Championnat d'Europe de football
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Avant la finale Italie-Angleterre ce soir qui clôturera cet Euro 2020, Sputnik revient sur les prestations des participants à cette compétition qui restera dans les annales à plus d’un titre.

Les satisfactions et les surprises

Tout d’abord, il faut saluer l’excellente prestation de l’Italie qui est parvenue à se hisser jusqu’en finale. Avec une série incroyable de 33 matchs sans défaite, la Squadra Azzurra est parvenue à rebondir après son incroyable non-qualification pour la Coupe du monde 2018, une première depuis 1958, et surtout un traumatisme dans un pays où le football est considéré comme une religion. Ce retour en force de la sélection transalpine s’explique par le renouvellement des cadres et l’intégration de jeunes joueurs qui se sont révélés, comme le Napolitain Insigne. Les joueurs auront à cœur de gagner pour leur coéquipier Spinazzola qui s’est blessé contre la Belgique en quart de finale.

Cet éloge vaut également pour l’Angleterre qui s’est hissée pour la première fois de son histoire en finale d’une compétition européenne. Les Three Lions se sont illustrés durant l’Euro avec cette statistique incroyable d’un but encaissé tous matchs confondus. Il faut ajouter à cela l’apport d’Harry Kane qui a réalisé des prestations éclatantes, inscrivant quatre buts en six rencontres. Il a déjà annoncé sa volonté de «finir le boulot» à la maison dans l’antre mythique de Wembley. Les Italiens sont prévenus: les Anglais ne comptent pas laisser passer leur chance à domicile, ce qu’ils n’ont pu réaliser lors de l’Euro 1996 en Angleterre, lorsqu’ils ont échoué aux portes de la finale.

On retiendra également la prestation du Danemark qui a atteint les demi-finales après un superbe parcours. L’accident cardiaque de Christian Eriksen a donné un supplément d’âme à cette équipe qui s’est illustrée en éliminant la Russie, les Pays de Galles de Gareth Bale et la République tchèque. La prestation remarquable de Kasper Schmeichel dans les buts est non sans rappeler celle de son père Peter en 1992, année où les Danois l’ont emporté. Il faut aussi saluer l’apport de joueurs comme Damsgaard, que la Sampdoria de Gênes essaie désormais de conserver face aux nombreuses sollicitations.

Autre surprise de cet Euro: l’Ukraine qui est arrivée jusqu’en quart de finale de l’Euro, faisant aussi bien que lors de la Coupe du monde 2006 quand ils se sont inclinés contre l’Italie (0-3). Un beau parcours qui peut s’expliquer par la présence de la légende Andriy Chevtchenko sur le banc, mais surtout par une nouvelle génération de joueurs comme Oleksandr Zinchenko qui s’est révélé à Oufa dans le championnat russe en 2016 avant de partir à Manchester City, Roman Yaremchuk dont les prestations durant cet Euro devraient l’emmener vers d’autres horizons que le championnat belge et son club de La Gantoise, mais aussi le gardien Georgiy Bushchan qui s’est distingué par ses nombreux arrêts. Ajoutez à cela la présence d’anciens cadres comme Yarmolenko et vous obtenez logiquement des résultats intéressants.

Enfin, la performance de la Suisse est également à mettre en lumière car elle s’est hissée à la surprise générale en quart de finale de l’Euro, une première pour cette sélection. La Nati n’avait pourtant pas été flamboyante en phase de poule, terminant 3e de son groupe et se qualifiant grâce à la règle des meilleurs à ce rang, règle introduite lors de l’Euro 2016. Le match contre la France restera dans les annales puisqu’ils ont réussi une véritable remontada après avoir été menés 3-1 pour finalement arraché une séance de tirs au but qui s’avérera fatale à l’équipe de France. Les héros se nomment Sommer, dont l’arrêt victorieux à longtemps suscité la polémique côté Français, Gavranovic et Seferovic. Cependant, ils n’ont su réitérer leur performance en quart de finale face à l’Espagne bien qu’ils soient une nouvelle fois parvenus à arracher une séance de tirs au but grâce à leur star Shaqiri.

Les déceptions

Côté flops, impossible de ne pas évoquer la prestation de la France. Avec le statut de favori, les Bleus étaient attendus et ont fini par décevoir. Tout avait pourtant bien commencé avec une victoire remarquable contre l’Allemagne avant une prestation insipide contre la Hongrie qui s’est conclue par match nul. Si la rencontre contre le Portugal s’est soldée par un nul correct (2-2), la France a vu son parcours s’arrêter, à la surprise générale, contre la Suisse en huitièmes de finale après tirs au but alors que la France menait (3-1) à 10 minutes de la fin du temps réglementaire. Sans évoquer le conflit entre les familles Rabiot et Pogba pendant le match. La France est-elle en train de retomber dans ses travers de 2010? Seul l’avenir nous le dira.

Après son incroyable parcours à la Coupe du monde 2018, la Russie était attendue lors de cet Euro. Malheureusement, de l’eau a coulé sous les ponts et les cadres vieillissants de la Sbornaïa sont partis. Sans la légende Igor Akinfeev dans les buts, difficile de répéter une telle épopée. Si la défaite contre la Belgique peut sembler logique sur le papier, celle contre le Danemark est bien plus surprenante. Malgré tout, le jeune Igor Diveev s’est illustré en défense. Des rumeurs l’envoient d’ailleurs à Bologne, en Serie A (championnat italien).

L’Allemagne a également déçu durant cette compétition. L’équipe de Joachim Löw n’a jamais su véritablement s’affirmer malgré des matchs corrects. La défaite contre la France est une contre-performance d’autant plus que le but contre son camp encaissé ne récompense pas un match solide. On a cru voir les Allemands se relancer après leur prestation spectaculaire contre le Portugal (4-2). Mais voilà, ce manque de réussite s’est remarqué lors de l’élimination en huitième de finale contre l’Angleterre, lorsque les joueurs de la Mannschaft, dominateurs, ont fini par s’incliner (2-0) en fin de match. Dominer n’est pas toujours gagner.

Autre déception de cet Euro 2020: la Croatie. Finaliste surprise de la Coupe du monde 2018, on attendait beaucoup de la sélection croate. Malheureusement pour eux, ils sont tombés face à l’Espagne en huitième de finale et se sont inclinés (3-5) après prolongation. Il faut dire que leur parcours en phase de groupe n’a pas été flamboyant. Après une défaite (0-1) contre l’Angleterre, ils n’ont pas su se départager avec la République tchèque (1-1). Si la victoire contre l’Écosse semble logique, la prolongation contre l’Espagne en huitième de finale a été arrachée après avoir été menés (1-3). Ajoutez à cela la prestation fantomatique de la star Lucas Modric et l’élimination de la Croatie ne vous surprendra pas.

Quoi qu’il advienne ce soir, nous aurons un beau vainqueur et un beau vaincu. Que le meilleur gagne!

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Tags:
Italie, Angleterre, football, Euro 2020
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