Seoul et Washington font monter la tension en Asie du Sud-Est

Seoul et Washington font monter la tension en Asie du Sud-Est
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La tension continue à monter en Asie du Sud-Est. C'est pour la deuxième fois depuis trois mois, les 5 -9 septembre, que Séoul et Washington mettent au point de tactique de détection et de destruction des cibles marines nord-coréennes. Pyongyang a qualifié ces exercices d'une grave provocation militaire.

La tension continue à monter en Asie du Sud-Est. C'est pour la deuxième fois depuis trois mois, les 5 -9 septembre, que Séoul et Washington mettent au point de tactique de détection et de destruction des cibles marines nord-coréennes. Pyongyang a qualifié ces exercices d'une grave provocation militaire. Pékin estime pour sa part qu'il s'agit d'un défi grossier qui déstabilise la situation dans la région.

La Corée du Sud et les États-Unis font une démonstration de force à l'encontre de la Corée du Nord en réponse  à l'incident de la frégate Cheonan. Ils accusent Pyongyang d'avoir  fait couler le navire  mais celui-ci s'en défend catégoriquement et demande une enquête indépendante pour mettre en évidence les causes de la tragédie. En juillet ils ont concentré en mer Jaune une vingtaine de bâtiments dont le porte-avion nucléaire américain George Washington ainsi que 200 avions et hélicoptères pour détruire les bâtiments de l'adversaire conventionnel en mer Jaune. Cette fois 6 destroyers équipés de missiles s'appliqueront à détruire le sous-marin qui appartiendrait à la Corée du Nord. Ils seront appuyés par des frégates rapides et des avions spécialisés dans les missions anti-sous-marines.

Les exercices communs programmés par la Corée du Sud et les États-Unis ont mis en colère la Chine. En effet, les activités militaires du Pentagone dans la région d'Asie et du Pacifique ont connu une véritable multiplication en août dernier.  Les États-Unis ont lancé trois manœuvres avec la participation de la Corée du Sud, du Japon, d'Australie, de Singapour et du Vietnam. Ils ont déjà annoncé la tenue des exercices marins  américano-japonais en décembre prochain  qui se présentent comme une répétition de la défense des îles  Senkau (Diaoujidao en chinois) dans la partie est de la mer de Chine qui sont revendiquées par la Chine.

Le gouvernement chinois avait déjà eu une réaction très vive à la tentative de la secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton de s'ingérer dans le litige très anciens qui oppose la Chine et à ses voisins en ce qui concerne la souveraineté des autres îles situées dans la partie sud de la mer de Chine. Au forum des pays de l'ASEAN qui s'et tenu en juillet à Hanoi, Pékin a fait comprendre que les intérêts nationaux des États-Unis  consistaient plutôt à jouer le rôle de médiateur dans le règlement des litiges qui portent sur environ 200 îles et atolls dont la souveraineté est revendiquée par la Chine, le Vietnam, le Brunei, la Malaisie, l'Indonésie, les Philippines et Taiwan.

Il est évident qu'il s'agit là des tentatives de contrer la Chine en réponse au renforcement de ses positions. Voici ce qu'en pense Evgueni Bajanov, adjoint au recteur de l'académie diplomatique du MAE russe.

La Chine gagne en puissance alors que les États-Unis ont l'habitude  de jouer le rôle d'hégémon, surtout dans la région d'Asie et du Pacifique. Historiquement, les Américains y dominaient dans les années 1950-1960 et avaient pour alliés la plupart des pays de la région  dont la Corée du Sud, certains pays d'ASEAN plus l'Australie et la Nouvelle Zélande. Désormais ils sont confrontés à un nouveau géant qui défie l'hégémonie américaine. Il va de soi que cette situation suscite l'irritation et les craintes de la part de Washington qui cherche à contrer la Chine. Il n'y a pas que l'économie chinoise qui monte en puissance mais encore ses forces armées, ce qui fait que la Chine s'impose de plus en plus énergiquement dans tous les débats politiques et litiges propres à la région d'Asie et du Pacifique.

 La Chine voudrait aujourd'hui que les États-Unis passent par elle pour rendre la Corée du Nord plus accommodante dans le domaine nucléaire. Pékin l'a fait plus d'une fois compte tenu de ses relations privilégiées avec Pyongyang. Certes, il est visiblement mécontent de la position nord-coréenne dans la question du règlement du problème nucléaire de la péninsule coréenne. Cependant, la Chine joue le rôle de protecteur s'agissant de Pyongyang ce qui veut dire qu'il ne l'abandonnera pas face aux menaces d'emploi de la force et aux tentatives de renverser le régime nord-coréen. Il est évident que la Chine veut empêcher que les intérêts nord-coréens pâtissent des exercices navals américano sud-coréens.

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