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Président de MSF: "Etre médecin ne protège plus des violences"

© Photo media.msf.org/Victor J. BlueA man wearing a surgical mask walks, 14 October 2015, amongst the debris of the damaged and burnt-out MSF Trauma Centre in Kunduz, northern Afghanistan
A man wearing a surgical mask walks, 14 October 2015, amongst the debris of the damaged and burnt-out MSF Trauma Centre in Kunduz, northern Afghanistan - Sputnik France
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Le président de Médecins sans Frontières Mego Terzian estime qu’être médecin ou infirmier ne protège plus des violences, et, commentant la tragédie de Kunduz, considère que les Américains n’ont pas respecté les règles humanitaires internationales.

"Pendant des années, on pensait qu'être médecin ou infirmier ça protège la mission médicale, aujourd'hui, on observe que ce n'est pas la vérité, même si on est dans un hôpital, même si on a des blouses de médecins, on n'est pas protégé des violences", estime M. Terzian dans un entretien à Sputnik.

"C'est une histoire accablante pour nous. MSF se questionne, si on va pouvoir travailler dans des pays en guerre, on se questionne pour savoir si on pourra continuer à traiter tous les patients sans discrimination. Beaucoup de questions, et nos conclusions ne sont pas claires encore", estime Mego Terzian.

Le président de MSF a rappelé les déclarations américaines contradictoires après le 3 octobre, la nuit de la tragédie:

"D'abord, ils ont accusés les forces afghanes d'être derrière, après ils ont dit que c'était une erreur, ils ont même dit que ce n'était pas eux". Il y a eu plusieurs déclarations contradictoires des autorités américaines, mais "il est vrai que le président américain a appelé notre président international pour s'excuser et a confirmé que c'était une erreur", reconnait M. Terzian.

Le président de MSF a également annoncé que son organisation avait demandé une enquête indépendante internationale pour déterminer s'il y avait eu une erreur, pourquoi il y avait une telle décision, est-ce qu'il y avait un problème dans la chaine de commandement. "Donc beaucoup de choses restent à clarifier, un mois après, dans l'accident de Kunduz", souligne-t-il.

Ce n'est pas la première fois que l'armée américaine bombarde des structures de santé, rappelle M. Terzian. Dans les années 90, MSF a subi un bombardement aérien d'un hélicoptère américain en Somalie et à l'époque, MSF a porté plainte. Après il y a eu l'accident grave à Kunduz.

"Clairement, les Etats Unis n'ont pas respecté les règles humanitaires internationales. C'est probablement un crime de guerre. Et malheureusement, Kunduz n'est pas le seul hôpital. Selon les Nations Unies, plus de 50 hôpitaux ou structures de santé ont été endommagés ou même détruits. Au Yémen en huit mois, en Syrie, plusieurs hôpitaux sont bombardés, rien que pour octobre 2015, 12 hôpitaux ont été bombardés", fait-il remarquer.

M. Terzian ne pense pas qu'il y ait une épidémie de violence contre les travailleurs humanitaires, mais il estime qu'il y a une épidémie de violence contre les populations civiles. Selon le président, les humanitaires subissent le même sort que la population civile au Yémen, en Afghanistan ou en Syrie. "Par contre, MSF enregistre une recrudescence de violence vis-à-vis de ses employés depuis 2011. Depuis 2011, tous les ans, on a des problèmes de sécurité, soit assassinat, soit kidnapping", poursuit-il.

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D'après M. Terzian, il y a 10 ans, MSF avait à peine 7 000 employés sur les terrains d'interventions. Aujourd'hui, on 32 000 personnes qui travaillent sur 60 pays. Alors, le nombre de personnel avait été augmenté ces dernières années de façon très significative, mais le nombre d'incident de sécurité ont augmenté aussi.

"Nous, pendant des années, on pensait qu'être médecin ou infirmier ça protège la mission médicale, aujourd'hui' on observe que ce n'est pas la vérité, même si on est dans un hôpital, même si on a des blouses de médecins, on n'est pas protégé des violences", conclut le président.

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