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Hécatombe chez les abeilles françaises

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Après les oiseaux, c’est au tour des abeilles d’amorcer un long et inquiétant déclin. Une enquête montre qu’en France, un tiers d’entre elles a disparu en un hiver, soit l’équivalent de la mortalité habituelle d’une année pleine.

C'est «la désolation dans de nombreuses exploitations apicoles», déplore l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf). Dans un communiqué, daté du jeudi 25 octobre, les apiculteurs tirent une nouvelle fois la sonnette d'alarme sur «des taux de mortalités gravissimes» des abeilles: en un hiver, il est mort autant d'abeilles qu'il n'en meure habituellement en une année. Le constat est «douloureux»:

«30%, aucune filière d'élevage n'accepterait un tel taux de mortalité»,

estime Henri Clément, porte-parole de l'Unaf. Si les abeilles sont encore là, c'est parce que les apiculteurs, qui font face en plus à une pénurie d'essaims sur le marché français, multiplient les manœuvres pour «refaire leur cheptel, à partir des ruches qui ont survécu»… mais cela au détriment de la production.

«C'est grâce aux apiculteurs que le nombre de ruches se maintient. Mais c'est un signal d'alarme pour dire qu'au-delà des abeilles, c'est tout notre environnement qui est en train de se dégrader très vite.»

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L'enquête a été réalisée cet été auprès de plus de 46.000 apiculteurs, parmi lesquels «plus de 13.000 ont répondu, soit 30% des personnes destinataires du questionnaire, un taux de réponse exceptionnel en pareille enquête».

Les résultats, dévoilés le 24 octobre aux apiculteurs par le ministère de l'Agriculture et l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), confirment les dénonciations de l'UNAF et témoignent d'une perte globale de biodiversité, pas seulement en France:

«80% d'insectes en moins en Allemagne, les oiseaux, c'est 30% qui ont disparu sur notre territoire, les eaux et organismes aquatiques sont en mauvais état, les vers de terre, important en agronomie, sont en forte régression. Tout cela traduit une dégradation de notre environnement qui est rapide et nécessite de prendre des décisions politiques fortes.»

Dans le viseur des apiculteurs, les pesticides, mais pas seulement. Il y a aussi « l'évolution de l'agriculture, des paysages, défavorables aux abeilles pollinisatrices […] Il y a aussi les maladies propres aux abeilles. Le frelon asiatique se surajoute, et enfin, comme si cette liste ne suffisait pas, vous avez le bouleversement climatique, de plus en plus prégnant pour les apiculteurs», poursuit M. Clément.

«Dans les zones du Sud, productrice de miel, PACA, Midi-Pyrénées, Occitanie, Aquitaine, les conditions météorologiques se sont dégradées et les apiculteurs éprouvent de plus en plus de difficultés du miel, comme c'est le cas en Italie, en Espagne, Turquie, Grèce et autour du bassin méditerranéen en général.»

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Prenant le problème à bras le corps, l'Europe a interdit, en avril dernier, trois néonicotinoïdes (pesticides «tueurs d'abeilles») produits par l'allemand Bayer et le suisse Syngenta, sur toutes les cultures en plein champ. Une «très bonne chose», à laquelle s'ajoute l'aide financière accordée par le ministère de l'Agriculture.

En juillet, une aide de trois millions d'euros pour les apiculteurs touchés par la mortalité des abeilles a été annoncée, afin de renouveler les essaims. Mais il est peut-être trop tard pour cette fois-ci, soupire Henri Clément:

«Effectivement, le ministère nous a accordé une aide de trois millions d'euros. Mais comme il n'a pas pris en compte l'autorenouvellement des colonies, je crains que cette somme ne soit pas utilisée, parce que les délais sont très courts et qu'on n'arrive pas à trouver d'essaims sur le territoire. C'est un vrai problème.»

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