Des Gilets jaunes protestant contre les Gilets jaunes de Bernard Tapie à Marseille

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Gilets jaunes le 1 décembre 2018 à Paris - Sputnik France
Alors que Bernard Tapie a réuni samedi dans les locaux de La Provence un groupe de Gilets jaunes où ils ont décidé de la création de «Gilets jaunes, le mouvement», d’autres manifestants qui n’ont pas été invités à rejoindre la table des négociations, ont manifesté contre leurs «confrères» devant le bâtiment du journal à Marseille.

Samedi dernier, une soixantaine de Gilets jaunes, dont Christophe Chalençon, Ingrid Levavasseur ou Hayk Shahinyan, se sont réunis à l'invitation de Bernard Tapie dans les locaux de La Provence, à Marseille, pour tenir des discussions sur l’avenir du mouvement. Ainsi, à l’issue de la rencontre ils ont annoncé lors d’une conférence de presse la création de «Gilets jaunes, le mouvement».

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Cependant, une centaine de leurs confrères ont également afflué vers le bâtiment de la rédaction du quotidien. Se tenant derrière les hautes grilles, ils ont protesté contre le rassemblement à l'intérieur, en dénonçant la volonté de ceux-ci d'établir une liste pour les élections européennes.

Dans le même temps, Hayk Shahinyan a assuré que le sujet des élections européennes n'avait pas été abordé lors de la rencontre et qu'«une quelconque liste» n'avait pas été validée.

Bien qu'il ait affirmé que «l'objectif de ce mouvement [serait] de coordonner les actions le plus largement sur le territoire et de travailler à la création d'un vrai programme de société à travers l'ensemble des revendications», certaines personnes n'ont pas cru à ses paroles.

«Cette réunion, ce sont des vendus, des gens qui se disent Gilets jaunes, mais finalement, ils s'en foutent du peuple, ils veulent seulement monter en grade», a déploré Antoinette Colonna, une retraitée en gilet jaune citée par BFM.TV.

«Tous les citoyens sont invités à rejoindre le mouvement, l'objectif c'est d'être ensemble car on en a vraiment marre de ce gouvernement qui nous prend pour des idiots», a à son tour dit Ingrid Levavasseur.

Le personnel du quotidien, quant à lui, n'est pas resté de côté dans cette histoire.

«La rédaction de La Provence est atterrée, c'est un mélange des genres hallucinant», a déclaré Sophie Manelli, élue du Syndicat national des journalistes. Avant de poursuivre: «Un journal indépendant et apolitique ne peut pas servir de base logistique à un mouvement politique. C'est incompatible».

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«Un journal n'est pas un jouet», a conclu la représentante syndicale.

Auparavant, Bernard Tapie a assuré que, dès le début du mois de janvier, le journal La Provence accorderait aux Gilets jaunes un feuillet d'une page par semaine, pendant un mois. D'autres initiatives étant également à mettre en place, a-t-il poursuivi.

Le 8e acte de la mobilisation des Gilets jaunes s'est joué ce samedi en France. Ces premières manifestations de l'année ont réuni 50.000 personnes, selon le ministre de l'Intérieur. Dans certaines villes, certains rassemblements ont dégénéré.

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