"Pourri! Honte de la République!": Jean Castex chahuté à Grenoble – vidéo

© AFP 2022 JEAN-FRANCOIS MONIERJean Castex
Jean Castex - Sputnik France, 1920, 29.01.2022
Le Premier ministre a reçu un accueil glacial lors de sa visite à Grenoble. Le maire de la ville, Éric Piolle, s’était déjà opposé à sa venue.
À quelques mois des échéances présidentielles, Jean Castex continue de sillonner les routes de France. Après un passage à Strasbourg pour inaugurer l’Institut national du service public (INSP), censé enterrer l’ENA, le Premier ministre s’est rendu à Grenoble.
Mais sa visite du quartier difficile de La Villeneuve ne s’est pas déroulée comme prévu. Le Premier ministre a en effet été hué par des habitants et des militants d’associations s’opposant aux rénovations et aux programmes de démolition du quartier. L’association Droit au logement 38 (DAL38) avait notamment appelé à manifester, rapporte Le Parisien.
Le Premier ministre a en particulier été traité de "pourri", de "vendu" ou de "honte de la République" par certains. D’autres ont crié que sa place était derrière les barreaux, comme le montrent des vidéos diffusées par France Bleu et BFM TV.
Les protestataires ont été rejoints par des Gilets jaunes et des antivax, à en croire Le Dauphiné libéré.
L’ambiance s’est tendue au point que le Premier ministre a dû annuler une visite prévue dans un gymnase et un marché du quartier. Jean Castex a néanmoins pu présider le Comité interministériel à la Ville, en compagnie d’Olivier Véran notamment.

Éric Piolle incisif… mais lui aussi hué

Avant cette visite mouvementée, le maire de Grenoble, Éric Piolle, avait déjà dénoncé ce déplacement, à visées électorales selon lui. L’édile écologiste avait reproché au gouvernement de "prendre les villes de France pour des zoos", regrettant que Grenoble ne soit qu’un cadre comme un autre pour organiser cette réunion du Comité interministériel à la Ville.
"Nos villes ne sont pas des zoos. Que des floppées de ministres parisiens se déplacent ici pour faire une réunion sans travailler avec nous, c’est un manque de respect. On est à 70 jours de l’élection présidentielle, ça n’est pas correct", avait-il ainsi déclaré dans un point presse.
Éric Piolle est néanmoins allé à la rencontre de Jean Castex lors de son déplacement, en profitant pour discuter avec lui des politiques d’aménagement du territoire.
Mais le maire de Grenoble a finalement eu droit au même traitement que le Premier ministre, se faisant siffler alors qu’il quittait le quartier de La Villeneuve à vélo.
Le quartier de la Villeneuve avait fait la Une de l’actualité en juillet 2010, en étant le théâtre de plusieurs nuits de violence. Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, s’était rendu dans la capitale des Alpes à cette occasion, prononçant un discours aux accents sécuritaires qui avait fait polémique.
Depuis, le quartier continue de faire face à l’insécurité. En 2017, un incendie volontaire avait notamment vu partir en flammes le collège Lucie-Aubrac, qui n’a pu rouvrir ses portes que début janvier. Le quartier est également une plaque tournante du trafic de drogues, qui s’immisce jusque dans les crèches.
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