Mistral: une perte tant économique que politique pour la France

La rupture du contrat avec la Russie sur la livraison des navires Mistral sape non seulement l'économie, mais aussi la politique de la France.

Ce n'est pas la Russie mais la France qui est la principale perdante dans l'affaire des Mistral, rapporte le journal chinois Renmin Ribao.

"Cette affaire porte un coup à la crédibilité du gouvernement français", indique le journal.

Malgré le fait que la Russie a dépensé beaucoup d'argent afin de mettre en œuvre le contrat, notamment en payant la formation des marins, la construction d'un quai spécial et de quatre prototypes d'hélicoptères embarqués Ka-52K, c'est la France qui a le plus souffert, tant économiquement que politiquement, écrit le journal.

Sevastopol (L) and the Vladivostok warships, two Mistral class LHD amphibious vessels ordered by Russia from STX France in Saint-Nazaire, western France, on December 20, 2014 - Sputnik France
Mistral: Hollande superstar
Selon Renmin Ribao, le contrat sur la construction des Mistral a insufflé une dynamique à l'industrie navale française, mais Paris s'est montré prêt à le rompre afin de s'aligner sur les Etats-Unis.

Le journal cite les déclarations d'hommes politiques de droite, qui qualifient la situation d'"absurde", de "honte", de "scandale" et de "gâchis". "Beaucoup de gens de droite estiment que le gouvernement français, afin de gagner la faveur des États-Unis, a abandonné son indépendance nationale", écrit le Renmin Ribao.

The two Mistral-class helicopter carriers Sevastopol (L) and Vladivostok are seen at the STX Les Chantiers de l'Atlantique shipyard site in Saint-Nazaire, western France, December 23, 2014. - Sputnik France
Le contrat Mistral: fin de partie ou simple étape ?
Du point de vue économique, la rupture du contrat sur la livraison des Mistral pèse lourd pour les autorités françaises. Selon les experts militaires, un seul mois d'immobilisation des deux navires de guerre de cette classe coûte plusieurs millions d'euros au budget français. C'est pourquoi les autorités sont obligées dans tous les cas de trouver un nouvel acheteur, ce qui implique des difficultés. Le Vladivostok et le Sébastopol ont été construits aux normes russes, qu'il s'agisse des équipements de communication ou des équipements électriques et techniques. Cela rend ces deux navires inutilisables par une marine occidentale.

En outre, Paris devra désinstaller l'équipement russe et le restituer par un équipement militaire en conformité avec les exigences des acheteurs potentiels, ce qui coûte aussi de l'argent.

"Avant qu'ils puissent être vendus, les coûts de réparation et de modernisation de ces deux navires de guerre seront semblables à un puits sans fond", constate le journal chinois.

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