Moscou refuse d'accepter l'enchérissement du projet Sakhaline II (ministre)

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MOSCOU, 12 décembre - RIA Novosti. La Russie refuse d'accepter l'enchérissement du projet énergétique Sakhaline II, a déclaré mardi le ministre russe de l'Industrie et de l'Energie Viktor Khristenko.

Lors d'une conférence de presse mardi à RIA Novosti, il a estimé que le doublement de son coût entraînerait une perte de plusieurs milliards de dollars pour le budget fédéral et repousserait de deux à trois ans, en fonction de la dynamique des cours pétroliers, l'obtention de bénéfices.

Selon lui, il s'agit d'augmenter de 11 milliards de dollars les frais dans le cadre de ce projet. "Nous ne pouvons pas y consentir", a souligné le ministre.

Le ministre a espéré toutefois que la décision sur le projet Sakhaline II serait prise au premier trimestre 2007.

M. Khristenko a annoncé avoir débattu vendredi dernier avec le président de Shell (Shell détient 55% dans le projet Sakhaline II) du problème de cet enchérissement. "Nous sommes en train de rechercher une solution qui, d'une part, n'arrêtera pas le projet et n'apportera pas de risques supplémentaires et de l'autre, permettra à la Russie de ne pas perdre son intérêt (pour ce projet)", a-t-il expliqué.

"Dans une certaine mesure, nos consultations et nos rencontres de travail avec les dirigeants de Shell ont été consacrés à ces aspects, à savoir comment trouver, dans le cadre de l'accord existant, les mécanismes qui permettent d'exclure l'extension des risques commerciaux aux revenus de la Russie et qui permettent à l'investisseur d'avoir une approche correcte de la réalisation ultérieure du projet", a indiqué M. Khristenko.

Il y a des facteurs objectifs pour que le projet de 1994 devienne plus cher, a avoué le ministre russe. "Depuis, non seulement le pétrole, mais aussi le métal et même les billets d'avion sont devenus plus cher. Bien des choses ont changé en douze ans. Tout compte fait, les accords de ce genre sont signés pour répartir les risques", a noté le ministre.

Selon lui, les risques commerciaux doivent être assumés par l'opérateur du projet, alors que l'Etat russe, de son côté, doit garantir une législation stable et un contexte favorable. "Voilà pourquoi nous voudrions partager équitablement les risques dans cette nouvelle situation", rejetant les tentatives pour "amener la Russie à en assumer la totalité", a-t-il ajouté.

De même, le ministre a constaté que les Accords sur le partage de la production, signés dans les années 1990, ont contribué à perfectionner la législation fiscale russe et le régime d'utilisation du sol. "Mais, sans aucun doute, ces accords n'auraient jamais été signés à ces conditions-là", a rappelé M. Khristenko.

Rencontrant le 21 octobre à Lahti, Finlande, les leaders de l'Union européenne, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que le problème de Sakhaline II n'était pas lié qu'à l'écologie et que la solution pouvait être trouvée à la table des négociations.

"Outre la nécessité de remplir des exigences écologiques, il y a d'autres problèmes dans le cadre de Sakhaline II : nos partenaires veulent doubler leurs frais d'exploitation", a noté le président russe.

"Qu'est-ce que cela signifie pour la Russie ? En vertu de l'Accord sur le partage de la production, nous n'obtiendrons pas de revenus avant l'amortissement de la totalité des frais. Aujourd'hui, nous n'obtenons rien, même si le pétrole est produit (dans le cadre de ce projet) depuis plusieurs années déjà. Et si nos partenaires doublent leurs dépenses, nous n'obtiendrons rien encore pendant des années", a alors indiqué le président.

L'Accord sur le partage de la production sur le projet Sakhaline 2 a été signé le 22 juin 1994. La Russie y est représentée par le gouvernement fédéral et la région de Sakhaline. L'anglo-hollandais Royal Dutch/Shell (55%), les japonais Mitsui (25%) et Mitsubishi (20%) sont les principaux actionnaires de l'opérateur du projet, Sakhalin Energy.

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