
    Les Bleus sont devenus champions du monde de football

    Maillot deux étoiles des Bleus introuvable: échec industriel ou choix délibéré?

    © Sputnik . Ramil Sitdikov
    Sports
    URL courte
    7010

    Attendu comme le meilleur cadeau de Noël 2018, le maillot de l’équipe de France avec deux étoiles aurait dû être livré à des centaines de milliers de supporters des Bleus. Cependant, suite à des problèmes de l’équipementier Nike sur lesquels a enquêté le Journal du dimanche, la tenue ne serait livrée que maintenant en quantité limitée.

    Le nouveau maillot deux étoiles des champions du monde devrait être présent en abondance sur le marché après la victoire de l'équipe de France pour ravir ses supporters. La tenue, annoncée comme un best-seller pour la période des fêtes de fin d'année 2018, est toujours presque introuvable. Le modèle adulte (de 85 à 140 euros) reste indisponible, alors que quelques exemplaires du maillot junior à 70 euros sont récemment arrivés à la Fédération française de football (FFF), lit-on dans une enquête du Journal du dimanche (JDD), publiée le 23 mars.

    Selon les sources de l'hebdomadaire, 160.000 maillots deux étoiles ont été vendus depuis l'été dernier, ce qui est assez peu par rapport aux 600.000 unités étoilées produites par Adidas et livrées pendant les six mois suivant le triomphe des Bleus en 1998.

    La nouvelle tenue deux étoiles a été annoncée par la FFF et Nike il y a un an. Son design (petit bouton au col, drapeau dans le cou, nuance graphique sur les manches) a été approuvé par Didier Deschamps. Juste après la victoire des Bleus, le 15 juillet au soir, une vague d'acheteurs a vidé le stock de maillots sur nike.com. L'entreprise a indiqué à l'époque que la tunique «sera disponible en magasin mi-août [2018, ndlr]». Ensuite, seules 30.000 unités ont été livrées.

    À défaut de tenues même pour les Bleus, la FFF demande à une société de flocage de broder une deuxième étoile. L'équipe de France a ainsi joué quelques matchs vêtue de faux maillots deux étoiles, affirme le Journal du dimanche.

    Noël Le Graët, président de la FFF, s'exprime à ce sujet: «On ne peut pas être agacé quand on a un partenaire qui représente 50% de votre budget commercial», en qualifiant Nike d'idéal pour la Fédération française de football. «Je pense qu'ils [Nike, ndlr] ont fait le maximum. Cela dit, pour nous c'est un peu dommage, au regard de l'envie de nos supporters plus que d'un point de vue financier. Ça va se rétablir, les livraisons vont se faire petit à petit», a-t-il ajouté.

    Selon la source, les stocks seront réapprovisionnés dans les jours qui viennent, mais Nike ne produira pas plus de 160.000 maillots d'ici au mois de septembre. L'équipementier explique ce nombre insuffisant des maillons produits par des problèmes d'approvisionnement en matières premières. De plus, le processus de production d'une tunique s'avère assez long et sophistiqué, il faut compter trois à quatre mois (le transport en bateau depuis l'Asie étant non inclus).

    Nike a une approche différente des autres géants équipementiers, déclare le Journal du dimanche. Ses usines fabriquant ses maillons de sport haut de gamme sont situées en Thaïlande. Le travail des ouvriers est mieux payé (200 à 250 euros par mois) que celui des vietnamiens ou les cambodgiens. Néanmoins, les salaires des ouvriers représentent 1% du prix d'un maillot.

    «Nike a sans doute fait des efforts éthiques que d'autres entreprises ne font pas car elles n'ont jamais été attrapées. Elle s'affiche comme une entreprise militante qui a des responsabilités citoyennes», a déclaré l'économiste Sylvie Matelly, directrice adjointe de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), citée par le JDD.

    La livraison retardée des maillots après le deuxième triomphe des Bleus peut être une démarche volontaire de l'équipementier, a annoncé Virgile Caillet, directeur général de l'Union Sport&Cycle, parce que «la France n'est pas une nation qui s'exporte. Pour Nike, le maillot bleu, c'est le marché français». «Si le Brésil avait gagné, il y aurait eu des maillots six étoiles partout. Nike est une machine de guerre. Ils ne sont pas devenus mauvais d'un coup. Ce n'est pas un accident industriel, c'est un choix», a-t-il souligné.

    En attendant les maillots de qualité, un acheteur potentiel peut se tourner vers le marché de contrefaçon qui fonctionne bel et bien, a affirmé le Journal du dimanche. Michael Tapiro, expert en sport business, a déclaré: «Nike se montre froid, sans panache. Genre: la France n'est pas un territoire stratégique, on s'en fout un peu. S'ils avaient vraiment voulu, ils auraient trouvé un moyen, quitte à faire moins de marge. Au lieu de ça, ils ont laissé le champ libre à la contrefaçon». Autour de 300.000 maillots pour des prix de 8 à 30 euros auraient été distribués via des sites asiatiques spécialisés, selon la source.

    Lire aussi:

    L’Onu dit détenir des preuves de l’implication du prince héritier saoudien dans le meurtre de Khashoggi
    Para bellum: un ultimatum de Washington à l’Iran révélé
    Trump croit savoir qui a en réalité organisé les attentats du 11 septembre
    Tags:
    victoire, championnat, enquête, livraisons, football, Mondial 2018, Fédération française de football (FFF), Journal du dimanche (JDD), Nike, IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), Didier Deschamps, France
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik