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Poutine: "Nous sommes contraints de défendre nos intérêts"

© Sputnik . Alexei Druzhinin / Aller dans la banque de photosVladimir Poutine
Vladimir Poutine - Sputnik France
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Dans une interview à la chaîne suisse RTS, Vladimir Poutine a appelé les Européens à être plus indépendants, tout en se gardant de diaboliser la politique américaine.

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Le président russe Vladimir Poutine a accordé lundi 27 juillet une interview à la chaîne de télévision suisse RTS. Il a répondu aux questions les plus pressantes et démenti les accusations selon lesquelles la Russie relancerait la course aux armements.

"Cette relance de la course aux armements date de la sortie unilatérale des Etats-Unis du traité anti-missiles balistiques. Ce traité était la pierre angulaire de tout le système de sécurité international. Et quand les Etats-Unis en sont sortis et ont commencé à mettre en place leur propre système de défense antimissile comme une partie de leur système globale de défense stratégique, nous avons tout de suite déclaré que nous allions devoir prendre des mesures en réponse dans le but de préserver l'équilibre stratégique des forces", a fait savoir Vladimir Poutine.

"Nous le faisons pour nous, pour garantir la sécurité de la Fédération de Russie, mais nous le faisons également pour le reste du monde, car la stabilité stratégique est garantie pour cet équilibre des forces", a-t-il indiqué.

A la question du journaliste de RTS sur la possibilité d'une nouvelle guerre en Europe, Vladimir Poutine a espéré qu'elle n'aurait pas lieu.

Selon le chef du Kremlin, "la Russie n'a aucun intérêt à chercher la confrontation avec les autres pays. Mais nous sommes parfois contraints de défendre nos intérêts. Et nous allons le faire, bien sûr".

Pourtant il a ajouté qu'"on aimerait voir l'Europe manifester davantage son indépendance et sa souveraineté, et qu'elle soit capable de défendre ses intérêts nationaux, les intérêts de ses peuples et de ses pays".

"Si, pour discuter des affaires intérieures avec nos partenaires européens, nous devons aller à Washington, c'est un peu curieux", a déclaré le président russe.

Le chef du Kremlin s'est également exprimé sur les mouvements nationalistes ou de droite où il trouve des sympathies en Europe, notamment le Front national français ou l'UDC en Suisse.

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"Je pense que ce n'est pas tant moi qu'ils soutiennent. Mais il y a une véritable prise de conscience dans ces mouvements de leurs intérêts nationaux, tels qu'ils les voient. Dans le monde et dans les pays européens, on observe des changements tectoniques dans l'opinion publique. Et cela dans le sens d'une défense accrue des intérêts nationaux", a expliqué M.Poutine.

A titre d'exemple le président russe a cité un problème concret auquel l'Europe fait face aujourd'hui. Il s'agit du flux des migrants.

"Est-ce l'Europe qui est à l'origine des décisions qui ont amené à cette situation? Il faut être franc et honnête: ces décisions venaient d'outre-Atlantique et c'est l'Europe qui subit le problème. Ça ne veut pas dire qu'il faut diaboliser la politique américaine. Ils mènent leur politique comme ils l'estiment nécessaire dans le sens de leurs intérêts. Mais il faut s'efforcer d'aller vers un équilibre des intérêts".

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