Pourquoi l’Italie n’a-t-elle pas soutenu la plupart des pays de l’UE sur le Venezuela?

© AP Photo / Andrew MedichiniRome
Rome - Sputnik France
Bien que la plupart des pays européens aient reconnu la légitimité de Juan Guaido en tant que Président vénézuélien par intérim, l’Italie a appelé à une nouvelle élection. Rome désapprouve en effet l’ingérence de Washington dans les affaires intérieures de Caracas, a expliqué à Sputnik un expert italien.

Au moins 17 pays membres de l'UE ont reconnu Juan Guaido comme «Président par intérim» du Venezuela. Mais d'autres, parmi lesquels la Grèce, l'Irlande et l'Italie n'en ont pas fait de même. Rome a ainsi appelé à une nouvelle élection. Sputnik a parlé de cette crise avec Paolo Salom, observateur du journal Corriere della Sera.

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Cette position du gouvernement italien n'est pas si isolationniste qu'elle n'y paraît, souligne M.Salom. «Notre gouvernement considère la crise au Venezuela comme un nouveau coup d'État organisé par la Maison-Blanche. C'est pour cela que nous observons une telle réaction de l'Italie».

Celle-ci s'expliquerait en outre par la volonté des différentes forces au sein du gouvernement de s'attirer la sympathie des électeurs en prévision des législatives européennes. Or, ceux-ci sont souvent mécontents de ce que font les États-Unis.

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Les Italiens ayant voté pour le gouvernement actuel partagent sa position sur le Venezuela, estime l'expert. Quant au soutien accordé à M.Guaido par la plupart des pays européens, il est dû à la situation de la population vénézuélienne, ajoute-t-il. «Tout le monde sait que le Venezuela est un pays pauvre, malgré ses énormes réserves de pétrole. […] Je pense que cette réaction est une sorte de soutien humanitaire».

L'Italie soutient la tenue de nouvelles élections au Venezuela, mais ne veut pas s'immiscer dans sa politique intérieure, a tenu à souligner Paolo Salom. «C'est une bonne position», a-t-il déclaré.

«Même si les dernières élections présidentielles ont été honnêtes […], la situation actuelle au Venezuela est tragique», a évalué l'éditorialiste, pour lequel le mieux serait de permettre aux Vénézuéliens de décider par eux-mêmes de leur gouvernement.

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