La fusée nord-coréenne sème le trouble entre Washington et Pyongyang

© Photo: EPALa fusée nord-coréenne sème le trouble entre Washington et Pyongyang
La fusée nord-coréenne sème le trouble entre Washington et Pyongyang - Sputnik Afrique
S'abonner
La Corée du Nord vient d’annoncer son retrait de l’accord avec les Etats-Unis, accusant ces derniers de la violation des accords bilatéraux. Pyongyang a levé le moratoire sur les tests des missiles et les essais nucléaires. Il a été introduit le 29 février en échange de l'aide alimentaire américaine et une promesse de Washington de ne pas mener une politique hostile par rapport à la Corée du Nord.

La livraison de l’aide humanitaire n’a même pas eu le temps de commencer. Les États-Unis ont changé d’avis sur cette question, en punissant la Corée du Nord pour le lancement de la fusée avec le satellite, que les Américains interprètent comme un test d'un missile balistique. Les tentatives de former tout un front de soutien à ce sujet ont été interprétées par Pyongyang comme la poursuite des hostilités, et en réponse, la RDPC a levé le moratoire sur les tests des missiles et les essais nucléaires. Pour l’analyste du Centre des études coréennes de l’Institut de l’économie de l’Académie russe des Sciences Gueorgui Toloraï, cela a été une surprise.

« L’évolution des événements est prévisible, et les experts ont déjà prédit qu’il en serait ainsi », explique-t-il. « On pourrait s’attendre à un troisième test de l’armement nucléaire en Corée du Nord, ce qui risque de compliquer la situation dans cette région. Un bien triste bilan pour cet épisode malheureux avec le lancement du satellite, qui est en soi ne représentait aucune menace particulière ».

Les pronostics négatifs auraient effectivement une raison d’exister. Pyongyang a annoncé mardi, qu’il compte poursuivre le développement des technologies des missiles et nucléaires avec un but final – mettre le satellite sur l’orbite. Cette décision a été prise malgré le fait que le Conseil de Sécurité de l’ONU a critiqué le lancement du satellite, constatant que le programme nucléaire de la RDPC viole ses recommandations. Ces recommandations ont été cependant faites sous forme d’une déclaration du président, et non pas sous forme d’une résolution contraignante. Il est possible que cela a également incité Pyongyang à durcir le ton et reprendre la position sans compromis d’autrefois. Ce ton est d’ailleurs inhérent à la rhétorique de la Corée du Nord, estime l'analyste Dmitri Mosiakov.

« Tout ce qui se passe autour de l’accord entre les Etats-Unis et la RDPC depuis le 29 février me rappelle la suite de ce qui avait déjà lieu auparavant », explique-t-il. « Après un certain temps, nous allons à nouveau entendre que les travaux sur l’élaboration des armes nucléaire s’arrêtent ou seront suspendues. Et d'autre part - l'aide alimentaire va reprendre. Tout cela s'est déjà passé plus d'une fois, et le même scénario tourne sous forme de cercle ».

Les inspecteurs de l’AIEA ont été à nouveau visés dans cet épisode. Après les récentes déclarations de Pyongyang, ils auront très peu de chances de venir en Corée du Nord pour visiter son centre nucléaire à Yongbyon, a déclaré le porte-parole de l'agence Gill Tudor, en précisant que les pourparlers sérieux avec Pyongyang qui ont commencé en mars sont en effet actuellement interrompus.

En attendant, les Etats-Unis et leurs alliés dans la région, à savoir le Japon et la Corée du Sud, se sont engagés à utiliser toutes les mesures possibles pour éviter de nouvelles provocations de la part de la Corée du Nord. Le chef du commandement des Forces armées américaines du Pacifique Samuel Locklear a notamment assuré concernant la possibilité des frappes de précision des bases de missiles et des sites d'essais nucléaires de la Corée du Nord, que les alliés examinent constamment toutes les possibilités.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала