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Algérie: sale temps pour les terroristes

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L’armée algérienne a multiplié les opérations antiterroristes au nord du pays. Dans les massifs forestiers, les militaires ont neutralisé des membres des dernières phalanges encore en activité dont certains ont pris le maquis depuis plus de 20 ans. Durant l’année 2020, 21 terroristes ont été tués et neuf ont été capturés sur le territoire algérien.

Depuis le début de la période hivernale, plusieurs terroristes ont été neutralisés par les unités de l’Armée populaire nationale (ANP). Deux importantes opérations ont eu lieu ces dernières semaines au nord du pays. La première s’est déroulée le 1er décembre dernier dans la wilaya (département) de Jijel, au cœur du massif forestier d’El Ancer (400 kilomètres à l’est d’Alger) lors d’un ratissage opéré par un détachement de la 5e région militaire.

L’intervention a conduit à l’élimination de trois djihadistes.

Résidus du GIA

L’identification de deux d’entre eux a confirmé que ce groupe était composé de responsables locaux d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)*. Il s’agit de Madani Leslous dit Cheikh Assem abou Hayan, chef de la région orientale et responsable du comité d’exégèse de la charia, et d’Abdelmadjid Harrida dit Abou Moussa el Hassan, chargé de la propagande et de la communication. Les deux hommes ont pris les armes en 1994 et 1995, ce qui signifie qu’ils ont débuté dans les rangs du Groupe islamique armé (GIA), qui s’est transformé en Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) avant de devenir AQMI*.

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Les militaires ont également récupéré des fusils d’assaut AK-47, des moyens de communication et de l’argent. Le maintien de la pression sécuritaire sur la région d’El Ancer a permis de neutraliser un autre membre de ce groupe: le 16 décembre, les militaires algériens ont arrêté Hassan Rezkane dit Abou Dahdah, qui avait rejoint le GIA en 1994. Une caisse noire d’AQMI* a également été découverte, son exploitation a conduit les forces armées vers une casemate où était caché un véritable trésor de guerre: 80.000 euros en coupures de 200. Le terroriste a reconnu que cet argent provenait de la rançon payée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM)*, filiale malienne d’AQMI*, pour la libération en octobre 2020 des otages européens Sophie Pétronin, Nicola Chiacchio, Pier Luigi Maccalli et du leader de l’opposition malienne Soumaïla Cissé, emporté récemment par le Covid-19.

Mais la «maison mère» ne semble avoir eu droit qu’à une infime partie du pactole qui s’élève, selon les chefs du GSIM*, à 30 millions d’euros.

Traque hivernale

La seconde opération s’est déroulée à Messelmoune, petite localité côtière aux reliefs boisés située dans la wilaya de Tipasa (150 kilomètres à l’ouest d’Alger). Le 2 janvier 2021, un détachement de la 1re région militaire est parvenu à éliminer six terroristes lors d’un ratissage. Les membres de ce groupe étaient armés de fusils mitrailleurs et de fusils à pompe. Pour l’heure, les services de sécurité n’ont toujours rendu publiques l’identité de ces terroristes ni l’organisation à laquelle ils étaient affiliés. La zone de Messelmoune se trouve dans une forêt qui s’étend, au sud, jusque dans la wilaya d’Aïn Defla. Cette région a longtemps été un fief djihadiste, au même titre d’ailleurs que le territoire de Jijel.

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Selon un ancien membre des forces spéciales de l’armée algérienne, l’hiver est une période propice pour mener des opérations antiterroristes. Les moyens technologiques permettent de détecter les mouvements dans les zones forestières et montagneuses.

«Les terroristes qui continuent à se terrer en pleine nature ont besoin de se réchauffer et de s’approvisionner en vivres durant l’hiver. Sur le terrain, les détachements de commandos de chasse (DCC) utilisent des équipements de vision thermiques pour les repérer. Les unités emploient également des moyens thermiques aéroportés, des appareils de surveillances radio en plus du renseignement humain dans le cadre de cette lutte contre le terrorisme», indique l’ancien militaire qui a requis l’anonymat.

Le démantèlement des réseaux de soutien a permis d’isoler les terroristes, les obligeant à s’aventurer hors de leur cache pour s’approvisionner. Il existe peu d’informations sur le nombre de ces djihadistes encore actifs sur le territoire algérien. En 2016, le journal Echourouk avait publié un document de l’ANP faisant état de l’identification de 304 terroristes actifs. En 2020, l’armée algérienne a annoncé en avoir éliminé 21. Mais cette lutte a un prix: durant les deux opérations d’El Ancer et de Messelmoune, cinq soldats ont perdu la vie.

*Organisation terroriste interdite en Russie.

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