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En Afrique, l'impossible deuil des familles de 48.000 disparus

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À l'occasion de la commémoration de la Journée internationale des personnes disparues des chiffres sur l'ampleur du phénomène en Afrique ont été communiqués par le CICR. Des dizaines de milliers de personnes disparues sont recherchées par leurs familles dans plusieurs pays du continent.
Ils sont portés disparus depuis des mois ou des années pour certains, des décennies pour d’autres. Ils sont peut-être oubliés de tous, mais pas de leurs familles toujours à l’affût de la moindre nouvelle, susceptible de susciter l'espoir ou de les engager dans un processus de deuil. Aujourd’hui, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) porte les chiffres à 48.000 au total sur le continent africain.
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«Aujourd’hui, on sait qu’il y a des gens qui disparaissent et dont les familles ne viennent pas dans nos bureaux nous les signaler. Donc les 48.000 cas correspondent à ceux que nous avons enregistrés. Mais évidemment, il doit y en avoir encore beaucoup plus», a déclaré à Sputnik Halimatou Amadou, la porte-parole du CICR pour l’Afrique francophone basée à Dakar.
Sur les 48.000 signalements, «le Nigéria enregistre à lui seul plus de 24.000 cas». Il est suivi du Sud-Soudan avec 5.300 cas et de la Somalie avec 4.300 cas. L’Éthiopie et la République démocratique du Congo (RDC) clôturent le sinistre top-5 avec respectivement «près de 2.800 cas et plus de 2.500».
Et la porte-parole du CICR Afrique francophone de détailler: «61% des personnes disparues et recherchées par le CICR en Afrique sont des hommes, plus de 45% ont moins de 18 ans. Et parmi les femmes recherchées par leur famille en Afrique, 60% sont des filles de moins de 18 ans».
Les contextes des disparitions sont, du reste variés.
«Il y a des personnes qui disparaissent dans le cadre de la migration, je veux dire ceux qui partent à l’aventure vers l’Europe sans laisser de traces. Il y en a qui disparaissent dans le cadre de catastrophes naturelles, comme cela a été le cas par exemple cette année en RDC quand il y a eu éruption d’un volcan à Goma. Il y a également des personnes qui sont détenues et dont les familles ne sont pas informées de leur détention», explique-t-elle.

Des familles traumatisées

Sur les 48.000 personnes disparues, le CICR affirme à ce jour avoir «retrouvé les traces» de 4.300, en ce sens que leur sort pourrait être connu, encore qu'elles demeurent officiellement disparues.
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Le souci de connaître le sort des disparus pousse leurs familles «traumatisées» à se rendre souvent dans les bureaux de la Croix-rouge depuis des années. Cette dernière décennie, particulièrement, a été marquée par des conflits armés, le terrorisme et des mouvements migratoires de plus en plus importants.
«Les familles et les proches des personnes disparues viennent nous voir très angoissés et ne demandent qu’une chose: retrouver les traces de leurs proches. Ils sont dans l’impossibilité de faire leur deuil, ce qui peut être source de beaucoup de souffrances. Nous leur disons qu’elles ne sont pas seules et qu’elles ne doivent pas perdre espoir», a indiqué la porte-parole du CICR pour l’Afrique francophone.
«Je souhaite inviter chacun d’entre vous à prendre un moment pour tenter d’imaginer l’inconcevable. Imaginer le tourment de personnes qui, des années ou des décennies durant, ignorent si des êtres chers sont morts ou vivants, s’ils sont en sécurité ou en danger, malades ou en bonne santé, ou s’ils parviennent à manger à leur faim. Voilà ce qu’endurent au quotidien des dizaines de milliers de familles sur le continent africain», a indiqué, dans une déclaration publiée à l’occasion du 30 août 2021, Patrick Youssef, directeur du Comité international de la Croix-Rouge pour la région Afrique.
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Pour lui, «les disparitions constituent indéniablement l’une des plus tragiques conséquences humanitaires à long terme des conflits armés, des situations de violence et de la migration».
Il a appelé les États à agir pour «éviter les disparitions, faciliter la recherche et l’identification des personnes qui disparaissent malgré tout et répondre aux besoins spécifiques de leur famille». Ces trois points, le directeur du Comité international de la Croix-Rouge pour la région Afrique les a présentés des «priorités humanitaires».
«Le CICR reste déterminé à œuvrer en faveur du maintien des liens familiaux malgré les déplacements et les migrations. De plus, il se tient prêt à fournir son expertise technique et juridique pour aider à élucider le sort des personnes disparues et à les retrouver, ainsi qu’à soutenir leur famille», a-t-il conclu.
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