Sanctions contre les diamants russes: la Belgique à l'envers

© Unsplash / Bas van den EijkhofUn diamant (image d'illustration)
Un diamant (image d'illustration) - Sputnik Afrique, 1920, 11.02.2024
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En se pliant aux sanctions contre Moscou, la ville belge d'Anvers risque de perdre son statut de capitale du diamant, a affirmé à Sputnik le diplomate russe Artiom Stoudennikov. La Russie surveillera ses intérêts dans le secteur.
Les diamants sont éternels, mais le marché fluctuant. La Belgique se tire une balle dans le pied en écoutant Washington et en acceptant d’appliquer les sanctions européennes contre les diamants russes, qui représentent un tiers de ses importations, a déclaré à Sputnik Artiom Stoudennikov, directeur du premier département européen du ministère russe des Affaires étrangères.
"Le refus d’accueillir les pierres précieuses russes conduira inévitablement la Belgique à cesser d'être un acteur mondial, le centre du commerce des diamants. D'autres pays éloignés de Bruxelles deviendront le centre de gravité", explique M.Stoudennikov.
Le lobby belge parle ouvertement de la perte de milliers d'emplois et d'un tiers du chiffre d'affaires, alors que des banques internationales et des entreprises s'exilent en prévision des difficultés, ajoute-t-il.
Un vrai tournant, alors qu'Anvers est considérée comme la capitale du diamant depuis 500 ans. La ville belge comptait jusqu’à très récemment 1.500 sociétés commerciales dans le secteur. De 80 à 90% de toutes les pierres brutes, 50% des diamants et 40% des diamants industriels transitaient par la ville, rappelle M.Stoudennikov. En 2022, le secteur pesait 38 milliards d’euros de chiffre d'affaires, et entretenait 26.000 emplois.

L'ombre de Washington, la route de Moscou

La Belgique a d'ailleurs pressenti le désastre et s'est d'abord opposée aux sanctions contre Alrosa, géant russe et premier producteur mondial de diamant, note le diplomate. C'est sous la pression des États-Unis que le plat pays a finalement cédé.
Bruxelles tente désormais d'improviser des "filets de sécurité", en demandant une couverture mondiale de l'embargo et en revendiquant le leadership dans la création d'un mécanisme de suivi et de certification des diamants bruts, souligne le diplomate. Mais le mal semble fait.
"De nombreuses entreprises préfèrent procéder à la redomiciliation, déplaçant leurs activités vers des pays où les autorités se concentrent sur une coopération mutuellement avantageuse et non sur la défense des intérêts politiques de pays tiers", explique-t-il.
Moscou, pour sa part, s'était préparé à ces sanctions et leur donnera une réponse adéquate. Contrairement à d'autres, la Russie se concentre sur ses intérêts nationaux et sur la durabilité de l'industrie mondiale du diamant, conclut le diplomate.
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