Renforts policiers contre les rixes: «de la poudre aux yeux», selon le syndicat Alliance

© Photo Pixabay / FleimaxUne voiture de police
Une voiture de police - Sputnik France, 1920, 24.02.2021
Alors que Gérald Darmanin a promis de renforcer la sécurité dans les villes de l’Essonne où deux adolescents ont récemment été tués lors de conflits entre bandes, le syndicat Alliance Police nationale assure réclamer «depuis des années» «200 renforts» dans ces secteurs sensibles.

Le secrétaire national adjoint Île-de-France d'Alliance Police nationale Grégory Goupil a dénoncé auprès de Franceinfo un manque d’effectifs constant dans les secteurs sensibles de l’Essonne qui ont été le théâtre de rixes ayant coûté la vie à deux adolescents les 22 et 23 février.

Tandis que le ministre de l’Intérieur a annoncé l’envoi de 60 gendarmes à Saint-Chéron et de 30 policiers à Boussy-Saint-Antoine, villes concernées, M.Goupil juge que ces renforts doivent y être déployés «de manière pérenne». Quant aux dires de Gérald Darmanin, le syndicaliste a lancé:

«C’est de la poudre aux yeux».

Selon lui, ces renforts «vont être envoyées sur le secteur pendant une semaine». «Et après?», se demande-t-il. «Dans une semaine, c'est terminé parce qu'on a envoyé 100 gendarmes aux policiers sur ce secteur-là?».

Le syndicat Alliance «demande 200 renforts d'effectifs depuis des années» sur le secteur de Boussy-Saint-Antoine, où il y a «un fonctionnaire de police pour 825 habitants». M.Goupil a cité l’exemple d'Evry et Corbeil, qui compte «un policier pour 453 habitants».

«On ne peut pas mettre la faute sur la Police nationale»

Tout en soutenant l’idée du préfet de l’Essonne de déployer «des boucles de réaction rapides» et de travailler sur une «géographie de la carte scolaire et des lignes de transport», M.Goupil a mis en valeur un besoin en «moyens humains»:

«Pour faire de la prévention, il faut des hommes sur le terrain. Aujourd'hui on n'est pas en capacité de pouvoir l'assumer.»

Il a dans le même temps souligné l’importance du rôle des parents, qui «ne sont pas pénalement responsables» dans de pareilles situations:

«On ne peut pas mettre la faute sur l'Éducation nationale et sur la Police nationale, sur les acteurs sociaux dans les quartiers. À un moment donné, il faut aussi que les parents soient également en responsabilités. […] La déscolarisation, ce n'est pas possible.»

Ce même avis sur le rôle parental avait été plus tôt exprimé par Gérald Darmanin, pour qui la société n’est pas «responsable de tout et ne peut pas tout faire à la place des parents».

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