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    UE-RUSSIE: LES CULEES DU PONT DU PARTENARIAT

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    - Tout porte à croire que l’UE elle-m commence à avoir marre de rester en position d’enfant qui fait la tête dans son coin et ne veut plus parler à aucun membre de la famille. Le « famille » est le cas échéant la Russie, du moins géographiquement.

    - Tout porte à croire que l’UE elle-même commence à avoir marre de rester en position d’enfant qui fait la tête dans son coin et ne veut plus parler à aucun membre de la famille. Le « famille » est le cas échéant la Russie, du moins géographiquement. Quant au silence, on peut l’interpréter comme le refus des négociations sur le nouvel accord de partenariat et de coopération qui doit remplacer le texte conclu il y a dix ans et venu à expiration l’année dernière. Moscou a souligné plus d’une fois que le nouvel accord de base répond en tout premier lieu aux intérêts de l’Union Européenne elle-même. Beaucoup dans la « grande Europe » ne le contestent plus. Voici ce qu’en pense Oleg Severine.
    - C’est vrai que ces derniers jours dans l’espace européen les voix appelant à restaurer le « pont » du partenariat avec le grand voisin de l’est et notamment sous forme de reprise du dialogue sur le nouvel accord, se font entendre de plus en plus fort. Une délégation du Parlement européen conduite par Ria Oomen-Ruijten, vice-présidente du Comité pour la coopération interparlementaire Russie-UE, a visité Moscou à la fin de la semaine dernière. « Certains membres de notre délégation pensaient que la rencontre actuelle devait être repoussée au plus tard, — a-t-elle dit lors d’une réunion du Comité à la Douma. – Mais je pense que si nous cessons le dialogue, cela risque de détruire les rapports de confiance que nous entretenons actuellement ». Cela paraît un peu bizarre, mais Madame Oomen-Ruijten a cité comme condition principale de reprise du dialogue, le respect par la Russie de ses engagements dans le cadre de l’accord Medevedev-Sarkozy. Moscou estime pour sa part que les enagements en question ont été intégralement honorés et c’est aussi l’opinion de Nicolas Sarkozy lui-même. Lors d’une conférence de prese à Moscou, Serguë Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a justement accusé la partie géorgienne de torpiller le plan Medevedev-Sarkozy et de « jouer avec le feu » en reprochant aux observateurs de l’UE de prendre trop « à la légère » les agissements du régime de Tblissi qui continue à attiser les tensions dans les régions frontalières.
    Les perspectives des rapports entre la Russie et l’Union Européenne ont également été au centre du débat à la session du Parlement européen qui s’est tenue à Strasbourg. Benita Ferrero-Waldner, chargée des relations extérieures et de la politique de voisinage au sein de l’UE, s’est ouvertement prononcée en faveur d’une reprise des négociations avec Moscou. Elle a notamment rappelé que la Russie était le troisième partenaire commercial de l’UE par ordre de grandeur et que les échanges Russie-UE progessaient au rythme annuel de 20%. La coopération concerne principalemernt le secteur de l’énergie et s’étend progressivement au secteur tertiaire, a fait remarquer Ferrero-Waldner. « La Russie est un grand marché en pleine croissance qui est littéralement à notre porte et il offre des possibilités nouvelles pour l’UE dans le contexte de la crise financière mondiale », a-t-elle dit en résumé. Nicolas Sarkozy, chef de l’Etat français que assume la présidence de l’UE, est également intervenu à la session du Parlement européen. Il a appelé les Européens à développer un patenariat économique serré avec la Russie. A son tour, le premier italien Silvio Berlusconi, est allé encore plus loin. Il a notamemnt déclaré au sommet de l’UE qui avait eu lieu à Bruxelles à quelques jours de la session du Parlement que la reprise des négociations sur le nouvel accord de base ne constitue qu’une première étape. Selon lui, la Russie pourrait dans les prochaines années devenir un membre à part entière de l’UE.
    Il convient de relever un élément très impotrnat. Tant Benita Ferrero-Waldner, commissaire aux relations extérieures que, comme il va de soi, les représentants de la « nouvelle Europe » en la personne des « nouveaux locataires » est-européens de la maison européenne, ne se lassent de répéter qu’après les événements du mois d’août dans le Caucase, les relations avec la Russie ne peuvent plus rester les mêmes. C’est ainsi que Laima Andrikiené, représente de Lettonie, a lancé à la session du Parlement européen l’appel, d’ailleurs fort éculé, d’employer avec la Russie un langage « nouveau et plus ferme ». On peut justement se demander quoi de neuf doit apparaître dans ce langage? En d’autres mots, sur quelles culées doit reposer le pont du partenariat de la « grande Europe » avec la Russie? Faut-il détruire les culées déjà existantes et notamment la coopération en voie d’extension dans le domaine de l’énergie?
    Il serait significatif de relever à ce titre la déclaration faite un de ces jours par Nobuo Tanaka, Directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (IFA). Il est convaincu qu’on ne devrait pas s’inquiéter outre mesure face au fait que 30% des hydrocarbures consommées en UE viennent de Russie. Aprèes tout, la Russie est encore plus dépendante de l’Europe vers laquelle elle exporte 70 de ses produits.
    Alors il ne sert à rien de détruire les culées déjà existantes du « pont » Russie-UE au moment oû commencera sa rénovation. Il est certain qu’aucun pont ne tiendrait sans culées.

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