Un record de lourdeur d’esprit

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Un record de lourdeur d’esprit - Sputnik France
Les États-Unis ont apparemment battu un nouveau record de lourdeur d’esprit. Il leur a fallu plus d’un demi-siècle pour comprendre le caractère délétère de la politique d’isolement et des sanctions à l’égard de Cuba. Washington a maintenant l’intention de rétablir les relations diplomatiques avec Cuba et d’assouplir son embargo commercial.

C’est ce qui ressort de la déclaration faite mercredi par Obama lors d’une conférence de presse à la Maison blanche. Le président américain a dû avouer que les sanctions contre l’Île de la Liberté n’avaient produit aucun résultat.

Les États-Unis se préparent maintenant à coopérer avec Cuba sur un large éventail de questions, depuis la lutte contre le trafic de drogue jusqu’au changement climatique, en passant par le trafic de personnes et l'immigration.

Alexandre Kharlamenko, expert en Amérique Latine, est sûr que c’est précisément l’opinion publique internationale qui avait amené les États-Unis à changer leur position sur Cuba :

Je pense qu’ils ne pouvaient plus s’opposer à la revendication unanime de toute l’Amérique Latine et de la majeure partie de communauté internationale de mettre un terme à l’anachronisme qu'est l'embargo. Depuis plus de 20 ans la majorité absolue de l’Assemblée Générale de l’ONU condamne la succession de lois anti cubaines qui s’étendent également aux citoyens et organisations des pays tiers.

Washington étudie en ce moment la possibilité d’ouvrir sa mission diplomatique à la Havane. On prévoit un accroissement des investissements et des échanges entre les deux pays et une levée progressive des restrictions en matière de voyages. Les États-Unis sont également prêts à annuler les sanctions financières prises à l’encontre de Cuba et à dégeler les comptes des Cubains. L’administration américaine avait en même temps précisé qu’elle travaillait à la question des droits de l’homme, au soutien du secteur privé et à un plus large accès des Cubains à Internet grâce aux prestataires américains qui seraient autorisés à s’implanter à Cuba.

Vladimir Bondartchouk, ancien vice-président de l’Association russe d’amitié avec Cuba, a fait valoir que le peuple cubain n’avait pas cédé aux pressions de son grand voisin en route vers le rétablissement des relations avec les États-Unis :

Depuis quelques années les Américains proposaient de rétablir les relations mais leur offre était assortie de nombreuses conditions comme le départ de Fidel et de Raoul Castro et le démantèlement de l’armée et de la police. Toutes ces conditions ont été rejetée s par la partie cubaine. Les Américains ont en fin de compte abouti à la conclusion que leur blocus économique du peuple cubain ne donnait aucun résultat.

Les États-Unis ont rompu les relations diplomatiques avec Cuba en 1961 en rapport avec la politique de Fidel Castro qui avait procédé à la nationalisation des plantations de la canne à sucre et à la confiscation des biens des citoyens des États-Unis dont les raffineries de pétrole. Washington avait parallèlement décrété un embargo quasiment total contre Cuba et exigé de la Havane qu’elle cesse la coopération militaire avec d’autres pays.

Le MAE russe s’est félicité de la normalisation des relations américano-cubaines mais le vice-premier ministre Dmitri Rogozine qui dirige la commission intergouvernementale russo-cubaine, a manifesté un certain scepticisme à l’annonce de cette nouvelle. « Les Américains se mettront maintenant à étouffer Cuba dans leur étreinte », a-t-il écrit sur Twitter au sujet du projet d’Obama de visiter Cuba.

L’exemple cubain est cependant significatif parce qu’il montre que l’indépendance du peuple et sa fierté nationale, se jouent des sanctions et des obstacles de toute nature.

On peut se demander combien de temps il faudra aux États-Unis pour comprendre le caractère insensé et délétère des sanctions antirusses. T

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