Pour entrer dans l’espace Schengen, demandez la permission

La Commission européenne souhaite que les voyageurs exemptés de visa obtiennent une autorisation d’entrer dans l’espace Schengen. Un nouveau mécanisme estimé à 212 millions d’euros et connecté à Interpol.

La forteresse Schengen se verrouille. Alors que les contrôles aux frontières intérieures viennent d'être prolongés de trois mois, il sera désormais plus difficile d'accès dans l'espace Schengen.

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Les voyageurs qui n'ont pas besoin de visa devront bientôt obtenir une autorisation avant leur départ. « La tolérance ne peut se faire au détriment de notre sécurité », disait Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, dans son discours annuel sur « l'état de l'Union ». À l'instar de l'ESTA étasunien ou de l'AVE canadien, la Commission a imaginé un système visant à sécuriser les frontières de l'Europe.

Son nom: « ETIAS » (« European Travel Information and Authorisation System »). Ce n'est pas un visa, insiste-t-on au niveau européen, mais un « formulaire ». En clair, avant de rendre son vol, le voyageur devra remplir un document en ligne et fournir plusieurs informations: données personnelles, numéros de passeport, pays d'entrée dans l'UE, et informations relatives au risque sanitaire… Les renseignements recueillis sont ensuite recoupés avec notamment ceux d'Interpol. Qu'il vienne en voyage, travailler ou soit parent d'un ressortissant de l'UE, la procédure sera la même.

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Moyennant cinq euros et dix minutes d'attente, ETIAS vous délivre (ou pas) un laissez-passer, valable cinq ans. L'autorisation est délivrée par mail et devrait être positive dans 95% des cas, estime la Commission. En cas de refus, le voyageur a la possibilité de faire un recours auprès de l'Etat membre. Une soixantaine de pays sont concernés, soit potentiellement 39 millions de voyageur d'ici 2020, date à laquelle le système devrait entrer en fonctionnement, si le Conseil et le Parlement européen le valide. Frans Timmermans, vice-président de la Commission, précise: « tant que le Royaume-Uni et l'Irlande feront partie de l'Union européenne, ils ne seront pas concernés par ETIAS. »

Obtenir une autorisation avant le départ… tel est l'objectif de la Commission européenne, qui vise ainsi les personnes suspectées de terrorisme, mais aussi les migrants économiques ou encore les personnes représentant un risque pour la santé publique.

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