Sous les yeux de Macron, l’armée française va-t-elle défiler le 9 mai à Moscou?

© REUTERS / Arnold JerockiFrench President Emmanuel Macron greets newly-named Chief of the Defence Staff French Army General Francois Lecointre near French Defence Minister Florence Parly during a visit at the military base in Istres, southern France, July 20, 2017.
French President Emmanuel Macron greets newly-named Chief of the Defence Staff French Army General Francois Lecointre near French Defence Minister Florence Parly during a visit at the military base in Istres, southern France, July 20, 2017. - Sputnik France
À l’issue d’une rencontre entre les états-majors français et russes à Moscou, la Russie a transmis une invitation officielle à un détachement de l’armée française à participer au défilé du 9 mai 2020. Une initiative qui pourrait avoir une symbolique toute particulière à la lumière des tentatives de rapprochement entre la France et la Russie.

C’est une invitation dont le poids symbolique est très lourd. Pour célébrer les 75 ans de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le 9 mai 2020 prochain, le chef d’état-major des armées russes, le général d’armée Valéri Guérassimov, a invité un détachement des forces françaises à participer au défilé militaire qui a lieu chaque année sur la Place rouge à Moscou.

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«Nous honorons profondément la mémoire des soldats français ayant combattu avec l’Armée rouge contre un ennemi commun et serions heureux de voir un contingent français parmi les participants de la parade de la Victoire», a en effet déclaré le général Guérassimov, après avoir rencontré son homologue français, le général François Lecointre, le 27 février.

Ce défilé est d’une importance symbolique énorme en Russie. Célébré en grande pompe chaque année, il commémore l’effort de guerre russe et les plus de 20 millions d’individus originaires des républiques soviétiques qui ont péri pendant la guerre. Une invitation qui s’est faite en marge de discussions très sérieuses entre les deux états-majors.

​En effet, l’état-major français s’est rendu à Moscou ce 27 février pour se concerter sur les dossiers brûlants de l’actualité internationale. Une démarche qui s’inscrit dans la logique de main tendue d’Emmanuel Macron à de la Russie, afin de reconstruire progressivement une relation plus apaisée qu’elle ne l’a été ces dernières années. En effet, depuis près d’un an, le Président de la République multiplie les discours dans lequels il prône un rapprochement avec la Russie.

«Malgré une période difficile dans les relations internationales, le dialogue entre les militaires de la Russie et de la France se poursuit», a expliqué le général Guérassimov à l’issue de la rencontre, comme l’indique le ministère de la Défense russe.

Au fort de Brégançon à l’été 2019, Emmanuel Macron s’est engagé à se rendre au défilé du 9 mai 2020 en Russie. Une invitation généralement déclinée par les Présidents français, à l’image de François Hollande en 2015, alors que celui-ci était formellement invité. Ce n’est pas le cas de Macron, qui a plaidé pour le retour de la Russie dans le conseil de l’Europe, et qui a déclaré en amont du G7 qu’il était «pertinent» que la Russie revienne à terme dans ce groupe. Ce dernier a également insisté à Brégançon, comme lors du discours aux ambassadeurs en août 2019 et dans son interview pour The Economist, sur le fait qu’il ne fallait plus tourner le dos à la Russie.

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Une politique vis-à-vis de Moscou qui lui a valu de nombreuses critiques, notamment de la part des élites néoconservatrices de l’Hexagone. Une raison qui peut expliquer un regain de méfiance dans son discours lors de la conférence de Munich du 14 au 16 février dernier:

«Ce que j’ai proposé, ce n’est pas de dire soudainement les choses vont changer, vous allez voir, embrassons-nous», a ensuite expliqué Emmanuel Macron à la conférence de Munich au sujet de son offre de dialogue avec Moscou. «On est exigeants, on ne cède rien sur nos principes, mais on réengage le dialogue qui va prendre du temps, on réengage un dialogue stratégique, parce qu’aujourd’hui, la situation dans laquelle on est, est la pire. On parle de moins en moins, on multiplie les conflits et donc on ne se met pas en capacité de les régler. Ces choses-là vont prendre du temps mais je crois que c'est un chemin en tout cas qui est crédible», a-t-il plaidé.
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