Alexandre del Valle: «Le Qatar risque un jour d’être envahi par ses voisins»

La rupture diplomatique entre le Qatar et les pays du Golfe ne suit pas la logique traditionnelle du clivage religieux entre sunnites et chiites. Rachel Marsden en débattait avec François Costantini, professeur à l'université Saint-Joseph de Beyrouth, et Alexandre del Valle, géopolitologue et essayiste.

Riyad affiche à nouveau sa grande proximité avec Washington tandis que la Turquie et le Qatar s'alignent progressivement sur les positions de Téhéran. Est-ce le début d'un gommage de ce clivage qui se dirigerait vers la recomposition des rapports de force dans la région?

«Ça n'est pas nouveau puisqu'en 2014, il y avait eu une crise très grave, où le Qatar avait été menacé et mis au ban» rappelle Alexandre del Valle. Le géopolitologue explique ainsi que le Qatar, afin de tirer son épingle du jeu, «n'était pas qu'avec l'Iran mais il voulait être un espace de neutralité. […] les Émiratis et les Saoudiens n'ont jamais accepté l'existence même du Qatar, les deux auraient voulu que le Qatar fasse partie de leur territoire, surtout les Émirats. Derrière les accusations de financement des Frères musulmans, ce qui est vrai, d'être trop proche des Iraniens, ce qui n'est pas faux, […] il y a en fait la réalité que le Qatar risque un jour d'être envahi par ses voisins.»

François Costantini exprime sa vision de ces tensions actuelles: «Aujourd'hui, le point névralgique, c'est que le Qatar n'est pas aligné sur l'Iran mais n'y est pas opposé. Pour un certain nombre de raisons, on voit tout le monde se focaliser sur le Qatar mais l'enjeu de tout ça, c'est bien sûr le leadership face à l'Iran du monde sunnite. Parce que dans son hostilité au Qatar, l'Arabie Saoudite trouve en face d'elle la Turquie. »

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