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LA CONTINUITE DES RELATIONS RUSSO-FRANCAISES

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Il y a 16 ans, le 7 février 1992, les présidents russe et français signaient à Paris le Traité entre la Russie et la France. Analysant la portée de ce document pour les relations bilatérales, notre observateur Valentin Dvinine écrit.
Il y a 16 ans, le 7 février 1992, les présidents russe et français signaient à Paris le Traité entre la Russie et la France. Analysant la portée de ce document pour les relations bilatérales, notre observateur Valentin Dvinine écrit.
Paris et Moscou avaient toujours entretenu de bons rapports. La Russie nouvelle, qui a pris la succession de l’URSS dans l’arène internationale, a conservé tous les éléments positifs qui ont été accumulés dans les relations soviéto-françaises. Cependant, le Traité a été conclu dans une situation historique nouvelle, quand la guerre froide, qui avait jadis divisé l’Europe en groupes opposés, a pris fin et quand les barrières idéologiques, ayant alimenté la confrontation, sont tombées. Les conditions géopolitiques nouvelles ont élargi les possibilités de coopération entre la France et la Russie, ce qui a trouvé son expression dans le Traité.
Dans le Préambule de ce document, les parties ont déclaré leur désir de « conférer à leurs relations une qualité nouvelle, se basant sur leur attachement aux valeurs de liberté, de démocratie, de justice et de solidarité qui leur sont communes ». Ce désir, poursuit notre observateur, a non seulement été proclamé, mais il s’est également traduit par des formes concrètes de coopération constructive, aussi bien dans les relations bilatérales, que dans la politique internationale.
« La qualité nouvelle » des rapports entre la France et la Russie s’est surtout manifestée dans leur approche de la sauvegarde de la sécurité en Europe. Les alliances précédentes entre nos pays étaient dirigées avant tout contre la menace émanant de l’Allemagne militariste. Aujourd’hui, cette menace n’existe plus. Et l’article 4 du Traité stipule « La Russie et la France unissent leurs efforts en vue d’établir entre tous les Etats européens des relations de sécurité d’une nature nouvelle et d’édifier une Europe pacifique et solidaire ». La coopération étroite entre Paris et Moscou a permis d’entamer la construction d’une architecture nouvelle de sécurité européenne, y compris sur les axes Russie-OTAN et Russie- UE.
Le Traité de 1992 a également permis d’établir « une qualité nouvelle » dans les relations bilatérales, surtout militaires, qui ont largement dépassé de nos jours le cadre initialement défini. L’article 9 du Traité envisageait le développement et l’approfondissement des rapports dans ce domaine, allant jusqu’aux « échanges de vues sur leurs concepts de défense et d’organisation de leurs forces ». De nos jours, le niveau de coopération russo-française en matière de défense est défini par la tenue de manœuvres navales conjointes avec la participation de sous-marins nucléaires. Les derniers exercices de ce genre ont eu lieu en Méditerranée lundi, 4 février.
Il est clair, poursuit Valentin Dvinine, que cela envisage un niveau élevé de confiance réciproque, qualité qui distingue les rapports entre la France et la Russie dans d’autres domaines également, qu’il s’agisse de l’économie ou de la politique étrangère. Dans le premier cas, on peut citer les progrès de la coopération dans les hautes technologies, l’aéronautique civile et militaire et, naturellement, l’Espace.
La coopération dans l’arène internationale n’exclut évidemment pas les différences d’approches envers telles ou telle questions. Par exemple, Moscou et Paris voient différemment les moyens du règlement dans le territoire serbe du Kosovo. Mais les deux pays constatent la similitude de leurs positions vis-à-vis des objectifs principaux – la sauvegarde de la paix et de la stabilité sur la planète, ce qui impose la nécessité de conjuguer les efforts dans la lutte contre les menaces et défis nouveaux du XXIe siècle, tout d’abord contre le terrorisme international.
Quel en est donc le rôle du Traité entre la Russie et la France, signé il y a 16 ans ? A mon avis, écrit notre observateur, ce rôle est prioritaire. Il est devenu un facteur de stabilisation des relations bilatérales, assurant leur continuité, indépendamment de la personne qui se trouve à la tête de l’Etat.
Le 7 février 1992, le Traité a été signé par François Mitterrand du côté français et Boris Eltsine, du côté russe. Ces deux hommes ont non seulement quitté la scène politique, mais ils ont cessé d’être. Cependant, lorsque le socialiste Mitterrand a été remplacé à l’Elysée par le centriste de droite Jacques Chirac, et Vladimir Poutine est devenu le N 1 au Kremlin, la nature des rapports russo-français n’a pas changé. Au contraire : ils ont reçu une nouvelle impulsion positive.
D’aucuns disaient en Occident que les relations entre Paris et Moscou allaient se dégrader si Nicolas Sarkozy est élu à la présidence de France. Mais les pronostics des sceptiques ne se sont pas réalisés. Dès leur première rencontre en été dernier au sommet du G 8 dans la station balnéaire allemande de Heiligendamm Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine ont confirmé le caractère privilégié des rapports de partenariat entre leurs pays. Et en octobre 2OO7 le nouveau président français a accompli une visite à Moscou. Les accords, qui y ont été signés, ouvrent des perspectives nouvelles au développement de la coopération bilatérale dans l’intérêt de nos peuples et dans celui du renforcement de la paix et de la sécurité dans le monde.
Aussi, ne serait-il pas exagéré de dire que le Traité entre la Russie et la France, signé en 1992, est devenu un jalon important dans l’histoire contemporaine des relations bilatérales
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