Karabakh, un très bel avenir avec ses voisins.

© Sputnik . Ilya Pitalev / Aller dans la banque de photosHaut-Karabakh
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Le Haut-Karabakh ne doit pas se transformer en potentiel de nuisance pour ses états voisins dont la concorde est en marche.

Depuis le début du mois d'avril les combats ont repris entre le Haut-Karabakh soutenu par l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Dans une tribune publiée dans Libération du 12 avril, 30 parlementaires ont appelé la France à prendre une initiative forte pour la paix dans cette région. Le Karabakh peuplé majoritairement d’Arméniens orthodoxes s’est vu attribuer un statut de région autonome à l’époque de l’URSS avec un rattachement administratif à l’Azerbaïdjan de confession musulmane azérie.

Comme d’autres, cette région ne représente qu’un potentiel de nuisance pour la stratégie géopolitique de Washington, à savoir, la ceinture de feu que les USA veulent installer autour de la Russie. Un conflit éclata à la fin de l’URSS entre cette région dont la population voulait être rattachée à l’Arménie et l’Azerbaïdjan qui voulait transformer le rattachement administratif soviétique de la région en annexion du territoire et de ses occupants. Le ‘machin européen’, l’OSCE forma en 1992, un groupe dit déjà de Minsk donnant à la France un rôle majeur pour résoudre ce différent. Force est de constater qu’à ce jour la France n’a pas vraiment brillé dans sa mission. Après 22 ans d’un statut quo, l’embrasement dans cette région n’est qu’une preuve supplémentaire de la déliquescence de notre pays, de sa faillite diplomatique, de sa perte d’influence dans le monde, de son atlantisme servile.

En 1994, la France s’est mise sous la table avec le tapis et les poussières, les USA, eux se sont assis à la table des négociations. La Russie en ce temps, ne pouvait négocier, prise dans les vapeurs d’alcool de son président. Plutôt que de résoudre le conflit, Washington a préféré geler le conflit comme au Kirghizstan ou dans le Donbass.

© Sputnik . R. Mangassarian / Aller dans la banque de photosLes hostilités dans la région du Haut-Karabakh (1991-1994)
Les hostilités dans la région du Haut-Karabakh (1991-1994) - Sputnik France
Les hostilités dans la région du Haut-Karabakh (1991-1994)

De nos jours, la marge de manœuvre réduite de la Russie est habilement mais sinistrement exploitée. Elle ne peut abandonner l’Arménie au titre de l’ancienneté de ses bonnes relations, ni nuire au rapprochement actuel de Bakou avec Moscou. L’Iran devrait donc être amené à renforcer son influence par une diplomatie active, habile et par des accords gagnants-gagnants. Passé inaperçu, un accord a été signé cette semaine entre la Russie, la Géorgie, l’Arménie et l’Iran pour un corridor électrique passant dans ces pays et permettra de recevoir ou d’exporter de l’énergie. D’autre part les Gardiens de la Révolution Iraniens ont demandé de finaliser d’ici 2020 le projet de canal entre la Mer Caspienne et la Mer d’Arabie. Ce projet va permettre à tous les acteurs de cette zone d’avoir un débouché pour leurs productions ou pour leurs ressources en hydrocarbures outre les retombées sur l'est de l'Iran et de l'Afghanistan.

Tous ces projets concernant l’infrastructure économique laissent augurer d’importants bénéfices pour chacun des acteurs de cette région et devraient les pousser vers des compromis tant sur le plan politique ou que religieux. Tous les peuples mis en cause dans cet affrontement piloté par Washington et ses vassaux parfois trop zélés, ont intérêt à coopérer.

© Sputnik . Asatur Esajantz / Aller dans la banque de photosSituation dans la zone du conflit du Karabakh
Situation dans la zone du conflit du Karabakh - Sputnik France
Situation dans la zone du conflit du Karabakh

Le fait que ce conflit soit réanimé aujourd’hui nous montre les habituelles manœuvres atlantistes pour garder la main sur cette région riche en hydrocarbures et pouvant s’intégrer dans le projet de Nouvelle Route de la Soie emmenée par la Chine. Des forces sont à l’œuvre dans cette région pour construire un avenir meilleur aux populations. Nous retrouvons aussi les mêmes forces de destruction qui ont mis les chaos au Moyen Orient, au Maghreb et qui rêve de le faire dans le Caucase. Plutôt que de participer servilement à l’affaiblissement de ces nations, la France pourrait trouver là des débouchés pour ses expertises et aussi des marchés pour nos entreprises. Le Haut-Karabakh ne doit pas se transformer en potentiel de nuisance pour ses états voisins dont la concorde est en marche.

 

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